Musique
U-Man Vibes : la joie du Ska

U-Man Vibes : la joie du Ska

05 août 2011 | PAR Tristan Karache-Prudent

Au milieu de Meaux, tout près de la cathédrale dans une ambiance quasi-familiale et décontractée au sein du bar Le Vinyle, Toutelaculture.com a fait la connaissance d’un groupe original. Composé de huit membres et mélangeant plusieurs styles de musiques se rassemblant autour de la Ska/punk/reggae, Maxime (Funkygroover) à la batterie, Lucie à la basse (), Aymerick à la guitare, Bastien (babasse) au clavier, Kalun au chant (Arzaya Khan), Alexis au saxophone, Alexandre à la trompette et Clément au trombone composent U-man Vibes. Ce dernier n’était pas présent durant l’interview.

TTlC : Comment vous vous êtes rencontrés ?

Kalun : Pour résumer, la colonne vertébrale du groupe c’était Hash, Lucile, Babass et Maxence qui à l’origine était le premier batteur du groupe.
Hash : Au départ, on était trois et on s’est dit : « pourquoi pas jouer ensemble ? »  On répétait dans le grenier de Lucie et puis Bastien à ramené Maxence et ensuite on est « parti sur » un truc sérieux à aller répéter en studio.
Bastien : C’est là qu’on a rencontré Mister Kalun.
Kalun : C’est une histoire extraordinaire.  Je viens du reggae/dance/soul et je travaillais avec un acolyte. On répétait dans le même studio qu’eux. J’avais entendu un son, un riff que je trouvais puissant. Il y avait le côté reggae et le côté punk/Ska. Lors d’un moment de pause je les ai captés et donc naturellement ils m’ont demandé de venir puisqu’il cherchait une voix. On s’est revus à Meaux sur le parvis de l’église et cela fait deux ans qu’on ne se lâche plus.
Hash : Nous on s’est dit, c’est le prophète ! C’est lui qu’il nous faut. Ensuite, Clément est arrivé et a ramené Alexandre. Maxence s’est barré à cause de ses études.
Kalun : On a essayé plusieurs batteurs puis un jour Max est arrivé avec sa gouache.
Max : J’ai juste répondu à leur annonce sur internet et puis ils m’ont pris.

TTlC : Pourquoi avoir choisit le ska ?

Bastien : Ca s’est fait naturellement, il suffit de regarder l’instrumentation.
Kalun : La colonne vertébrale c’est le ska mais avec tout ses dérivés. Chacun apporte sa touche avec ses influences.
Hash : Je me rappelle au début, on voulait quelque chose qui avait du punch, où les gens kifferait lorsqu’ils seraient devant la scène. On s’est que le ska/punk était vraiment un style qui bougeait et on est partis sur ça.

TTlC : D’où vient le nom U-Man Vibes ?

Hash : Ca été trouvé quand on était à la pizzeria…
Kalun : On s’était dit que pour l’image, il nous fallait un nom qui soit à la hauteur de ce qu’on veut faire. On savourait une pizza et de l’entrée au dessert on cherchait un nom.
Lucie : Ca fait U sois toi même , men, mec :  tes vibrations. U ça rappelle aussi les vibrations humaines.
Aléxandre : Tout ça pour dire que la pizza donne des idées !

TTlC : Quelles sont vos projets pour le futur ?

Kalun : On va continuer à faire des lives mais surtout on va travailler sérieusement en septembre. Avec beaucoup, beaucoup de studio. On va certainement retourner sur certains évènements comme l’huma. En gros il y a une petite quinzaine de festival sur lesquelles on pourra se positionner. Pour être pris plus au sérieux, on va sortir un album coute que coute aussi. Pour avoir une carte de visite.

TTlC : Au sujet de vos compos, comment ça se passe ?

Hash : Pour les textes, c’est Kalun et on lui donne des idées quant on en a. Pour le reste, chacun apporte sa touche et au final on a une mélodie.
Kalun : Pour les textes, c’est accès sur le social, notre hygiène de vie, notre politique de vie, l’actualité aussi… C’est représentatif de ce qu’on vit. On a des textes aussi bien sérieux que décalés comme Chiken Run.
Bastien : On a deux phases, soit Kalun écrit ses paroles tout seul avec notre son soit à l’inverse il fait les paroles et nous on amène le son. On écrit tous ensemble aussi comme avec « Vive les femmes ».
Kalun : Sinon pour les langues, on écrit en anglais, enfin en patois jamaïcains, en français et en créole des îles françaises.

TTlC : Que pensez-vous du monde de la musique actuel ?

Hash : C’est de la merde !
Lucie : C’est de la compétition !
Kalun : Là aujourd’hui, l’industrie musicale ça se casse le nez. Au niveau des organisations maintenant pour les festivals, c’est souvent les mêmes noms qui tournent, c’est du copinage. Tu as l’impression que les mecs ont un espèce de trône et qu’ils ont peur de voir des nouvelles têtes débarquer. Tu as  un milieu avec une sorte de jet set de la musique et t’as ceux qui veulent y arriver et qui se battent pour sortir du lot. On est tellement dans la merde que la marche sur laquelle on est, elle nous fait pas peur et on pourra que grimper. Le problème aussi c’est qu’on consomme la musique comme si on allait au Mc Do. On n’apprécie plus la valeur de ces choses là parce que y’a un trop plein donné par internet notamment.
Hash : Ce que je constate, c’est qu’on offre pas l’opportunité aux gens de connaitre plus que ce qu’on offre aujourd’hui, c’est toujours la même soupe aseptisée. Les gens ne connaissent même pas le ska parce qu’on leur en donne pas l’opportunité.

TTlC :Alors facile de concilier boulot, Ska et famille ?

Bastien : A la limite oui je dirais. Parce qu’on a dit depuis le début : à 17 heures, le samedi c’est U-Man Vibes !  à  partir de là tu te débrouilles. Dans ma recherche de « taffe », j’avais comme critère U-Man Vibes, c’est-à-dire que je devais garder coute que coute le samedi.
Kalun : On a tous des vies assez différentes mais quand tu es dans une équipe tu dois d’être sérieux, d’être présent, disponible et donc conscient du travail à fournir. Après c’est une histoire d’amour, c’est vital et moi si j’ai pas ma dose, j’ai pas vécu ma semaine. Pour la famille, ils l’ont intégré et au final eux aussi prennent part aux concerts et tout. Clément qui est à l’armée fait des allers-retours avec l’Allemagne, Max avec son école de musique aménage son planning pour nos lives et les représentations de son école, il y a plein de sacrifices mais cela vaut le coup.

TTlC : Un petit message ?

Kalun : Qu’ils soient mille ou une personne, on joue et on donne la même chose.

Photo 1: de gauche à droite, Max, Alexandre, Kalun, Alexis, Bastien, Hash et Lucie.

Petit live de U-man Vibes à la fête de la musique de Meaux en 2010:

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Tristan Karache-Prudent

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