Musique
« Tempest » de Bob Dylan, fatal et fataliste.

« Tempest » de Bob Dylan, fatal et fataliste.

15 septembre 2012 | PAR Eva Blanca Soto

Avec l’age, la voix est devenue si rocailleuse, qu’elle a presque perdu ce qu’elle avait de nasillard, le poids des années l’a rendue plus profonde. La voix que nous montre Dylan pour ce 35ème album de sa longue carrière est sombre et belle. Le temps passe, but Dylan is still Dylan, comme un bateau qui résiste à toutes les « Tempest ».

A 71 ans, Dylan fête cette année ses 50 ans de carrière, une carrière lourde pour ses frêles épaules, celle d’un mythe qu’il s’emploie a casser à coups de concerts souvent décevants, et de très rares interviews arrachées au forceps. Mais quand le mythe est trop grand, il ne peut pas être brisé, tout ce qui est fait pour y parvenir entretient même davantage encore la Légende. C’est ce que nous prouve Dylan dans ce nouvel album.

De qui supporterait-on une rengaine de 45 strophes, même si c’est pour chanter, comme dans « Tempest », le naufrage du Titanic ? Pourtant quand Bob Dylan nous chante, la voix caverneuse « I ain’t dead yet, my bell still rings » (je ne suis pas encore mort, ma cloche sonne encore), on ne peut que se réjouir qu’il reste parmi nous. Car il trouve toujours la formule qui tue « Si l’Amour est un pêché, alors la Beauté est un crime » (Scarlet Town).

Mais il n’y a même pas besoin de comprendre ce qu’il dit. Il suffit d’écouter sa voix, fataliste et nonchalante. Elle est là pour nous asséner que Bob Dylan n’a plus rien à prouver depuis longtemps. Courage ou liberté, mais certainement pas détestation de la vie et des autres. D’ailleurs, Pour « Tempest », Dylan s’est entouré de ceux qui sont à ses côtés depuis une dizaine d’années, notamment, le génial Charlie Sexton, qui dévoile une fois de plus toutes les cordes qu’il a à sa guitare avec un doigté folk-blues inimitable.

Alors, oui, « Tempest » est bien un album de Dylan de plus… mais quel album !

« Foi, amour, espérance » par Marthaler : une merveille !
Dans la tempête de Gwendoline Raisson et Jean-Luc Englebert
Eva Blanca Soto

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