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Rencontre avec Alex Beaupain pour la sortie de « Pourquoi battait mon coeur »

Rencontre avec Alex Beaupain pour la sortie de « Pourquoi battait mon coeur »

15 avril 2011 | PAR Lea Iribarnegaray

C’est dans le charmant hôtel Arvor, situé dans le quartier Saint Georges de Paris, qu’Alex Beaupain nous a reçu pour parler de son troisième album. « Pourquoi battait mon cœur » symbolise à la fois sa griffe et ses envies nouvelles, sa sensibilité et ses engagements…

Votre album s’intitule « Pourquoi battait mon cœur », alors pourquoi ?

D’abord pour des raisons privées que je n’évoquerai pas ici, j’en parle assez dans mes chansons sans avoir à m’étaler ! Plus globalement, cette année mon cœur bat beaucoup pour la musique. C’est un vrai pari, une vraie aventure de sortir un troisième album mais c’est aussi une idée assez enthousiasmante… J’aime aussi faire des rencontres, comme celle avec Christophe Honoré. Je ne me sens jamais blasé mais plutôt niais, voire un peu émerveillé.

Comment s’est construit ce troisième album ?

Quand il s’agit de faire mes albums à moi, j’écris les chansons au fur et à mesure. Je ne me mets pas d’un coup à une table pour écrire. J’écris quand j’en ai envie, quand c’est moi qui le décide – et ça change de mes projets de musique de films !

Pour cet album, j’avais deux idées, deux directions. La première était d’essayer de sortir du format ballade que j’ai toujours abordé. J’ai ainsi décidé de travailler avec le réalisateur Jean-Philippe Verdin – fraichement débarqué du monde électro – pour voir si des chansons plus « up tempo », plus « dansantes », pouvaient fonctionner avec ce que j’avais envie de raconter. La seconde concerne les textes. J’ai écrit beaucoup de chansons de l’ordre de l’autobiographie, de l’intime, du deuil. Pour cet album, j’ai fait en sorte que personne ne meure. J’ai choisi d’ouvrir mes thématiques et d’aborder autre chose, tout en restant dans la chanson d’amour.

L’album reste empreint d’une certaine mélancolie qui me caractérise naturellement.

Rassurez-nous, après avoir composé plusieurs bandes originales pour Christophe Honoré, vous n’allez pas laisser de côté votre collaboration avec le cinéma ?

Pas du tout ! Je viens d’écrire quatorze chansons pour le nouveau film de Christophe Honoré. La sortie est prévue pour la fin du mois d’août et cela sera à nouveau une comédie musicale. Si d’autres réalisateurs me proposent d’écrire la musique de leur film, c’est toujours quelque chose dont j’ai besoin. Je ne pourrais pas être uniquement chanteur, d’abord parce que je ne gagnerais pas ma vie et parce que c’est ennuyeux ! On ne travaille pas tant que ça lorsqu’on est uniquement chanteur : on sort un album de douze chansons tous les deux ans, on reste deux mois en studio, on fait une petite tournée et quelques concerts… Ça ne me suffit pas !

Comment vous situez-vous dans la veine des chanteurs à textes ?

Parce que je suis un chanteur à textes ? Bon, d’accord, tant mieux ! J’ai raté la vague de la « nouvelle scène française » avec Vincent Delerme, Bénabar, etc. Je me sentais assez loin de ce qu’ils proposaient. Cependant, lorsque Benjamin Biolay a sorti son premier album, je me reconnu dans l’idée qu’il pouvait se faire d’une chanson adulte, à textes, avec une musique plus arrangée, plus orchestrale, plus pop. Je me rapproche plutôt de la vague de Joseph D’Anvers, Florent Marchais et la formidable L. Ça ne veut pas dire non plus qu’on fait tous la même chose, j’espère qu’on garde chacun notre personnalité !

Vous interprétez « Avant la haine » avec la chanteuse Camélia Jordana, ancienne candidate de la Nouvelle Star. Que pensez-vous de ces émissions de télé réalité souvent décriées ?

C’est drôle, je l’ai croisée hier Camélia ! Je ne pense aucun mal de cette télé réalité, j’aime bien regarder la Nouvelle Star, ça m’amuse. Pendant l’émission, je n’avais pas particulièrement remarqué Camélia. Cependant, lorsqu’elle a sorti son premier album, j’ai été bluffé par quelques titres à l’image de « Calamity Jane ». A 18ans, elle est allée chercher des auteurs pointus avec une voix incroyable.

La chanson « Avant la haine » existait déjà dans un film de Christophe Honoré et j’ai toujours voulu réaliser ma propre version de cette chanson que j’adore. Il me fallait trouver un duo différent. Avec Camélia, on sort du schéma garçon-fille dans lequel la fille est évaporée, fragile. Elle a pris une position forte avec une voix très affirmée, et face à elle j’ai pu endosser le rôle de la douceur.

Il paraîtrait que, dans cet album, vous refusez « poliment » la chanson engagée. C’est-à-dire ?

Le titre « Au départ » évoque le parcours de la gauche au pouvoir de 1981 à 2002. Comme une histoire d’amour, la politique commence par un immense espoir et se termine par la cohabitation. Néanmoins, la chanson frontalement engagée ou militante m’a toujours effrayé. Très souvent, je trouve ça caricatural. Certains genres s’y prêtent plus ou moins : le rock ou le rap sont des musiques beaucoup plus frontales par exemple.

Cependant, j’avais envie de parler de choses plus politiques ou sociétales avec, notamment, le titre « Je réponds toi ». Par le biais de la chanson d’amour, je crois avoir réussi à parler de ces thèmes-là, sans que cela ne devienne une chanson « engagée ». Mon but n’est pas d’encourager les gens à faire quelque chose, moi je dis seulement mon dégout de certaines valeurs ou ma désillusion vis-à-vis de certaines aventures politiques.

Originaire de Besançon, vous avez débarqué à Paris à l’âge de 17ans. Auriez-vous un lieu fétiche parisien ?

J’habite Rue des Abesses, dans un quartier très parisien, trop parisien même. Dans cette rue, j’aime manger des plateaux de fruits de mer dans une grande brasserie à l’ancienne qui s’appelle La Mascotte. Je crois que c’est mon plat préféré au monde !

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Lea Iribarnegaray

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