Musique

Rain dogs revisited envoie la Salle Pleyel à New-York ( live-report du 22/11/11)

23 novembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La salle Pleyel était mixte hier soir. Les habitués se mêlaient à des jeunes gens parfois anglais et américains. Tous étaient curieux de voir comment Rain Dogs, le mythique album de Tom Waits sorti en 1985 allait être réinterprété en 2011 sous la direction brillante de l’ex-Pogues David Coutler qui nous offre une maitrise de banjo et scie musicale étonnante ! Pari gagné !

Le grand enjeu de ce concert est de trouver la note juste pour ne tomber ni dans la copie ni dans l’oubli de l’original. Ici les ponts avec Tom Waits sont respectés dans une totale liberté. Histoire de rebattre les cartes, les compositions ne sont pas jouées dans l’ordre du disque et c’est par un premier morceau issu d’un autre album, Make it rains, mais dont le lien avec la pluie rendait sa présence évidente, que la formidable irlandaise à la voix puissante, Camille O’ Sullivan  a conquis la salle. Elle finira de nous convaincre par son interprétation vibrante de Singapore.


Pensé comme une succession de mini-concerts, les artistes viennent pour deux ou trois titres avant de laisser la place. Du point vu de l’orchestre, la folie de départ est respectée pour le bonheur de nos oreilles. Au piano, à l’harmonium, à l’Hammond B3 et au mélodica, nous retrouvons Steve Nieve qui a notamment collaboré avec David Bowie. Thomas Bloch, lui, règne en maître sur sa cathédrale de verre, il effleure et affronte les ondes Martenot, le cristal Baschet et son harmonica de verre. Aux cuivres, Terry Edwards excelle passant du jazz au hard rock quand la belle St Vincent fait hurler sa guitare électrique pour Big Black Mariah. Tranquille et talentueux, Tom Herbert enchante avec sa contrebasse. A la batterie et aux percussions, le très chevelu Seb Rochford tient le rythme. Une autre guitare intervient sous les doigts du très talentueux Dave Okumu.

La scène est impressionnante, elle déborde d’instruments. Les chanteurs peuvent circuler à foison sur ce vaste espace. Les Tiger Lillies, dont l’univers est proche de celui de Tom Waits enchantent et surprennent. La voix de diva de Martyn Jacques donne des frissons. Leurs costumes, le maquillage et la presence d’un accordéon précieux offre une ambiance de cabaret d’un autre temps. La folie envahit la salle Pleyel quand Ericka Stucky fait son entrée une pelle à la main. Adepte des « yodels soul rocks » elle joue de sa voix comme d’un instrument à cordes. Excentrique au possible, elle taille la bavette avec les spectateurs et ajoute à son micro un jouet d’enfant transformant sa voix. Le superbe Jockey Full of Bourbon est ici porté à merveille. Pour Union Square, elle propose une version différente de l’original en quittant le blues pour calmer le tout.

Invitée le temps de cette date parisienne, Jane Birkin se fait accompagner par Arthur H pour Time. Arthur H qui embarquera la salle avec lui pour une version de Claps Hands très juste. Il faut dire, sa voix rauque et forte se met facilement dans les souliers de celle de Tom Waits.

Rain Dogs revisited est un pur bijou, l’occasion d’entendre les textes cultes du chanteur : «Well, it’s 9th and Hennepin, all the donuts names that sound like prostitute »… Cela  vous donnera surement envie de faire un tour à NYC !

Visuel : Camille O Sullivan

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

Une réflexion sur « Rain dogs revisited envoie la Salle Pleyel à New-York ( live-report du 22/11/11) »

Commentaire(s)

  • Tibob

    Un concert très inégal. Si The Tiger Lillies, Camille O’Sullivan, St Vincent et Erika Stucky nous emmènent loin dans leur univers, Stef Kamil Carlens semble avoir peu à proposer. C’est « gentil », au mieux. Invitée spécialement sur cette date, Jane Birkin chante sans trop y croire, à se demander si elle s’est retrouvée là par hasard. Quant à Arthur H, il aurait pu faire l’effort d’apprendre les paroles par coeur (ou d’aller faire un tour chez l’opticien pour ne pas avoir à plonger le nez dans son pupitre en pleine chanson).

    Reste une orchestration des plus inventives et un orchestre envoutant pour accompagner ces interprétation en dents de scie.

    novembre 23, 2011 at 15 h 51 min

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