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[Chronique] « Get Happy » de Pink Martini : riche et cosmopolite

[Chronique] « Get Happy » de Pink Martini : riche et cosmopolite

23 septembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Les deux chanteuses principales de Pink Martini China Forbes et Storm Large s’associent pour la première fois sur un album aux côtés du fondateur Thomas M. Lauderdale, et accouchent ensemble d’un huitième LP toujours aussi riche et cosmopolite. Les citoyens d’un monde qu’ils paraissaient explorer toujours un peu plus au fil des années nous invitent sur la quinzaine de titres qui composent Get Happy à la recherche d’une certaine vision du bonheur : la leur, définitivement.
Pink Martini - Get Happy[rating=3]

Loin du cliché abominable de l’américain sectaire et ignorant du monde extérieur à sa grandiloquente bannière étoilée, le collectif Pink Martini, initialement fondé du côté de Portland, n’a cessé depuis la fin des années 90 et depuis son mythique album judicieusement nommé Sympathique (le bienheureux support de l’hymne gréviste et épicurien « Je ne veux pas Travailler ») de traverser la planète à la recherche de rencontres et d’expérimentations nouvelles, porté par une envie permanente de décliner la vocation philanthrope et rassembleuse de sa musique de la plus pertinente des manières.

De concerts locaux et intimistes en tournées internationales effectuées avec de nombreux orchestres symphoniques, le territoire sonore des américains a fini par atteindre une densité logique et inédite, aboutissant en 2011 à une collaboration osée (et réussie) avec le mythique chanteur japonais Saori Yuki sur le très beau « 1969« .

Get Happy, le quatrième album du groupe en cinq ans (qu’il conviendra de ne pas confondre avec le tube cul-culte des Daft Punk « Get Lucky ») s’écarte des contrées du Pays du Soleil Levant tout autant que de la festivité emphatique aperçue sur l’opus Joy the World (2010), et aboutit à un album riche et contrasté, café-hall ambulant et universel déversant son optimisme, son ouverture d’esprit et son expérience plurielle (et parfois méchante) de la vie (China Forbes avait du s’écarter ces dernières années du groupe afin de subir une intervention aux cordes vocales).

A travers seize morceaux, interprétés comme à son habitude dans une multitude de langues différentes (neuf au total !), Pink Martini invite percussions, cuivres, cordes, claviers, et quelques guests de marque (l’allumé Philippe Katerine, le folkeur Rufus Wainwright, la clarinettiste quasi centenaire Norman Leyden…) à travers un voyage apaisant et enrichissant, marqué par des escales ponctuelles sur les rives d’un jazz multilingue, d’une musique cubaine traditionnelle, et d’une pop comme on la concevait sans doute au milieu des années 50.

Malgré quelques redondances et une obstination sur la fin du disque pour un jazz de chambre un peu cheap et beaucoup soporifique, le disque séduira les plus fidèles amateurs du groupe (avec 2,5 millions d’albums vendus dans le Monde, ils sont nombreux), et convaincra peut-être les autres de cocher la date du 13 octobre prochain dans leur agenda, afin d’aller découvrir le groupe sur la scène de la Cigale.

Pink Martini, Get Happy, 2013, Heinz Records / Naïve, 55 min.

Visuel : (c) pochette de Get Happy de Pink Martini

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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