Musique
Un moment avec YAÏR « et d’amour, surtout » (Interview)

Un moment avec YAÏR « et d’amour, surtout » (Interview)

08 avril 2022 | PAR Lison Rabot

Yaïr, ce sont quatre morceaux et l’harmonie parfaite de deux voix qui triomphent. Des purs moments de lévitation qui manifestent la joie qu’il y a à être recueilli et valorisé par Dieu. Mais bien plus que des chants religieux, c’est un tissage subtil d’influences rnb, electro et afro qui atteint tout un chacun d’une douce chaleur. Au seuil de leur ascension, l’oeuvre du duo Grace Libi et Steve Yameogo s’avère dores et déjà prometteuse. 

Après Oasis, Séquoia et Phoenix, Yaïr tente de nous réconforter une nouvelle fois avec le titre Petit Prince et c’est un pari réussi. Un morceau qui maintient un parfait équilibre entre puissance et apaisement, on pourrait éclater en sanglots comme sauter de joie. En tous cas, on se sent vivre. A l’occasion de la sortie du titre, disponible sur toutes les plateformes depuis le 11 mars, Toute la culture a pu rencontré le groupe. 

couverture du titre « Petit Prince »

Toute la culture : Qu’évoque votre nouveau titre Petit Prince

Steve Yameogo C’est un morceau adressé à un enfant, le Petit Prince, un personnage qui aurait été délaissé avant d’être accueilli et choyé par des personnes bienveillantes. Dans le clip on illustre ce jour de fête, le jour où il est entouré de gens qui l’aiment et l’accompagnent. L’histoire est inspiré du chapitre de Eizcheil 16 de la Bible, qui raconte le destin d’un enfant laissé à l’abandon que Dieu accueille, parfume, et revête d’une tenue de roi. 

Grace Libi : C’est ça, au fond c’est un message d’encouragement, et d’amour surtout.

                                                                   Réalisé par Nicolas Babin (13vor) et Agathe Breton. 

Dans ce clip vous sortez de votre bulle tranquille pour vous unir à une foule de personnes. Pourquoi cette volonté de réunir autour de ce projet ? 

Grace Libi : C’est vrai que jusqu’ici nos musiques étaient assez chill, avec ce morceau on avait envie de mettre en avant cette autre facette de nous festive et joyeuse. On trouvait ça pertinent de peaufiner notre image, au départ de notre cheminement artistique, et d’apporter ce côté collectif maintenant, parce que ça fait aussi partie de nous. On cherchait aussi à faire émaner une certaine chaleur de ce clip, la chaleur d’être ensemble de la manière la plus sincère. On s’est entouré de nos amis, ceux qu’on aiment et qui nous aiment, comme notre personnage. 

J’ai vu que vous aviez publié sur Instagram un poème, « J’ai appris à aimer » signé Petit Prince, vous pouvez m’en dire plus? 

Steve Yameogo : C’est des mots qui sortent de la bouche du Petit Prince, pour amener les gens à comprendre ce qu’il se passe dans sa tête et comment il a appris à aimer. On voulait rappeler que c’est dans les moments où on se sent seuls, où on est rejetés, torturés qu’on apprend l’amour, à travers l’empathie, en soutenant l’autre.

 

 
 
 
 
 
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Steve : En France, il y a une image chrétienne un peu vieillotte qu’on veut briser, parce qu’on est chrétiens mais on se prend pas la tête avec tous un tas de dogmes. À la base ce sont des messages d’amour, on a voulu les vulgariser pour des personnes qui sont pas forcement initié à cette culture et dédiaboliser l’image de ces versets parce qu’il y a des histoires très belles qui en découlent. On est d’ailleurs très inspiré par Mustafa le poet (canadien), qui est auteur-chanteur-compositeur et poète de confession musulmane. Il retranscrit l’amour qu’il vit à travers sa religion dans ses chansons, et c’est ce qu’on veut faire nous aussi.                                                                   

Justement, qu’en est-il de vos inspirations ? 

Grace : C’est très varié. Je suis congolaise donc je suis très imprégnée de toute cette culture afro, avec la rumba congolaise et l’afro nigérienne. Aujourd’hui je suis très influencée par le rnb, et je pense qu’il marque beaucoup mon style. 

Steve : Comme Grace je suis très inspiré par la musique afro et le rnb mais je me renseigne aussi beaucoup sur la musique électronique, notamment l’alternative anglaise. Puisque l’on fait de la musique à l’Eglise, on retrouve aussi l’influence du gospel, de plus ou moins loin dans notre exigence à mettre les voix au centre de nos compositions. On est aussi très inspirés par la musique urbaine française de notre époque, et ça s’entend dans Petit Prince

D’ailleurs vous avez eu des retours sur le projet ? 

Steve : Les retours qui nous ont le plus marqués c’est des gens qui ont pleuré en écoutant et en regardant les images. Quand on l’a composé on l’a imaginé comme la bande originale d’un film, que la production puisse être un climax, avec beaucoup d’émotions. Pleurer c’est une réponse naturelle du corps qui nous touche particulièrement. On veut que les gens s’identifient, on vit dans une société où on est vite effacé, on rappelle que chaque individu a de la valeur et porte la couronne tout au long de sa vie. 

Grace : On voulait que ça soit une bouffée d’air frais, et peut être même un nouveau départ pour certains.  

Sur Youtube vous avez publié trois clips et une live session d’un mash-up  d’un de votre titre Séquoia avec celui TAYC, Qui. Vous m’avez dit que vous chantiez à l’église, avez vous eu d’autres expériences de scène ?

Grace : De mon côté non, je me suis familiarisée à la scène et au public grâce à l’église et il me tarde de représenter Yaïr sur scène. 

Steve : Pour ma part avant de commencer Yaïr à temps plein, je suis musicien, bassiste pour des concerts. Je suis assez familier à la scène mais avec la pandémie du covid on était beaucoup en studio ces derniers temps. Malgré un grand manque de la musique live, ça m’a donné l’occasion de travailler avec des gens très inspirants comme Nadjee ou Turie par exemple.

Des projets à venir ou à l’avenir ? 

Steve : Plus de scène !

Grace : C’est ça, on a vraiment envie de pouvoir ramener notre chambre sur scène. On aimerait développer tout un univers, pas que ça soit juste un concert mais un réel moment de partage.

Depuis hier seulement, les making-of du clip de Petit Prince sont disponibles sur YouTube. Ils donnent accès aux coulisses de la réalisation de clip magnifique, plein de vie mais aussi à la flamme sincère qu’incarne le duo d’artistes.

 
 
 
 
 
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Visuel : © photo d’Agathe Breton du groupe Yaïr

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