Rap / Hip-Hop

[Live-Report] Aloïse Sauvage au Paris Music Festival

[Live-Report] Aloïse Sauvage au Paris Music Festival

19 mars 2018 | PAR Pierre Marcieu

Comme toujours avec le Paris Music Festival, les concerts investissent des lieux insolites. Dans le hall de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, ou ne résonnent traditionnellement que les chuchotements des chercheurs en quête d’ouvrages et d’archives, s’est tenu le concert d’Aloïse Sauvage. De la course effrénée du festival, qui nous a fait traverser tout Paris à plusieurs reprises pour enchaîner concerts et showcase, elle est l’artiste que nous retiendrons.

Inclassable et inclassée, c’est, il semblerait, l’étiquette en creux qui correspond le mieux à cette actrice / comédienne / circassienne / rappeuse / danseuse / musicienne (ne rayez aucune mention). Les cases, ça rassure, c’est ordonné, c’est bien rangé, mais le problème des cases ça reste d’en sortir. Aloïse Sauvage c’est pour nous l’actrice de 120 battements par minute, c’est aussi parfois une danseuse contemporaine. Ce soir ce sera la musicienne que nous écouterons… enfin presque, parce que dans sa musique se retrouvent sa capacité et son envie de raconter des histoires intenses et intimes. Ces histoires elle les raconte aussi avec le corps, dans des improvisations dansées qui sont tantôt abstraites, tantôt narratives. Sa présence scénique, son jeu avec le public, son naturel, sa générosité, tout n’est que le résultat composite de la multiplicité de ses identités artistiques. Finalement elle rentre peut-être dans les cases, mais pour mieux en exploser les parois.

Nous sommes une petite centaine dans le hall, quand Aloïse Sauvage y pénètre pour monter sur la mezzanine. Elle nous confie que maintenant qu’elle nous voit d’en haut, elle doute que son idée ait été la meilleure. Après une brève introduction, elle démarre son premier titre. En tout sa prestation se composera de six morceaux dont un freestyle, originalement nommé « sans titre ». Chacun de ses titres est donné avec une fraîcheur et une implication impressionnante. Les improvisations dansées ne sont que rarement des freins à la voix qui se pose dans cette tonalité d’un grave enivrant. Sa diction précise ne mâche pas les textes dont les allitérations et les assonances sont des éléments primordiaux de la musicalité de son style. Si elle avoue devoir bosser les transitions, elle les comble naturellement en parlant de son ressenti, du morceau ou en cherchant à interpeller quelques personnes du public, avec un certain sens de la répartie qui lui permet rapidement de se mettre dans la poche tout l’auditoire, même le personnel de la bibliothèque.

Six morceaux c’est peu, mais « je suis un bébé dans la musique » nous avoue-t-elle, alors on l’excuse et on remballe notre frustration qui aurait voulu que ça continue. En attendant, nous sommes impatients que le « bébé » au bagage et à la prestance déjà impressionnants, sorte un album et refasse des concerts, car nous la suivrons avec attention.

Visuel : autorisation label
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Pierre Marcieu

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