Comédie musicale

« La petite fille aux allumettes » au Théâtre du Palais-Royal

« La petite fille aux allumettes » au Théâtre du Palais-Royal

18 février 2015 | PAR Prescillia Rodax

Librement adaptée du conte danois d’Hans Christian Andersen, La petite fille aux allumettes nous transporte dans un imaginaire enchanteur, où le rêve, la poésie et la magie prennent le pas sur la misérable réalité des quartiers londoniens du XIXe siècle.

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La scène est sombre, encombrée par la rustre porte métallique de l’orphelinat Collins, que la jeune Emma (Marlène Connan) s’apprête à rejoindre. D’un côté, le détestable tenancier (Julien Mior-Lambert), coiffé de son haut de forme et nonchalamment appuyé sur sa canne, de l’autre, la petite orpheline, dont la grand-mère (Nathalie Lermitte) vient tout juste de « partir en voyage » – selon le doux euphémisme qui lui est consacré. Et c’est dans cet univers manichéen que débute le conte d’Andersen : contrainte d’aller vendre des allumettes dans les rues de Londres, Emma, transie de froid, se retrouve confrontée à l’indifférence des passants. Mais lorsqu’elle décide de craquer une allumette pour se réchauffer, c’est dans un royaume imaginaire qu’elle est embarquée. Un monde où le méchant Collins répond au nom de Fragotov, un double maléfique qui vole l’âme des enfants afin de s’emparer du trône de la Reine, qui n’est autre que la grand-mère de la « petite princesse », Emma.

C’est un triste tableau que nous dessine ce conte du XIXe siècle : une ville plongée dans la misère et le froid, où les orphelins sont misérablement vêtus et où la majorité des adultes ne sont que méchanceté et indifférence. Pourtant, contrairement à l’émouvant récit d’Andersen qui se complaît dans d’éphémères instants de félicité, la mise en scène plus édulcorée de David Rozen nous transporte dans un univers lumineux, où l’allégresse se vit en musique. Du palais de la Reine au repère de Fragotov, en passant par la grotte de Monstro Falco et la scène faussement enchantée de madame Olga (Gaëlle Gauthier) : les tableaux se multiplient et s’enchaînent comme par enchantement, avec une parfaite fluidité. Les textes, parfois un peu simplistes mais rythmés par des mélodies enchanteresses, s’accompagnent de chorégraphies efficaces, plus fantaisistes que périlleuses. Et si Marlène Connan réussit très bien à se fondre dans la juvénile insouciance de son personnage, c’est à travers les rôles de Sasha (Alexandre Faitrouni) – le joyeux acolyte de la princesse – et de l’enchanteresse « O(u)lga » que la magie opère. Alors que le premier réussit à conquérir les plus jeunes par ses mimiques enfantines et ses tendres puérilités, les plus grands seront quant à eux particulièrement sensibles à l’humour loufoque de cette magicienne ratée et délicieusement burlesque.

Adoucie et traitée avec humour, La petite fille aux allumettes n’en perd pas moins l’essence de son propos. Au fil de ses aventures, l’énergie de la jeune Emma s’épuise comme peau de chagrin, jusqu’à cette fin, tragique, que le metteur en scène détourne avec légèreté. Oscillant entre un réalisme abrupt et un réconfortant onirisme, le conte laisse ainsi libre cours à l’imagination du public, et surtout, à celle des plus jeunes.

La petite fille aux allumettes, mis en scène par David Rozen, paroles de Ludovic-Alexandre Vidal, musique de Julien Salvia et livret d’Anthony Michineau, du 14 février au 2 mai 2015 au Théâtre du Palais-Royal.

Visuels : © Florian Cléret

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One thought on “« La petite fille aux allumettes » au Théâtre du Palais-Royal”

Commentaire(s)

  • Colicolou

    Très belle adaptation !
    Excellents comédiens. Les enfants ont adoré (6 ans).

    février 20, 2015 at 18 h 23 min

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