Classique

Retour sur le festival Classique au vert

Retour sur le festival Classique au vert

05 septembre 2019 | PAR Victoria Okada

Le Festival Classique au Vert, au Parc Floral de Paris, s’est refermé le 1er septembre après 8 concerts en 4 week-ends. Du grand répertoire de la musique classique jusqu’à des arrangement du folklore et du jazz, déclinés en solo, duo, trio, quatuor et un orchestre avec soliste, chaque rendez-vous était une réussite totale.

Cette première édition sous la direction artistique de Julien Kieffer mettait en lumière des jeunes interprètes pleinement lancés dans leurs carrières : Trio Karénine, Thomas Enhco (piano), Vassilena Serafimova (marimba), Emmanuel Rossefelder (guitare), Victor Villena (bandonéon), Valentine Lemercier (mezzo-soprano), Adam Laloum (piano), Victor Julien-Laferrière (violoncelle), Théo Fouchenneret (piano). D’autres, comme le Quatuor Modigliani, François Salque (violoncelle), Vincent Peirani (accordéon) et Geneviève Laurenceau (violon) sont des représentants de l’excellence française sur le plan international.

Le 11 août, Thomas Enhco et Vassilena Serafimova ont séduit le public avec leur programme éclectique qui va d’un concerto de Mozart au jazz. Leur manière d’être sur la scène, à la fois énergique et décontractée, détend toujours l’atmosphère, d’autant qu’ils prennent naturellement paroles pour commenter ou présenter des pièces qu’ils jouent. Le dynamisme du jeu de Serafimova, aux pieds nus pour favoriser les mouvements, et l’esprit totalement absorbé d’Enhco créent une joyeuse alchimie qui enchante l’auditoire.

Le même enchantement opère au cours du récital d’Adam Laloum (24 août), avec des œuvres de trois compositeurs germaniques, Beethoven (Sonate n° 28), Schumann (Kreisleriana) et Schubert (Sonate n° 20). Ce type de programme, très exigeant, se donne habituellement dans une salle à une acoustique dédiée, mais la sonorisation nécessaire pour le plein air est si bien rendue qu’on oublie que le son est amplifié. Ainsi, de nombreuses nuances subtiles que le pianiste soigne particulièrement se transmettent parfaitement, permettant aux mélomanes les plus avertis de l’assistance d’apprécier et de goûter pleinement les expressions poétiques et profondes du pianiste.

Victor Julien-Laferrière, premier lauréat du prestigieux Concours international Reine Elisabeth en 2017, vient avec Théo Fouchenneret, premier prix ex æquo à tout aussi prestigieux Concours international de piano de Genève en 2018 (25 août). Les deux personnalités musicales fortes sont en osmose, que ce soit dans les deux grandes sonates de Mendelssohn et de Grieg, que dans les courtes pièces de la Suite italienne de Stravinsky. La sonorité ample du violoncelle (la sonorisation des cordes est moins bien rendue que celle du piano) dialogue avec la virtuosité du pianiste — la virtuosité qui n’en a absolument pas l’air tellement son jeu est naturel —, tour à tour en chuchotant, en affirmant, en s’assurant ou en se soutenant… Après le concert, une rencontre avec le violoncelliste a été proposée, suivi d’une écoute en entier d’un concerto de Chostakovitch sur l’herbe ou sur un transat, pour prolonger un moment de convivialité.

Notre dernier concert était celui du Quatuor Modigliani (31 août) avec, au programme, Haydn (Les Quintes), Debussy et Dvorak (l’Américain). Des coups de vent viennent de temps à autres tourner involontairement des pages de partition, et des cris d’oies et d’autres oiseaux, assez fort ce jour-là, participent au concert. C’est en effet une autre particularité du Festival : les bruits environnementaux font partie de la musique ! Les interprétations sont très dynamiques ; même dans le mouvement lent du quatuor de Debussy que l’on écoute souvent dans un profond état de méditation, leurs archets sont vifs et toniques, proposant ainsi une vision rafraîchissante.

Chacun des 8 concerts a fait plein, ceux qui n’ont pas trouvé leur place sous le toit de la Scène Delta étaient allongés sur la pelouse autour, sans compter la très longue queue qui se formait avant l’ouverture de la scène. Avec un tel engouement, et avec un public aussi varié (famille avec jeunes enfants, jeunes couples, groupes d’amis mélomanes, personnes âgées, randonneurs et promeneurs, ceux qui sont venus avec leur pique-nique…), le succès de la prochaine édition sera bien assuré.

photos © Hélène Nguyen

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