Musique
Sysa : « Le rap m’a permis de m’ouvrir un peu plus » (Interview)

Sysa : « Le rap m’a permis de m’ouvrir un peu plus » (Interview)

29 juin 2022 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Sysa est la nouvelle figure du rap marseillais. Révélé par Jul qui l’a invité dans la compilation 13’Organisé dans 2020, Sysa dévoile son premier album intitulé Nueve. Un album de 17 titres dans lequel il raconte sa vie tumultueuse faite de hauts et de bas. Toute la culture a rencontré le jeune rappeur lors de son passage à Paris chez BMG dans le 2e arrondissement. 

Toute la culture : Votre album s’intitule Nueve, qu’évoque ce titre pour vous ? 

Sysa : Il évoque beaucoup de choses pour moi. C’est le point de départ. « Nueve » signifie « neuf » en espagnol et moi-même je viens du 9ème arrondissement de Marseille. Je savais depuis très longtemps que j’allais intituler mon premier projet « Nueve ». C’est symbolique. C’est important pour moi de commencer l’album avec le titre éponyme parce que c’est un peu mon premier bébé. J’ai écrit ce titre avec mon cœur. J’ai voulu raconter mon parcours sans pour autant rentrer trop dans le détail car je voulais en laisser un peu pour la suite. En tout cas, pour moi, c’est le morceau qui donne déjà l’atmosphère de l’album. Cet album pour moi, c’est que du réel. 

C’est un album où vous parlez de votre vécu. Vous avez été élevé par votre père. Vous avez connu aussi des déboires avec la police Cet opus est-il une manière de faire table rase du passé ? 

Aussi oui. Cet album est presque une thérapie. J’ai voulu raconter dans tout ce que j’avais dans la tête et ça m’a fait du bien.

Est-ce qu’aussi, le fait de faire du rap vous a beaucoup aidé pour vous exprimer ?

Bien sûr ! Je suis à la base quelqu’un de très réservé, de très timide. Quand je vais dans une salle avec beaucoup de monde, je suis toujours au fond avec une capuche. Le rap ça m’a permis de m’ouvrir un peu plus parce que, quand on fait du rap, on dévoile un peu plus sa vie. Moi je dévoile ma propre vie et ce n’est pas tout le monde qui est capable de faire ça. 

Comment se sont passées les collaborations avec Jul et Le Rat Luciano que vous avez invités dans l’album ? 

J’avais participé en 2020 à une compilation, 13’Organisé. J’ai été invité par Jul sur ce projet. C’était la première fois que je rencontrais, pareil pour Le Rat Luciano. C’est comme ça qu’on a gardé contact. Ils ont tous les deux acceptés de faire un son sur l’album. Pour Jul, comme il est très demandé, je n’étais pas sûr qu’il accepterait de faire un duo avec moi. D’autant que sur la compilation 13’Organisé, nous étions 50 artistes ! Finalement avec Jul on avait ce son un peu ambiançant qui s’appelle Là-haut. Ça reste malgré tout un son dans lequel je parle de mon vécu et de choses difficiles. 

Que prévoyez-vous pour cet été 2022 ? 

Je vais retourner au charbon. Je ne prendrai pas de vacances. Je vais travailler sur un nouveau projet. Les vacances ce sera uniquement quand on aura bien transpiré et qu’on aura récolté les fruits de ce travail ! Mais pour moi, que ce soit hiver ou été, je vais rester en studio et enregistrer. 

Vous prévoyiez de faire des lives, des showcases… ? 

Non parce que je n’en suis pas encore à ce niveau-là. Ça arrive peut-être grâce à ce projet. Cela dit, il arrive que je sois invité à des festivals. La scène, c’est important pour garder le contact avec le public. 

Espérez-vous devenir un jour aussi populaire que Jul ? 

Populaire je ne sais pas mais, recevoir des disques d’or serait l’aboutissement d’un travail pour moi. Quand tu reçois un disque d’or, c’est là que tu te rends compte du parcours que tu as effectué. J’avais déjà eu un disque d’or grâce à 13’Organisé. Il est posé chez mon père. Et même si c’est Jul qui a fait tout le taff, il y a quand-même mon nom dessus. C’est quand-même lourd ! 

Photo en une : © David Delaplace. 

 

Sysa, Nueve, (17 titres)=1. Nueve, 2. Tripoli, 3. Billet violet, 4. Hostile, 5. Cinco, 6. Là-haut (feat Jul), 7. PGP, 8. J’ai mal, 9. En bas, 10. Organisé, 11. Maléfique, 12. Mexico, 13. Génération (feat Le Rat Luciano), 14. Guérilla, 15. Un jour on m’aura, 16. Destinée, 17. Lettre à un frère. 

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Kevin Sonsa-Kini

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