Musique

Rock en Seine, soir 3 : live report du Final

30 août 2010 | PAR Yaël Hirsch

La huitième édition de Rock en Seine s’est terminée hier, dimanche 29 août par le feu d’artifice Arcade Fire et quelques gouttes de pluie. Carton plein pour le festival, rempli quinze jours avant son ouverture, et où, en l’absence d’Oasis et de Amy Winehouse, tous les concerts ont eu lieu pile à l’heure, pour le plus grand bonheur du public.

Notre dernier jour de Rock en Seine s’est ouvert sur la musique psyché et envoûtante des Black Angels.

Nous avons continué sur le grand show des mythiques Eels, qui viennent de sortir un 9 e album, « Tomorrow morning » (Vagrant Records) de derrière leur élégante barbe. Pour Rock en Seine, le compositeur, auteur, interprète, chanteur et multi-instrumentaliste Mark Oliver Everett, alias « E » a poussé son répertoire du côté joyeux de la force, offrant au public du ska, des « lala » et presque du be-bop. Un véritable phénomène sur la grande scène.

Sur la scène de la cascade, le séduisant Wayne Beckford, compositeur de hits notamment pour les Black Eyed Peas et Gnarls Barkley, est venu défendre son album solo, sorti en avril dernier : Alpha Omega (Believe/EMI). La sympathique ambiance crooner et rétro soul n’était cependant pas à la hauteur du reste du festival, et Beckford a beau être un merveilleux animateur de plateau, sa musique n’a pas suffi à emporter l’adhésion du public. Et sa voix avait tendance à fâcheusement déraper sur ses reprises.

Heureusement, une voix phénoménale s’est élevée sur la scène de l’Industrie : éduquée – comme Corinne Bailey Rae et tant d’autres- sur les bancs gospel de l’église, Rox est apparue sous un petit bibi, en longue chemise puritaine, mais … sans rien dessous. Si la musique, entre Amy Winehouse et Lauryn Hill, reste un brin marketée, rest ce grain de voix puissant et miraculeux, et le corps dansant de la star montante semblant ne faire qu’un avec cette voix. Rox a réussi à envoûter son public!

Au même moment, sur la grande scène, Beirut menait une fanfare internationale, la voix presque celtique de l’américain Zach Condon se mêlant aux sons des trompettes et de l’accordéon. Bien plus que du folk ou de la world, une âme qui donne envie de prendre corps pour danser.

A 19h50, le duo anglais qui nous a le plus fait danser cette année : les Tings Tings est entré sur scène. Tout de rouge vêtus, et malgré un gros coup de froid apparent pour la chanteuse, Jules De Martino et Katie White ont donné le maximum, envoyant immédiatement leurs plus grands tubes de leur premier album « We Started Nothing » (Columbia) avant d’essayer sur le public 5 titres du disque à venir et enregistré à Berlin : « Kunst » (dont le premier moreau, « Hands » est actuellement en écoute sur le myspace du groupe. En servant un véritable show blindé d’énergie et même de mise en scène au public de Rock en Seine, les deux petits génie de Leigh ont prouvé que même un groupe « pop » pouvait avoir une attitude carrément rock (voir notre live report).

Après ce joyeux moment de danse, le rendez-vous incontournable était à la scène de la Cascade : les Roxy Music, créés au début des années 1970 par Bryan Ferry et Brian Eno et reformé au début des années 2000 est venu interpréter son rock mythique. L’énergie est toujours là, relevée d’un soupçon d’art vidéo. A la reprise du tube « Jealous guy » les festivaliers les plus âgés pleuraient presque d’émotion.

Le festival s’est fini comme il se doit, par la féérie rock des Arcade Fire, sur-acclamés par leur public massé tout autour de la grande scène, et résistant à la pluie battant pour entendre leurs idoles. (voir notre live report).

Nous sommes repartis trempés, fourbus mais ravis, des étoiles dans les yeux et les oreilles, et des listes entières de titres à (ré)écouter dans la tête, de cette extraordinaire édition 2010 de Rock en Seine…

Avec 105 000 visiteurs en trois jours, la 8e Rock en Seine a été un grand succès. Les places pour la 9 e édition qui aura lieu en août prochain sont en vente dès ce matin sur le site du festival au même prix que l’an dernier (45 euros pass 1 jour, 99 euros pass 3 jours). A réserver vite, mais peut être quand le programme sera sorti…

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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