Musique
« Wandering Rocks », soirée musicale trop conceptuelle

« Wandering Rocks », soirée musicale trop conceptuelle

12 décembre 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Armé de curiosité, on est allé écouter samedi au soir les deux courts programmes musicaux proposés à la suite par le Nouveau Théâtre de Montreuil et le Centre national de création musicale La Muse en circuit. Déception : l’aspect conceptuel des projets, très, très poussé, ne nous a pas vraiment permis d’atteindre à l’émotion.

zwermZwerm, quartet de guitares électriques belgo-néerlandais, sur scène pour cinquante minutes : on en avait bien envie. Avec un projet, nommé Electric consort, qui constituait une réinterprétation de la musique classique anglaise, période Renaissance : on était curieux d’entendre ça. On est sorti un peu perplexe de la séance d’écoute. L’émotion nous aura visité uniquement lorsque les motifs originaux auront été audibles. Lorsqu’on aura senti les compositions classiques jouées par quatre guitares, avec une grande virtuosité. Ou du moins, lorsqu’on aura saisi l’armature des morceaux proposés… Car pour l’ensemble, on n’aura pas vibré lors de ces longues phases atmosphériques sombres, ou lors du morceau final, strident et répétitif, ou lors de cette pièce jouée à quatre sur un « orgue » artisanal étrange, actionné par un jeu d’interrupteurs, avec force clics gênants donc… Curieux vis-à-vis de la musique expérimentale, on ne l’a pas goûtée ici : trop d’hermétisme, d’aridité, pas assez d’engagement… Difficile aussi de se laisser capter par la lumière, bien trop sombre.

Après l’entracte, on a été déçu également de voir que « la diffusion de vingt-quatre synthétiseurs parsemés dans l’espace » n’allait se dérouler que par haut-parleurs, reliés à une tablette tenue en main par le compositeur François Sarhan. Pas d’instruments physiques… La musique jouée sur ces synthés numériques, très déliée, répondait aux quatre guitares des musiciens de Zwerm, toujours présents. Difficile de distinguer des structures simples, dans le flot de notes… Et hélas, on n’a pas été touché non plus par l’aspect immersif. Le public pouvait déambuler sur la scène. Sous les hauts-parleurs, l’effet fut quasiment le même en chaque endroit : en l’absence de point d’ancrage dans la musique, on ne distingua pas les nuances. Et l’accumulation de personnes en mouvement sur le plateau perdait l’attention… Bien que courtes, ces deux propositions n’ont pas su nous emmener ailleurs. Certains auront peut-être réussi à être pris…

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Visuel : © La Muse en circuit / Nouveau Théâtre de Montreuil / Zwerm

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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