Musique

Retour sur le live magnétique de Fishbach au Bataclan

Retour sur le live magnétique de Fishbach au Bataclan

30 octobre 2017 | PAR Victoire Chabert

Dans la soirée du vendredi 27 octobre, la magnétique Fishbach était en live sur la scène du Bataclan à Paris.

Révélée avec l’intense single « Mortel », Fishbach impose d’emblée son chant particulier, à la fois surprenant et familier. Depuis ce premier EP, en novembre 2015, la demoiselle fait l’objet d’une attention soutenue. Lauréate des Inouïs du Printemps de Bourges et du Fair, chargée par les Transmusicales de leur création annuelle en 2016, elle sort début 2017 son premier album « À Ta Merci », qui révèle son talent hors norme. Intrigante jusqu’à en être dérangeante, singulière, androgyne et exaltée, la chanteuse Fishbach recèle un potentiel énorme, appuyé par de sidérantes apparitions scéniques. Récompensée au Prix des Indés il y a deux semaines, elle était sur la scène du Bataclan hier soir. Fishbach est partout, et partout elle trouble.

Dans une époque où la pop s’acharne à être raisonnable et sérieuse, Fishbach ose le bizarre et l’insolite, mais sans jamais perdre de vue les évidences de la séduction mélodique ou la clarté des sentiments. Et c’est encore plus saisissant en live! Chanteuse punk à ses débuts, cela s’entend dans chaque soupir de sa voix rauque et miraculeusement sensuelle, dans chaque refrain de son electro-pop. Sur scène, elle joue les séductrices sauvages avec « Un autre que moi ». Regards appuyés et discours elliptiques, elle entretient la distance avec maîtrise. On observe que chaque musicien a un rôle différent en fonction du morceau, tout comme elle. Ils fixent des ambiances et des décors pour appuyer les thèmes des titres. La voix de Fishbach varie entre refrains puissants et paroles parfois plus douces pour répondre aux sentiments exprimés dans ses textes. Elle nous offre une jolie performance, entre voix grave, déhanché suave et force de caractère. Avec sa guitare aux effets anachroniques, elle chante les amours déçues dans « À ta merci » ou « Y crois-tu », les ruptures, les illusions perdues et la disparition dans « On me dit tu » ou ‘Eternité ». Chacun des morceaux qu’elle interprète a une âme. Tout est juste, et prend aux tripes dans un délicieux mélange d’émotions et d’influences 80’s.

C’est brutal, incarné, viscéral ! Ses charmes n’appartiennent qu’a elle et suscitent d’étranges sensations. Flora Fischbach, 26 ans, est impressionnante de maîtrise sur scène. Ses chansons ont du caractère et nous arrivent droit au cœur avec une puissance rare !

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Victoire Chabert

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