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Quelle musique de contestation depuis l’élection de Donald Trump? [Playlist]

Quelle musique de contestation depuis l’élection de Donald Trump? [Playlist]

08 novembre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Un an s’est écoulé depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas fait que des heureux. Mais restons optimistes, il y a un bon côté à sa présence à la Maison Blanche: la vague d’inspiration suscitée par ses discours et politiques haineux-ses dans le monde de la culture. Que ce soit au cinéma, dans la littérature, à la télévision, ou dans la musique, les artistes du monde entier – mais surtout Américains – se sont donnés le mot pour utiliser leur art comme moyen de contestation d’un système en lequel ils n’ont plus confiance. Parce que c’est bien connu, face à la haine la meilleure réponse reste la création. Alors aujourd’hui on troque le coup de blues affalé sur le canapé avec nos amis Häagen-Dazs ou Ben & Jerry’s pour un tour d’horizon de la culture musicale née sous la présidence de Donald Trump. De la musique indépendante à la musique main-stream, cette playlist donne la parole à ceux qui ont choisi de dire «non» à l’Amérique de l’extrême droite. Et ça fait du bien.

I Give You Power, Arcade Fire ft. Mavis Staples

Le groupe de rock indépendant Arcade Fire s’est associé à la chanteuse Mavis Staples pour I Give You Power, partagée la veille de l’investiture du président américain. Pour lui rappeler, tout en subtilité mais sans équivoque, que si le peuple lui a donné le pouvoir il peut aussi le lui reprendre s’il est privé de ses libertés. I Give You Power est accompagnée d’une note brève mais efficace: «Il est plus important que jamais de se serrer les coudes et de prendre soin l’un de l’autre».

God Bless America – And All The Beautiful Women In It, Lana Del Rey

Avec God Bless America, tiré de l’excellent et politisé album Lust for Life, Lana Del Rey s’adresse directement aux femmes continuellement insultées et rabaissées par Donald Trump. Elle y reprend la célèbre formule «God Bless America» et la redirige à l’attention des américaines, les priant de se «dresser fièrement et fermement comme la Statue de la liberté». En marge de la création artistique, la chanteuse a également participé à un rassemblement de sorcières dans le but de destituer Trump et abandonné tout visuel incluant le drapeau américain.

 

What About Us, Pink

Au fil des années Pink s’est imposée comme une personnalité qui ne mâche pas ses mots et qui porte haut et fort la cause des femmes. Fervente dénonciatrice des restrictions imposées par les rôles des sexes, la chanteuse a cette fois utilisé sa voix pour dénoncer les fausses promesses du gouvernement américain en général et de celui de Trump en particulier. Son single What About Us, tiré de son nouvel album Beautiful Trauma (dans les bacs depuis le 13 octobre), traite de la «déception» de la chanteuse «envers [son] gouvernement, et de comment [son] gouvernement a négligé son peuple» selon un interview paru sur le site Newsweek.

This Country, Fever Ray

Fever Ray, c’est le projet solo de Karin Dreijer, la chanteuse du duo The Knife, à qui l’on doit le très envoutant If I Had A Heart. Avec son nouvel album intitulé Plunge, Fever Ray vire au politique et à la dénonciation d’un pays en lequel elle n’a plus vraiment confiance. Dans This Country elle s’attaque à la politique très conservatrice du gouvernement de Trump sur la contraception et le droit à l’avortement. «Avortement gratuit et eau propre/ Détruisez le nucléaire» réclame t-elle avant de scander «difficile de baiser dans ce pays». Tout est dit.

Chained To The Rythm, Katy Perry ft. Skip Marley

Posté sur la chaîne Youtube de la chanteuse un mois après l’investiture de Donald Trump, le clip de Chained To The Rythm est apparu comme LA vidéo dont on avait tous besoin. En 4 minutes top chrono Katy Perry offre une critique cinglante de la société américaine, de la pollution environnementale au rejet des migrants et réfugiés en passant par le privilège blanc et le modèle de la famille nucléaire. Le tout mis en scène dans un parc d’attraction nommé «Oblivia» et dans lequel tout le monde porte une paire de lunettes, double métaphore de la tendance des Occidentaux à se voiler la face et à accepter les (fausses) promesses des politiques et des médias.

We The People, A Tribe Called Quest

On clôture cette playlist avec une chanson qui ne mâche pas ses mots. A Tribe Called Quest, groupe de hip hop américain composé désormais de trois rappeurs dont Q-Tip, s’adresse directement à Donald Trump et balance quelques vérités bien sombres comme «Tu es en mode ‘tuons des jeunes bons noirs’» ou «Je rêve d’un monde équitable pour les femmes sans division/ Mec je te le dis, quelle vision». Avant d’enchaîner sur un refrain qui reprend les valeurs pas très jolies de l’extrême droite: «Vous tous les noirs, vous devez partir/ Vous tous les Mexicains, vous devez partir/ Et vous tous les pauvres, vous devez partir/ Vous tous les musulmans et les gays, on déteste vos pratiques». 

 

Visuel: ©Flickr

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Sarah Reiffers

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