Cirque
The Elephant in the Room, du cirque en salle pas pachidermique du tout

The Elephant in the Room, du cirque en salle pas pachidermique du tout

08 novembre 2016 | PAR Mathieu Dochtermann

Le Cirque Leroux présente son spectacle The Elephant in the Room à Bobino jusqu’au 14 janvier 2017. Des prouesses circassiennes spectaculaires dans un décor très léché, sur fond d’intrigue sombre. Très plaisant à voir, même si cela ne réinvente pas grand chose: la rencontre entre Broadway et le cirque, plutôt réussie, avec un zeste de folie et d’originalité, mais pas révolutionnaire.

[rating=3,5]

Pour apprécier le spectacle The Elephant in the Room à sa juste valeur, il faut tout de suite dissiper un malentendu: il ne s’agit pas, contrairement à ce que d’aucuns prétendent, la parfaite fusion entre cirque et théâtre. Une théâtralité existe bien, en tant qu’ambiance et prétexte, mais elle est ténue, et le spectacle finit par s’incliner devant son impuissante à tenir un prétendu « suspense » en renonçant à toute narration, même non verbale, et à toute incarnation de personnage, durant les 15 dernières minutes.

Et tant mieux. Car en se retirant, cette théâtralité de boulevard (sans connotation péjorative, le genre ayant son charme, avec ce qu’il a d’outré et de suranné) laisse place à ce qui est réellement le coeur du spectacle: les acrobaties extrêmement réussies des quatre interprètes, circassiens de haut vol avant d’être comédiens, qui enchaînent les figures les plus osées, d’un équilibre tête sur tête à une colonne à quatre, d’autant plus impressionnante qu’elle se réalise sur scène à 3m du public sans aucun dispositif de sécurité. Les acrobaties sont souvent renversantes, parfois simplement belles, et on en tire un plaisir certain.

Si l’on dépouille le spectacle de ses gags qui fleurent bon le réchauffé, et de son histoire-prétexte à moitié incompréhensible, le contexte dans lequel s’inscrivent les prouesses physiques des protagonistes est très réussi. Le décor est extrêmement soigné, et lorgne clairement du côté des films hollywoodiens en noir et blanc, de façon très réussie. La bande son du spectacle est un petit bijou fait de morceaux qui pour être « très années 30 » n’en sont pas moins délicieusement entraînants. Les costumes sont réussis, la mise en scène enlevée et vivante.

Une vraie belle distraction, qu’on aurait tort de ne pas prendre pour ce qu’elle est. La bonne humeur des artistes sur scène est communicative: ils s’amusent, les spectateurs s’amusent également, c’est là l’essentiel.

A voir à bobino jusqu’au 14 janvier 2017

Mise en scène : Charlotte SALIOU
Intervenant / Oeil extérieur : Raymond Raymondson
Chorégraphie, claquettes et adagio : Brad MUSGROVE
Musique originale : Alexandra STRÉLISKI
Auteur / Interprètes : Lolita COSTET, Grégory ARSENAL, Philip ROSENBERG, Yannick THOMAS
Création costumes : Philip ROSENBERG et Grégory ARSENAL
Costumes : Emily L OCKENFELS
Visuels: (C) Frank W Ockenfels 3, Francesca Torracchi

Infos pratiques

Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec
Domaine National de Chambord
Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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