Musique

Sexy Sushi : de l’electro punk dadaïste à l’Alhambra

02 novembre 2009 | PAR Mikaël Faujour

Le duo le plus dada et déglingo de la planète electro-punk sera en concert à l’Alhambra le 12 décembre. À ne pas rater !

Champions de l’électro minimaliste aux relents 80s et au fort esprit ponque, Sexy Sushi est une sorte de croisement de parfait mauvais goût entre Laid Back (« White Horse »), la musique de jeux vidéos des années 80 et Peaches. Ou, peut-être plus précisément, un hybride de Suicide,  de Tristan Tzara, de Didier Super et de Métal Urbain (pour l’humour sans limite de politiquement correct).

D’un humour pince-sans-rire et d’une voix presque désincarnée (à la façon du « Le 20.04.2005 » de Katerine : « Marine Le Pen, nan nan », etc.), Rebeka Warrior déroule ses comptines déglinguées – et parfois foncièrement absurdes – sur les sonorités synthétiques minimalistes.

Ça sent le cul (« Le sex appeal de la policière / me fait mouiller devant, derrière »), l’alcool – au volant – et le vomi (« Princesse voiture », « Fautkjaretdeboire ») et la mort (l’hilarant « Cheval », « Joli caveau »… titre qui en dit long sur l’inspiration… inhabituelle de Sexy Sushi). Il faut écouter Marre marre marre, leur premier album paru en 2008 pour comprendre à quoi on a affaire : à un plaisir régressif et déviant de danse primitive et de paroles en façon de cacaboudin-fuck-you-bitch.

Le deuxième album du groupe, Tu l’as bien mérité, est sorti au mois de mai. Il prolonge le délire. La musique se pique par instants d’imiter les pires horreurs de techno pour fête foraine et compilations de tuning ; et Rebeka Warrior dézingue à tout va, parodiant Sefyu et Johnny sur « Tu dégages » (« S-sss-sss » et le refrain « Allumer le feu »), puis Johnny à nouveau sur « L’idoles des connes » où elle flingue aussi Carla Bruni. C’est aussi Rachida Dati qui déguste ( « A bien regarder / Rachida ») sur un morceau où la chanteuse semble singer les intonations traînantes du chanteur « engagé » Damien Saez.

En somme, le grand rire insolent de Sexy Sushi est une bénédiction dans une époque abjecte où l’on prend pour une journaliste Arlette Chabot et où l’on tient pour de bons écrivains des Christine Angot et des Frédéric Beigbeder. Punk ain’t dead. Et y’a pas que The Exploited et autres crêteux pour le clamer.

Alhambra, 21 rue Yves Toudic, Paris Xe
12 décembre, 20€

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Mikaël Faujour

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