Rap / Hip-Hop

Aaron Cohen, le nouveau chouchou du rap américain

Aaron Cohen, le nouveau chouchou du rap américain

17 avril 2018 | PAR Sarah Dray

Dans le cadre du Festival Chorus à la Seine Musicale, nous avons eu la chance de rencontrer Aaron Cohen, le nouveau chouchou du rap américain. Aaron vient de Seattle et rappe depuis plusieurs années déjà. Il commence à être connu et reconnu sur la scène internationale. Mélangeant lyrics sur son électronique, Aaron Cohen apporte au rap un souffle de modernité et de renouveau. Il nous a confié ce qu’il aime dans la musique et nous en a dit plus sur son processus créatif.

Quand et comment a commencé votre histoire avec le public français ?

Il y a quelques années, j’ai sorti mes premiers morceaux. Après ça, j’ai eu un mail me demandant de jouer au B-street festival à Paris. Je n’avais pas beaucoup de fan, mais le petit frère du fondateur du festival, était mon plus grand fan. Donc ils m’ont fait venir et j’ai été interviewé dans leur magazine. Après ça j’ai commencé à passer sur OFIVE TV, et un jour il y a eu un problème sur OFIVE TV et mon clip est passé pendant trois jours d’affilés. J’ai eu de la chance sur ce coup.

Pensez-vous avoir une connexion particulière avec le public français ?

Je pense oui. Je pense qu’il comprend bien mon style et j’aime l’interaction que nous avons. Je pense que la plupart des rappeurs américains qui se produisent ici sont arrogants, et les français aiment que je ne sois pas comme ça.

Parlez-vous français ?

Non. Je peux juste commander un café. Mais j’aime beaucoup Paris, la ville est belle, la nourriture est bonne, les filles sont cool, la langue est cool…

Ecoutez-vous de la musique française ?

Parfois on me parle de certaines choses et j’écoute. Et je connais les plus connus : Booba, Nekfeu, Mc Solaar, NTM… mais j’écoute essentiellement du rap américain, un peu de rap anglais aussi.

Quelles sont vos influences ?

J’ai l’impression d’en avoir une tonne. J’aime le rap surréel, l’absurde comme MF Doom ou Ghostface… mais j’aime aussi le rap mélodique comme Schoolboy Q et Kid Cudy. J’aime Kanye. J’aime des styles de rap différents, mais j’aime quand c’est musical, pas juste rappé.

Ecoutez-vous autre chose que du rap ou du hip hop ?

Oui j’écoute du RnB. J’écoute de la musique électronique, et aussi quelques groupes indépendants. Quand j’étais enfant j’écoutais du grunge, des groupes de Seattle, de là d’où je viens.

Que pensez-vous de la place des femmes dans le rap et du fait qu’elles soient beaucoup moins nombreuses ?

C’est de la discrimination, probablement pas de la discrimination directe mais c’est probablement les mêmes raisons qui font qu’on a toujours pas eu de femme présidente. Etre rappeur c’est être compétitif et dire qu’on est le meilleur, les hommes sont probablement intimidé et ne veulent pas entendre ça de la part d’une femme.

Pensez-vous que les choses vont changer après le mouvement #metoo comme c’est le cas dans l’industrie du cinéma ou dans les entreprises ?

J’espère mais je ne sais pas si ça a vraiment changé dans les autres industries. Je pense que ça change pour une semaine, ou un mois. Mais espérons que ça change, je supporte ces mouvements mais je ne sais pas ce que ça peut vraiment changer.

Quand vous préparez un nouvel album, pensez-vous à la scène ?

Quand je fais de la musique je ne pense pas à la performance live. Je ne pense à rien de spécial, je fais la musique que j’aime. Les mélodies et les mots me viennent et je ne pense pas au live, parce qu’on veut toujours que ce soit fou et excitant sur scène, mais la plupart de la musique que j’écoute et que j’aime n’est pas comme ça. Je ne veux pas changer ma musique pour le live, je fais ma musique et ensuite j’avise pour la scène. Et d’ailleurs il y a beaucoup d’artistes que j’adore et que je n’ai jamais vus sur scène, comme par exemple Kanye West ou Drake. Pour moi, il s’agit plus de la musique en elle-même.

Quand vous étiez jeune, avez-vous toujours voulu faire de la musique ?

Je voulais être joueur de basket, quand j’ai réalisé que ça n’allait pas être possible, je me suis tourné vers la musique et je me suis dit que ça pourrait être réel,  je pourrais en faire ma vie. J’avais 14 ans.

Et avant ça vous aviez pensé à d’autres carrières ?

J’avais pensé être prof, ou alors être dans les relations internationales, ou journaliste. J’y ai pensé mais j’ai toujours voulu faire de la musique.

Quel est votre état d’esprit quand vous écrivez vos paroles ?

J’écris plutôt le matin, parce que je suis un peu dans le brouillard et très en colère, donc plus créatif. Je pense que pour être un bon rappeur il faut exprimer plusieurs choses : vous devez dire pourquoi vous être meilleur que les autres, mais vous devez être poétique en le faisant, vous devez décrire la vraie vie. Le rap c’est spécial, quand vous entendez une bonne punchline, quelque chose dans votre esprit s’allume et vous le sentez. Mais c’est difficile à décrire, c’est le mélange de plusieurs choses.

Etes-vous aussi intéressé par d’autres arts ?

Oui bien sûr. Je dessine aussi. J’aime créer. Je voulais aussi être un « visual artist » avant. Mais quand vous commencez un chemin, vous devez vous dédier à ça, votre vie entière, votre esprit entier. Donc c’est juste la musique !

Crédits photos : DR / David Jaewon / 5THPHVSE / Köat

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