Musique
We are the Virus ! Rencontre avec MTC

We are the Virus ! Rencontre avec MTC

02 mars 2021 | PAR La Rédaction

La musique électronique est une des fiertés Made in France depuis François de Roubaix. Avec des références humaines et robotiques très diverses : underground ou on the dance floor, mais surtout in all ears. Rencontre avec MTC, la grande référence actuelle du genre, pour savoir qui du Covid ou de son album « Spectre » influença l’autre !

Par Steve Krief

« Spectre » s’inspire-t-il du climat futuriste dystopique lié au Covid ?

MTC : Avant de donner ce nom à l’album, il s’agissait juste d’un titre de morceau, dont l’idée émergea en 2012. Mon précédent album (« This Great Old Danse ») contenait déjà un morceau de type post-nucléaire, « Dust » qui fut écrit pour et avec la chanteuse badbad. On avait envie de créer un deuxième morceau de ce type pour cet album. J’ai ressorti l’idée de « Spectre » mais le temps nous a manqué pour le finaliser. L’idée d’en faire un EP avec quatre titres dont « Spectre » est alors apparue, avant de devenir le morceau de départ d’un nouveau disque. Les paroles écrites au début 2019 avant l’apparition du nouveau coronavirus à Wuhan, commencent ainsi : “We are the Virus ! We are Spectre ! We are the Death !” Elles se réfèrent au virus informatique du même nom mais aussi à un virus plus total. L’album s’étant créé en grande partie pendant la pandémie, le Covid devient forcément une influence. Comme si cette situation avait impacté la création. J’ai travaillé, principalement à distance avec quatre artistes invités : deux chanteuses (badbad et Izu), un guitariste (Grog) et un graphiste (SFumator). Toutes les prises de sons de ces invités ont été réalisées chez et par eux. On a ainsi ramené l’ambiance, l’énergie et l’espace de chacun dans mon studio. Une expérience assez forte. A laquelle s’ajoute ces visions terribles en sortant des mixages du studio de Montreuil, où pendant des mois on ne voyait sur la route que des rats morts et des ambulances !

On est partagé entre la sensation de suite du premier album, « This Great Old Danse» (2019) et d’une volonté de voyages musicaux différents sur « Spectre ». Qu’en est-il vraiment ?

De nombreuses influences furent à l’origine du projet MTC, démarré en 2001. Au cœur desquelles les musiques anglaises issues de la vague Acid Rave. Surtout le courant IDM (Intelligent Dance Music), un style qui associe une musique de dance et une musique plus expérimentale. J’ai d’abord animé des soirées dans tous types de lieux, ayant pignon sur rue ou dans des squats, différentes ambiances et toujours la même fougue partagée. Puis, j’ai produit d’autres artistes, dont le premier album de badbad : « Nowhere ». Si « This Great Old Danse » est très centré sur la musique électronique que j’ai exploré et travaillé durant toutes ces années avec un aspect punk rétrofuturiste, « Spectre » présente effectivement des retrouvailles avec d’autres sources. L’électronique y côtoie encore plus le rock et le heavy metal avec un morceau comme « Death Mask ».

Et l’influence SF !

Elle était très présente sur le premier album, avec Philip K Dick et H.P Lovecraft en décor, mais le second troque les vaisseaux pour les bulles chargées de cris, avec l’inspiration de certaines bandes dessinées d’épouvante. Un univers plus dark et spooky, presque gothique, parsemé aussi de moments de lumière, de pauses, de respirations… Une ambiance qui ne s’arrangera probablement pas dans le prochain album qui est actuellement en préparation. Tout l’esprit de l’album « Spectre » tourne autour de l’idée du fantôme et de la dualité.

Revenons un peu à IDM, un courant peu connu en France.

Pas assez par rapport à leur influence. Kraftwerk donne le grand départ en Allemagne. Puis, la techno de Chicago et Detroit vont constituer le terreau de la musique IDM, produite en Angleterre par le label Warp Records avec des artistes de référence comme Aphex Twin, LFO, Autechre et surtout Luke Vibert en sont des références contemporaines importantes. J’ai beaucoup écouté cette musique de 2000 à 2010. Curieusement, ces dernières années je suis retourné à la musique de mon adolescence : le Métal.

Votre influence majeure aujourd’hui est le métal, mais le son principal de vos albums demeure électronique. Etonnant…

C’est le problème qu’on retrouve souvent en France. On est habitué à vouloir catégoriser de manière quasi hermétique les musiques. Par facilité ou prudence, on regroupe le tout dans « les musiques électroniques ». Mais dans ces musiques on retrouve des courants comme la jungle, ou la drill’n’bass, liés à des manières différentes de faire sonner la rythmique et les synthétiseurs. Aujourd’hui, apparait une drôle de vague : la synthwave. Un mélange de synthés mielleux à la Jean-Michel Jarre et de new wave, enrobé de nostalgie des années 80 et des jeux-vidéos rétro.

La pochette de votre album avec ce spectre en rose pourrait amener à penser que même si votre musique n’est pas du tout synthwave, l’hommage aux 80s est présent.

Ou peut-être juste les films d’horreur de ces années-là, comme ceux de John Carpenter. L’album est d’ailleurs dédié à un autre Masters of Horror qui nous a quitté l’année dernière: Stuart Gordon, le réalisateur des films cultes Re-Animator et From Beyond. Avec le graphiste SFumator, on a essayé d’approcher le même rose qui inonde la pellicule du film From Beyond. Un film tiré d’une nouvelle de Lovecraft, auteur clé aussi pour Stephen King. Le titre de mon premier album en est aussi inspiré. « This Great Old Danse » fait référence à ces dieux anciens qui reviennent des profondeurs des océans, non pas pour anéantir l’humanité mais plutôt pour la faire danser !

Le liens pour écouter et acheter « Spectre » et « This Great Old Danse »
https://themtc.bandcamp.com

Sur les plateformes de streaming (spotify, apple music, deezer, youtube…)
https://mtc.streamlink.to/spectre

 

Visuel : ©Mulot

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