Musique

Victor Démé à la Bellevilloise le 7 novembre

30 octobre 2010 | PAR Jerome Gros

Le 7 novembre 2010 s’organise, grâce à Makasound, à la Bellevilloise un concert que l’on pourrait qualifier de festival, puisque 3 artistes seront présents : Lëk Sèn, Debademba, et Victor Démé.

Lëk Sèn est un artiste sénégalais, rencontré il y deux semaines : ici.

Debademba est un groupe composé d’Abdoulaye Traoré et de Mohamed Diaby aux influences multiples, principalement blues. Abdoulaye Traoré est particulièrement renommé pour ses compositions et son sens de l’improvisation, Mohamed Diaby pour sa voix originale.

Victor Démé est un artiste burkinabé, venu en France pour un petit concert au printemps 2008. Personne ne le connaissait alors vraiment en Europe, et il a su conquérir son public, puisque son premier album est considéré comme l’un des meilleurs de l’année 2008 par le mensuel anglais Songlines, puis déclaré album de l’année par France Inter. Victor Démé est alors convié à de nombreux festivals, comme le printemps de bourges.

Préférant les plats, les coutumes et la vie au Burkina Faso, il y retourne et enregistre son deuxième album, Deli. Comme il le dit lui-même, il n’a besoin que « d’une guitare et d’un endroit où il se sente bien » pour écrire. Et c’est dans la ville de Bobo qu’il se sent bien. Près de sa famille, près de ses voisins, de ses amis musiciens. Il ne recherche rien de plus. Les studios londoniens qu’il a visités ne l’impressionnent pas, il préfère enregistrer à Ouagadougou.

En ce qui concerne l’écriture, cet album reflète la vision du monde par Victor Démé. Beaucoup de ses chansons parlent d’amour, à l’image de « Hinè Ye Deli lé la » (« le pouvoir de l’amour »), où il explique que l’amour est une question d’engagement, pas d’argent, et que le mariage n’est solide que s’il est basé sur une vraie relation amoureuse. Les chansons « Sina » et « Tan ni Kéléen » (« vient seule avec moi ») évoquent un amour impossible entre deux personnes venant de deux milieux différents, mais un amour pour lequel il ne faut jamais perdre espoir, pour lequel il faut se battre. Victor Démé place la mère au centre de ses préoccupations, avec les chansons « Maa Gâafora » (« maman, pardonne-moi »), une chanson personnelle dans laquelle il rend hommage à sa mère, « tato mowla » (« Il ne pardonnera pas »), une chanson plus universelle dans laquelle il est question d’honorer et de respecter sa mère, ou encore « Wolo Baya Guéléma » (« une mère qui souffre », la chose la plus horrible du monde). Mais la religion tient aussi une place de premier ordre, puisque les chansons « Deén Wolo Mousso » (« une femme fertile), ou encore « Kéeba Sekouma » (« l’homme moderne ») traitent de Dieu. Victor Démé évoque aussi le respect des anciens, le respect de sa tribu… Enfin, « Banaïba » (le baobab) est une chanson dans laquelle un oiseau vient dire au monde qu’une star est née… Mais comme le dit le proverbe africain, « malgré le séjour prolongé d’un oiseau perché sur un baobab, il n’oublie pas que le nid dans lequel il a été couvé est dans l’arbuste ».

Musicalement, l’album est une perle, recèle une multitude d’instruments allant de la guitare au violon, et révèle de nombreuses influences, du folklore africain au folk américain, d’Abdoulaye Traoré à Elvis Presley. Victor Démé collabore même avec Femi Kuti, au saxophone, sur la chanson « Wolo Baya Guéléma ».

Les places peuvent être achetées directement du site de Makasound.

Victor Démé, Lëk Sèn et Debademba en concert, le 7 novembre, 20h, La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, Paris 20e, m° Ménilmontant ou Gambetta, 22 € (20€ avec prévente)

Infos pratiques

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Jerome Gros

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