Cirque
« Acrobates » au Théâtre du Nord : une ode à l’amitié

« Acrobates » au Théâtre du Nord : une ode à l’amitié

14 décembre 2014 | PAR Audrey Chaix

Devenu tétraplégique suite à une chute lors d’un entraînement, Fabrice Champion, trapéziste de la compagnie des Arts Sauts, n’a eu de cesse de réapprivoiser son corps pour retourner sur scène. Avec deux de ses élèves, Matias Pilet et Alexandre Fournier, il a créé la « tétradanse », un nouveau langage corporel et acrobatique – jusqu’à sa disparition en 2004. Avec Stéphane Ricordel et Olivier Meyrou, les deux élèves, et surtout les deux amis de Fabrice Champion ont créé le spectacle Acrobates pour raconter l’histoire de cet artiste exceptionnel : Acrobates n’est pas un hommage, mais bien une ode à l’amour qui unissait les trois hommes autour de l’acrobatie.

Le spectacle commence par des projections de vidéo de Fabrice Champion : la vie après son accident, la rééducation, l’apprentissage d’une nouvelle façon de se mouvoir malgré la perte de toute sensation dans les jambes. Parfois drôles, souvent touchantes, ces scènes sont complétées par une voix off qui évoque celle de Champion avec, comme un leitmotiv, l’énumération de tout ce qu’il ne peut plus faire depuis l’accident.

Sur le plateau, deux jeunes hommes : le petit brun, Matias Pilet, et le grand blond, Alexandre Fournier. Gêné par une blessure au poignet, il porte un plâtre. Il ne faut donc pas s’étonner que cet Acrobates, présenté au Théâtre du Nord, ne soit pas tout à fait le spectacle qui tourne depuis sa création en 2013 au Théâtre Monfort. Plutôt que de priver les spectateurs lillois d’acrobaties, l’équipe a fait appel à deux jeunes artistes du Centre National des Arts du Cirque, un garçon et une fille, qui apparaissent dans le dernier tiers du spectacle et enchaînent les portés. Évidemment, cela apporte un certain déséquilibre à l’ensemble, puisqu’on ne comprend pas très bien ce que viennent faire ces deux jeunes gens dans l’histoire de Pilet de Fournier avec leur professeur et ami perdu. D’autant plus que si ces deux jeunes acrobates excellent dans leur art, ils ne sont pas aussi bons comédiens, ce qui est important dans une pièce qui ne repose pas que sur les mouvements du corps, mais aussi dans sa charge narrative, très présente puisque l’on raconte l’histoire de la relation entre trois hommes qui ont su surmonter un handicap pour pousser leur discipline encore plus loin.

C’est donc avec l’impression d’un spectacle un peu bancal que l’on ressort, joué sur une bande-son qui frise parfois l’insupportable dans les aigus. Il n’en reste pas moins qu’esthétiquement, la proposition est belle à regarder, très émouvante parfois dans le geste d’une embrassade ou dans celui d’un acrobate réajustant le t-shirt de sa partenaire sur son dos découvert après un mouvement. Un geste qui, à lui seul, suffit à résumer la beauté de la relation de confiance qui règne dans un duo d’acrobates.

Relire l’article d’Amélie Blaustein-Niddam sur Acrobates

Visuels : © Christophe Raynaud de Lage

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