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Cirque de Paname : un show extravagant made in France

Cirque de Paname : un show extravagant made in France

29 novembre 2019 | PAR Jérémie Laurent-Kaysen

Jusqu’au 23 février 2020, Cirque de Paname présente sa toute première création : Le Monde de Jalèya. 

L’arrivée à Cirque de Paname se mérite. Contrairement à ce que son nom indique, il ne se situe pas véritablement à Paris. Cependant, une fois le périple achevé, le show commence bien avant le spectacle. Triomphant au milieu de nulle part, le chapiteau installé sur l’hippodrome Paris-Longchamps semble gigantesque et laisse apparaître au loin, plusieurs mètres avant le passage des barrières, les énormes néons qui inscrivent en toute lettre le nom de la maison. Il faut dire que dans cette compagnie, rien n’est laissé aux hasards.

Voyage au pays des merveilles

Le Monde de Jalèya raconte l’histoire d’un jeune garçon, Oliver, aux allures de Peter Pan qui, après avoir secoué malencontreusement une lanterne trouvée dans une malle, est plongé dans un monde peuplé de mystères, aux créatures étranges et excentriques. Un chapelier fou , du nom de Knosios, lui servira de guide dans les quatre contrées du pays – dont la nomination fait référence aux quatre élément – afin que le jeune homme naïf accomplisse sa quête et atteigne le « chemin de la vérité » pour rentrer chez lui. Si l’histoire est abracadabrante et l’intrigue un peu flou, la liaison entre monde réel et monde fictif est travaillée d’une façon très intéressante. Oliver arrive sur scène avant que le spectacle ne commence pour demander aux personnes du public d’éteindre leur téléphone, puis monter soudainement sur scène et commence le show. Il en est de même pour Knosios qui fait le clown pendant l’entracte afin de chauffer la salle. Ainsi les spectateurs ne sont pas seulement témoins de ce qui se passe mais en deviennent acteurs, pour une vraie expérience immersive.

Un cirque aux allures d’un show

Cirque de Paname s’éloigne de toute forme circassienne traditionnelle. Pas d’animaux sur scène, si ce n’est une licorne au squelette d’acier, animé par trois marionnettistes, et une horde de tigres « boule à facettes ». Les tableaux chorégraphiques, qui prennent une part importante dans le show, se mêlent à quelques numéros d’acrobaties tels que du trapèze, interprété par le duo Waz’o, ou encore de la pole danse aérienne, sur de la musique, originale, en live, chantée par Tatiana Marre et Ayvin. Du bassiste au vendeur de pop corn, toutes les personnes qui interviennent dans le chapiteau sont stylisés sur le modèle du spectacle : certains portent des costumes et des coiffures rappelant l’univers d’Avatar de James Cameron, d’autres celui des Minimoys de Luc Besson. Plus de 200 tenues variées et raffinées, conçues spécialement pour l’évènement et qui donnent presque l’impression d’assister à un défilé de mode.

 

Un décor féerique

La scénographie, parfois surprenante, reste tout de même relativement sobre. Un rideau sur lequel est projeté le mapping vidéo au début, se fait aspirer dès les premières minutes de la pièce, comme par magie, et dévoile un arbre qui représente la majeure partie du décor, devenant à son tour élément de projection. Si ce dernier est exploité à l’extrême et offre de beaux moments pleins de poésie, on reste sur notre fin, repensant à l’univers très travaillé que peut proposer le Cirque du Soleil, par exemple. Un rideau de gouttes d’eau et de grandes nappes de fumée viennent compléter le tableau, apportant, tout de même, sa part de merveilleux.

Trop commercial ?

Si Cirque de Paname surprend par la pluridisciplinarité de ses performances, il étonne aussi par son accueil des spectateurs. Ces derniers, lors de leur arrivée, se rassemblent dans un hall gigantesque où ils peuvent déjà acheter marinières, tasses et autres produits dérivés avant de pénétrer dans la salle de spectacle qui peut contenir jusqu’à 2500 places. L’espace se remplit, le show commence. Alors que le public s’immerge doucement dans l’univers farfelu du monde de Jaleya, au bout de 45 minutes seulement, les lumières se rallument. Une voix annonce 25 minutes d’entracte et les produits qu’il est possible d’acheter, nous laissant pantois. Une temps de suspension pour pousser à la consommation ou pour le repos des artistes ? La question demeure.

Cirque de Paname propose un spectacle tout public qui offre un voyage dans une autre dimension. A aller voir pour le plaisir des yeux ou pour un simple moment de divertissement.

Visuel : © CDP Entertainment

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Jérémie Laurent-Kaysen
Après deux années de classe préparatoire en Lettres et une licence Humanités, lettres et sciences humaines, il réalise actuellement un Master de Journalisme Culturel à Paris X. Il est rédacteur pour Toute La Culture depuis novembre 2019.

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