Musique

Robert King nous offre une ballade hors du temps avec le Messie de Haendel à Versailles

Robert King nous offre une ballade hors du temps avec le Messie de Haendel à Versailles

15 juillet 2012 | PAR La Rédaction

Après Vivaldi en 2011, le grand rendez vous des amoureux de la musique baroque met cette année Georg Friedrich Haendel à l’honneur. Dans un hommage aussi bien visuel que sonore, Versailles propose une fastueuse programmation : cinq opéras en version de concert, quatre oratorios, trois galas virtuoses et le spectacle sublime des feux d’artifices royaux.

De l’immense production du compositeur et parmi ses nombreux oratorios, le Messie reste le chef d’œuvre incontestable du genre. C’est avec enchantement que l’on survole successivement les trois parties de l’histoire du Christ : la nativité, la Passion et la Résurrection, enfin la rédemption. Haendel y développa une théâtralisation tout en musicalité, permettant de mettre en exergue le caractère dramatique du texte, dans la continuité de ce qu’il avait entrepris avec Saul.

Qui mieux que Robert King pouvait nous faire voyager à travers le passé glorieux et grandiose du baroque ? Lui, le fondateur de l’orchestre The King Consort (spécialiste de la période et s’étant illustré par les interprétations de Bach ou de Vivaldi notamment), et qui a dirigé et enregistré la majorité des œuvres d’Haendel. Toujours dans le respect de la plus belle tradition anglaise. Cette expérience est palpable à travers sa manière de mener l’orchestre, transcendé et même possédé par la beauté d’une telle composition. Il semble en terrain bien connu, même loin de ses terres britanniques natales, tant il se laisse imprégner par la mélodie. A l’occasion de la représentation, c’est lui « le Messie », annonçant la résurrection d’un Haendel plus vivant que jamais.

Et c’est sans compter sur la voix enchanteresse du Ténor (Joshua Elliott) qui nous transporte à travers les vestiges d’un rayonnement lointain avec grâce et mélancolie.

Mais durant ce concert, l’atmosphère conférée par un Versailles qui rayonne aux sons des trompettes, des hautbois et du « Choir Voice » compte pour beaucoup. L’œuvre biblique et la chapelle royale – ses dorures, ses peintures murales et ses vitraux flamboyants– s’accordent avec une harmonie quasi-céleste. La musique dialogue avec l’histoire du lieu et les murs de la demeure semblent lui répondre avec écho. C’est ainsi que le symbole de la royauté française fait office de palais idéal pour faire revivre les airs de celui qui s’imposa comme le compositeur des têtes couronnées (Frédéric Ier, George I et II).

A la fois retour sur l’œuvre d’un compositeur qui marqua le 20ème siècle mais aussi réaffirmation d’une épopée lyrique/biblique qui ne s’éteint jamais, c’est dans le prolongement que s’inscrit cette orchestration de Robert King.

Car l’histoire d’Haendel, c’est avant tout celle d’un voyage géographique (qui commença en Allemagne, se poursuivit en Italie pour se finir en Angleterre). C’est aussi ici, dans la chapelle royale de Versailles, un voyage intemporel.

Le Messie de Georg Friedrich Haendel, Julia Doyle Soprano, The King’s Consort, Direction Robert King, solistes : Diana Moore (Alto), Joshua Ellicott (Tenor), David Wilson-Johnson (Basse), Choir of The King’s Consort.

Photo : © 2012 Château de Versailles Spectacles

Ruben Moutot.

Un jeune se tue de Christophe Honoré : un accident de mauvais goût
Le porteur d’histoire, le récit se fait héros au Off d’Avignon
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *