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Laurence Haziza nous parle de la 19è édition de Jazz’N’Klezmer

Laurence Haziza nous parle de la 19è édition de Jazz’N’Klezmer

25 octobre 2021 | PAR Yaël Hirsch

Du 4 au 18 novembre, le Klezmer et le Jazz dialoguent à nouveau dans plusieurs langues et traditions à la fois. Cela a lieu à Paris et à Lyon, cette année, avec des artistes internationaux comme Liraz, Gilad Harel, Boris Bergaman, Shai Maestro ou encore le Amsterdam Klezmer Band. Laurence Haziza, directrice artistique du Festival nous parle de ce grand évènement musical du mois de novembre.

Arrivez-vous à recenser de combien de pays et d’influences musicales viennent les artistes programmés pour cette édition 2021 ?

Disons une dizaine, plus, il y a les pays d’orient dans les boucles du piano d’Omer Klein, la langue farsi iranienne de Liraz, l’esprit de New York ou de Tel Aviv, La Grèce avec Deli Teli, Marseille d’où viennent justement les musiciens de Deli Teli, la Turquie ou l’Espagne des chants Ladino de Yaïa, la Pologne, la Russie… il doit y en avoir d’autres.
C’est dans ce mélange que se régénèrent les musiques dites traditionnelles.
Même l’âme estonienne plane avec nous, avec la chanteuse qui en est originaire, Lembé Lokk.

Comment s’est passée la série de concerts qui nous ont fait patienter au printemps, quelles ont été les réactions du public ? Allez-vous continuer une programmation à l’année ?

Je ne sais pas si l’on va continuer « En Attendant Jazz’N’Klezmer » mais ce n’est pas impossible. Ce qui est certain c’est que l’on va programmer de plus en plus de jazz tout au long de l’année dans la salle historique de l’Espace Rachi. Nous allons accueillir des artistes amis de passage à Paris. Nous sommes en phase de devenir un lieu de musique actuelle ou même un club de jazz. C’était déjà un peu le cas mais aujourd’hui on fait appel à nous plus souvent pour des concerts et artistes de grande qualité.
Nous étions « producteur de spectacle », nous devenons en quelque sortes programmateur, accueillant et inclusif.
Et puis nous préparons déjà la 20è édition de JNK, mais chut.
Quant à la diffusion via le net, puisque nous avons touché plus de 600 personnes avec En attendant JNK, nous allons continuer, ce qui va nous permettre de parcourir le monde avec nos évènements.

Jazz’N’Klezmer, c’est une première ? Où cela a-t-il lieu ?

C’est une première effectivement ! C’est la première fois qu’un concert JNK sort de Paris et sa région. Mais il existait déjà un festival des musiques juives à Lyon, à l’Espace Hillel, mais avec la fermeture de ce haut lieu de la culture juive de Lyon, l’évènement s’est arrêté, puis la Covid…
Lorsqu’Edmond Ghrenassia m’a appelé pour nous demander si nous avions un groupe à lui proposer, non seulement nous l’avons conseillé sur une date, mais nous lui avons proposé de nommer l’événement Jazz’N’Klezmer, ce qu’il a accueilli avec joie.
La 1ère édition était née.

Pouvez-vous nous parler de l’ouverture au petit-bain ?

L’ouverture et la clôture du festival seront des soirées festives, dansante, ouverte sur les cultures du monde.
L’ouverture annonce la couleur musicale avec un concert de musique grecque des années 60, avec un nouveau groupe made in Marseille, Deli TELI, 4 musiciens et chanteurs se réapproprient les sons et un répertoire joyeux et nostalgique extrêmement dansant. Suivra la sublime Liraz déjà devenue icône chez nos voisins anglais, elle fait le tour du monde, est d’origine iranienne, née en Israël, elle porte en elle la féminité et l’orientalisme des ses origines iraniennes, reprend la paroles des grandes chanteuses des années 60/70, brille sur scène de toute sa sensualité, portée par une voix et des arrangements actuels, elle revient avec son second album Zan (« femme » en persan) « elle mêle arrangements traditionnels persans et sonorités contemporaines, et chante les marges, les inégalités, l’Espoir avant un grand ‘E’. » – NOVA
Liraz fait sa révolution privée, apporte des chansons avec un vrai message et délivre une musique pour sourire, danser et faire réfléchir.

On retrouve des lieux importants du judaïsme parisien : La synagogue de Copernic, l’Espace Rachi, le MAHJ : est-ce facile d’y faire venir le grand public qu’est-ce que cela représente en termes d’ouverture ?

Il a d’abord fallu sortir des lieux emblématiques du judaïsme, pour pouvoir y retourner, différemment et entrainer le public parisien qui a assisté à nos concerts justement parce qu’ils avaient lieu au New Morning, à la Bellevilloise ou au Sunset… Grâce aux concerts d’Émile Parisien et Vincent Peirani, Yom ou encore Vincent Segal et Alain Jean Marie pour un concert autour de Larry Harlow (de la Fania All star), nous avons eu le plaisir de voir assis l’un à côté de l’autre les plus grands journalistes musiques de la presse nationale : De Nova à Libération en Passant par Le Monde, Trax ou l’AFP. Évidemment le public a suivi. Je remercie du fond du cœur ces lieux qui depuis quelques années nous permettent d’accueillir des artistes justement attirés par le décalage ou/et la beauté de l’endroit. Ainsi ils participent à la création et nous aident à traverser le temps sans trop souffrir du manque d’argent ou des fluctuations sanitaires complexes. Je les remercie pour leur confiance, leur accueil et leur générosité, c’est vrai qu’on ne remercie pas assez les structures qui mettent leurs moyens au profit de la musique et du public.

Plus de Bal Mitzva cette année ? Trop risqué en temps de covid ? Et l’on pourra danser quand même à Bellevilloise en clôture ?

La Bal Mitzva, c’était pour les 13 ans du festival, un clin d’oeil au passage initiatique de la vie d’enfant à celle de jeune adulte. Nous avons été tentés d’une faire une autre, et même plusieurs, mais les terrifiants attentats de novembre 2015 ont stoppé net notre élan. Et puis une Bal Mitzva, il n’y en a qu’une dans la vie. Peut-être bientôt le mariage, attendons de voir qui est ou sont, les prétendants et les élus ! Par contre, nous n’avons jamais cessé de danser. À l’ouverture le 4/11 avec Deli Teli et Liraz comme je le disais, mais aussi à la clôture avec Amsterdam Klemer band qui nous a déjà prévenue : Pour nos 25 ans, car c’est le concert parisien de leur 25 ans, ils interpréteront des titres de leur dernier album « Fortuna » mais aussi rejoueront tous leurs plus grands succès, 25 ans d’existence, ça se fête en dansant !!

Quel concert attendez-vous le plus ?

Difficile de ne pas parler de tous les concerts, du Jazz d’Omer Klein ou de celui de Ziv ravitz ou de Shai Maestro, les reprises incroyablement personnelles de Léonard Cohen par Lembé Lokk, Gilad Harel, fantastique clarinettiste pour la première fois à Paris qui teinte ses reprises klezmer de Dixiland, le jazz des origines de La Nouvelle Orléans.

Il y a par exemple le projet de Yaïa, « De Maré à Hija », ciné concert autour Annette Cabelli Fmorentin, 95 ans, rescapée d’Auschwitz, qui avant de nous quitter il y a quelques mois à légué sa joie et sa culture judéo sépharade à Leila Mendez.

Il y a aussi Boris Bergaman, un être prolixe et attachant (auteur de plus de mille chansons), rockeur d’une grande finesse, il interprétera avec ses amis du Quartet – 1 (+1) les chansons en yiddish que son père chantait, des chansons du répertoire psychédélique 70’ avec la récente réédition de l’album « Moshé Mousse Crusifixion », des chansons en anglais et quelques surprises en français. Denis Cuniot en quartet c’est rare…

visuel : affiche du festival

-article partenaire- 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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