Rap / Hip-Hop

Gaël Faye à Pleyel, « Vivez le moment, maintenant, avec nous ». Pari gagné.

Gaël Faye à Pleyel, « Vivez le moment, maintenant, avec nous ». Pari gagné.

19 mai 2018 | PAR La Rédaction

Dès le début de son concert salle Pleyel (Paris), archicomble, Gaël Faye prévient, « vivez le moment maintenant avec nous, que vous ayez réservé les places depuis des mois, ou peut-être que vous ne me connaissiez pas encore, vivez ce moment maintenant ! ». Et c’est bien ce que le public a fait durant les deux heures qui ont suivi. Dès sa cinquième chanson, tout le monde est debout, pour faire de ce lieu – dédié il n’y a encore pas si longtemps à la musique classique -, un véritable « brasier », comme le chanteur le souhaitait.

Pour certains, venus suite à la lecture son livre, et pour d’autres, par passion pour ces chansons, tout le monde semblait comme transporter par les histoires autobiographiques racontées par cet artiste à l’histoire singulière.
Gaël Faye, né en 1982 au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français, s’installe en France avec sa famille en 1995, fuyant le génocide des Tutsis au Rwanda. Il poursuit des études dans une école de commerce et séjourne à Londres pour un fonds d’investissement, qu’il quitte pour se lancer dans la musique. En 2013, il publie son premier album solo, « Pili pili sur un croissant au beurre ». En août 2016, Gaël Faye publie chez Grasset, un premier roman, « Petit pays », Prix Goncourt des lycéens, et traduit dans une quarantaine de pays. En avril 2017, il sort son nouveau EP « Rythmes et botanique », un CD 5 titres, qui le fait connaître d’un plus large public..

A Pleyel, quelle ambiance ! Mélange de Stromae pour son physique et ses chorégraphies, et rappelant de Brel avec ses grands bras, difficile d’imaginer une telle présence avant de le voir sur scène, tellement ses interventions sur les plateaux télé donnaient une image de lui faite de tranquillité et d’humilité. Tout la salle est enflammée, dès qu’il s’exclame, « vous êtes toutes et tous des filles et des fils du hip hop », bouge, danse et boxe, et propose un peu plus tard un « hakka » amoureux.

Egrénant ses titres phares (« Irruption », « Tôt le matin », « A trop courir », « Métis »…), il y a une ambiance de feu, avec une scénographie déjà bien huilée, et des invités surprise, comme Faada Freddy et Ena-N, qui sont de la fête, accompagnés de Guillaume Poncelet au piano et trompette, Louxor aux machines et d’un orchestre en tenue de footballeurs américains.

Rappeur et slameur, Gaël Faye est surtout un grand poète. Maintenant on sait aussi qu’il est une bête de scène.

Par Jean Emmanuel P

Visuels : Jean Emmanuel P

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La Rédaction

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