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[Chronique] Chez Yom, « Le Silence de l’Exode » bruisse de mille voix et récits

[Chronique] Chez Yom, « Le Silence de l’Exode » bruisse de mille voix et récits

09 septembre 2014 | PAR Thibault Montbazet

D’abord destinée à la scène, cette création de 2012 commandée par le Festival d’Île-de-France et conçue en une seule pièce d’une heure, trouve aujourd’hui chez Planète Rouge sa Terre Promise en version studio. Après plusieurs albums fantasques et plus électros (With Love avec les Wonder Rabbis, Green Apocalypse avec le joueur de guimbarde Wang Liet The Empire of Love) Yom continue à revisiter la tradition juive et sa clarinette avec cette œuvre ouverte sur d’autres sonorités.

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En un trait, mais scandé par des « sous-titres », il égrène les voix de l’homme en exode, tantôt avec cette nostalgie ironique si caractéristique du klezmer (« Mémoires »), la force d’élans portés à bout de souffle (« Silence 1 ») ou encore les langueurs orientalisantes (« Ramsès »). La clarinette en sol, aux sons sourds et graves, est la narratrice ; mais elle sait se taire et laisser la place à d’autres instruments, au bruit des caravanes et des bagages. Yom s’entoure bien : Bijan Chemirani mêle percussions persanes et rythmes contemporains (« Chaos », « Solitude 1 »), Farid D. joue de son violoncelle comme du oud (« Solitude 2 ») et Claude Tchamitchian nous livre de splendides soupirs de contrebasse, issus de la musique arménienne (« Sinaï »). Le tout dans un enregistrement qui cherche à retrouver la pureté acoustique du live.

Se dessine alors, tout au long de ces stations, le fil initiatique du cheminement dans le désert, qui trace presque comme des lettres et des images: les paroles ou les silences obstinés de la divinité.

Vous pourrez retrouver le Silence de l’Exode sur scène les 6 et 7 octobre au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Yom, Le Silence de l’Exode, 2014, Buda Musique / Planète Rouge, 57 min.

Visuel : (c) pochette du Silence de l’Exode de Yom

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Thibault Montbazet

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