Musique

Expérimental : Stephen O’Malley à Mains d’Oeuvre le 18 mai

07 mai 2011 | PAR Mikaël Faujour

L’un des grands noms des musiques expérimentales et déviantes est de passage à Mains d’Œuvres. Les « initiés » et fans notamment de Sunn O))) ne rateront pas l’occase ; les autres continueront à s’en foutre… La soirée sera aussi l’occasion de découvrir Barn Owl, groupe à la confluence du drone et du post rock, ainsi que Jefre Cantu-Ledesma dont la musique ambiante tient du shoegaze et du noise.

Actif depuis plus de quinze ans au sein d’une foultitude de projets, Stephen O’Malley est principalement connu pour Burning Witch et pour Sunn O))) (cf. live report de 2010). Ce dernier – toujours en activité, et dont le dernier album Monoliths & Dimensions en 2009 apparaît comme un classique des musiques expérimentales du nouveau millénaire – a été formé avec Greg Anderson, avec qui il jouait déjà dans Burning Witch.

Très, très, très actif, tout comme son complice et alter ego Greg Anderson, Stephen O’Malley est impliqué dans un nombre de projets musicaux qu’on peinerait à calculer, mais qui le plus souvent se caractérisent par l’absence de rythme, une extrême pesanteur, et quelque chose d’hostile, d’abrasif. Il s’agit souvent de musique « ambiante », mais d’un ambient bien particulier, qui évoque bien moins Brian Eno que les atmosphères insanes et glaciales de Throbbing Gristle, de Coil ou du label suédois Cold Meat Industry. Intense et déroutant, parfois remarquable et parfois plus poussif, le son que développe « SOMA » dans ses divers projets (KTL, Æthenor, Stephen O’Malley & Z’ev…) a quelque chose d’une bande originale d’un film à imaginer, film qu’on imaginerait volontiers surréaliste, bizarre et dingue, comme Eraserhead.

Les curieux qui méconnaîtraient ses travaux en solo peuvent jeter une oreille à son MySpace. Il s’agit bien évidemment d’une musique pour une audience très avertie, qui est ouvert à une acception de la musique comme atmosphère et non comme mélodie et rythme, c’est-à-dire à un rapport actif et imaginatif plutôt qu’une immédiate séduction.

Moins connus – encore que le mot « connu » reste de toute évidence très relativisable – que « SOMA », ses compatriotes américains de Barn Owl et de Jefre Cantu-Ledesma devraient consolider la cohérence de l’affiche. Les premiers évoluent dans des formats longs aux atmosphères moins tendues, semble-t-il, entre drone et post rock, pas si éloignés de Earth ou de Nadja, par exemple (MySpace de Barn Owl). Le second est dans un registre bruitiste et atmosphérique, évoquant aussi bien Jesu, que Sigur Rós ou My Bloody Valentine, voire le Radiohead le plus planant de Kid A passé à la moulinette noise (cf. MySpace). D’ailleurs, un de ses morceaux s’intitule… « Where You End And I Begin », référence assez évidente au « Where I End And You Begin » de la bande à Thom Yorke.

 

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Mikaël Faujour

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