Musique
Rock : Dans la série des incontournables : Nebraska de Springsteen 20.09.82

Rock : Dans la série des incontournables : Nebraska de Springsteen 20.09.82

10 octobre 2012 | PAR Arnaud Berreby

Il y a trente ans, quasiment jour pour jour, sortait l’album Nebraska de Bruce Springsteen, faisant suite à The river,immense succès paru deux années plus tôt .

Qui n’a pas mouillé ses liquettes sur « hungry heart » ce cœur avide d’amour, hymne à la joie ultime  s’il en est, à la rythmique proéminente, chœurs fifties, mélodie entêtante ?

Le clip de Hungry Hear : ici.

Bruce avait coutume de dire « Elvis Presley a  libéré nos corps et Bob Dylan nos esprits »

Sur  The river c ‘est le corps qui prend les choses en mains, s ‘affranchissant  du puritanisme américain, cette  hypocrisie à deux dollars qui fit plus de morts qu’une pandémie de chaude-pisse !

Sur Nebraska la parole est au côté dylanien de Springsteen : l ‘(les)esprit(s) occupe(nt) l’ espace.

L ‘artiste y joue de la guitare et de l’harmonica exclusivement, sans la participation du E street band, son groupe. Les chansons sont intimistes, elles nous parlent de ses concitoyens  brisés par un monde qui les dépasse, livrés aux affres de la pauvreté, conduisant des voitures cabossées comme leur morne existence : le titre Atlantic city nous met dans l’ambiance

Le clip d’Atlantic city ici.

Très loin du rêve américain.

Bruce  nous parle aussi de lui , de son père , de leurs relations difficiles à travers une chanson allégorique  « My father ‘s house »

Le clip de My father’s house ici.

Pour ceux qui pensent encore (mais pensent-ils vraiment ?) que le Rock se résume à trois accords de guitare joués  en mode majeur sur des paroles insipides lisez donc ceci extrait du titre sus cité: « la maison de mon père brille  de tous ses feux

Les branches et les ronces ont déchiré mes vêtements  et égratigné mes bras

Mais j’ai couru jusqu’à ce que je tombe, tremblant dans ses bras

Et j’ai repensé aux tristes souvenirs qui nous avaient éloignés l’un de l’autre

Mais je jure, monsieur, je le jure que plus rien dorénavant ne nous séparera »

 

Enfin, pour la petite histoire, la première version acoustique de « Born in the USA », méga-hit de l’album qui succédera à Nebraska, faisait partie de ces chansons interprétées en mode guitare-voix. Au dernier moment, elle fut écartée de l’album et sera donc éditée deux années plus tard dans une orchestration bien différente.

Cette chanson fut la victime d’un grand malentendu que vécut très mal Springsteen.

Elle évoquait le retour à la maison d’un vétéran du Vietnam que personne n’attendait ni ne fêtait, lui aussi victime de cette guerre si impopulaire.

Le parti républicain, au grand dam du Boss, reprit ce titre pour illustrer le clip de la campagne électorale de Ronald Reagan en 1984.

Regardez le clip de Born in the USA :  ici.

 

Rendez-vous de temps en temps dans le Nebraska de Springsteen, vous y découvrirez un artiste tout en retenue, très attachant dans une formule acoustique qu’il reprendra avec bonheur quelques années plus tard avec l’album «The ghost of Tom Joad » inspiré des Raisins de la colère de Steinbeck.

Entendez-vous quelque part derrière vous les pas du fantôme de Tom Joad ?

D’après vous, qui de vous deux est le plus inquiet ?

Regardez le clip The Ghost of Tom Joad ici.

 

Arnaud Berreby

 

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