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Princess Erika : « J’suis pas une sainte » n’est pas un album 2.0 (Interview)

Princess Erika : « J’suis pas une sainte » n’est pas un album 2.0 (Interview)

25 novembre 2022 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Quatre ans après son single « Délivrée » en 2018, Princess Erika fait son grand retour dans les bacs avec son nouvel album J’suis pas une sainte. Un album sincère où prédomine le reggae, sa musique de prédilection. Pour la réalisation de cet album de onze titres enregistré à Saint-Maurice-sous-les-Côtes dans la Meuse, la chanteuse a fait appel à l’auteur-compositeur-interprète Louis Ville. Toute La Culture a rencontré Princess Erika au cinéma Le Méliès à Montreuil. 

Toute la culture : Vous sortez votre nouvel album J’suis pas une sainte. Pourquoi ce titre ? 

Princess Erika : Il s’agit de la première chanson de l’album que j’ai enregistré avec Louis Ville. J’avais envie que ce soit le titre de l’album parce qu’il résumait bien le fait que j’avais envie de me présenter comme quelqu’un de vrai. Je trouvais que ce titre exprimait une négation positive. Ce n’est pas un album 2.0, c’est un album réel avec des musiciens, un réalisateur… Ce titre, c’est aussi ma façon de dire, je viens avec mes défauts. Vous me connaissez depuis longtemps pour certains, pour d’autres, vous allez me découvrir. Mais, je ne viens pas avec des faux-semblants. Effectivement, je ne suis pas une sainte, mais je vais au bout de mes envies. Cet album est aussi une façon de dire aux gens qui je suis réellement sans pour autant tout dévoiler. Mais je ne mentirai pas sur mes aspirations et mes convictions. 

L’album s’ouvre avec le titre « African Ladies » qui vous tient particulièrement à cœur. Pouvez-vous nous raconter la genèse de cette chanson ? 

C’est une chanson en deux parties : l’une en anglais et l’autre en français. La partie en anglais a été écrite par Patricia Ndiaye. Elle était très avant-gardiste pour moi parce qu’elle prônait le retour en Afrique, c’était une Sénégalaise. C’est elle qui m’a fait rencontrer Bob Marley entre autres. Lorsque j’ai composé la partie en français, il y a maintenant quatre ans, je l’ai proposé à Patricia et elle m’a dit : « Mais c’est vachement bien ! » Et j’ai enregistré ce titre. 

On retrouve dans cet album d’autres collaborations notamment avec Marka (père d’Angèle et Roméo Elvis) sur « Peur sur la ville » et Petite gueule sur « Encore un jour à lutter ». Pourquoi eux et comment les avez-vous convaincus de participer à cet album ? 

J’avais déjà travaillé avec Marka sur son album Merci d’avance en 1995. Il m’avait invité sur cet album et je ne lui ai jamais rendu l’appareil. Lorsque j’ai sorti la chanson « J’suis pas une sainte », il est venu me féliciter. Et là, j’ai eu l’idée de lui proposer de chanter dans mon album. Il a accepté avec plaisir. Ça s’est fait très naturellement parce que c’est quelqu’un d’assez fluide, d’assez naturel. Pour Petite gueule, j’ai fait plus de recherches parce que je ne la connaissais pas. Je cherchais quelqu’un d’une autre génération et je l’avais trouvée dans les pages du Montreuillois. Et là, je me suis dit qu’on allait faire un truc entre Montreuilloises. En plus, elle est vachement joviale, super souriante. Elle a été surprise que je l’appelle sur le titre « Encore un jour à lutter » parce qu’elle se demandait ce qu’elle allait faire. Du coup, je l’ai laissée faire totalement et ça s’est super bien passé ! 

Pouvez-vous nous parler de Louis Ville qui est à l’origine de la conception de l’album ? 

J’aimerais d’abord saluer Yvanna Zoia qui est la stratège de ce projet. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire de Didier Sustrac qui cherchait un featuring pour le titre « Langue de bois »Et il s’avère que c’est dans le studio de Louis Ville que nous nous sommes rencontrés. Louis Ville a réussi à faire en sorte que je ne sois pas obligée de forcer la voix. Je me suis aussi beaucoup retrouvée dans son écriture. Il a aussi imaginé ma musique. Il avait tendance à mettre de la musique sur les images. J’ai aimé le côté cinématographique de sa musique. En tout cas, il était au niveau de la musique que j’aime faire. 

« J’assume être ‘une chanteuse des années 1990 mais ça ne veut pas dire que durant les années 2000, 2010 ou 2020, je n’ai pas chanté. »

On remarque à travers votre album que vous avez encore l’énergie et la passion de la musique. Pourtant, vous avez tendance à être étiquetée comme une chanteuse des années 1990… 

Parce que c’est la vérité aussi ! J’ai beaucoup occupé le terrain durant cette décennie-là. J’ai fait beaucoup de télé… Beaucoup de gens qui m’ont connue à cette période se souviennent de moi. Après, je me suis tournée vers une autre génération, celle de l’époque Camping Paradis sur TF1. J’y suis restée de 2006 à 2012 ou 2013. Là, ce sont des gens qui m’ont plus connue comme actrice que chanteuse. J’assume être « une chanteuse des années 1990 » mais ça ne veut pas dire que durant les années 2000, 2010 ou 2020, je n’ai pas chanté. Mais ce n’était pas avec la même ampleur. Le système a beaucoup changé aussi. Autrefois, les maisons de disques n’étaient pas très généreuses avec les artistes. Pour moi, le streaming, c’est une sorte de récompense à l’utilisation des plateformes. J’avoue que les plateformes, ce n’est pas tellement mon truc. Et puis ce n’est pas là que les gens vont forcément me chercher. Les gens m’attendent plus dans les grosses émissions de télé, les grosses radios… 

D’ailleurs, en parlant des années 1990, ce sont les 30 ans de votre premier album éponyme avec le titre « Calomnie ». Quel regard portez-vous avec le recul ? 

C’était une époque où il y avait une liberté musicale avec du partage, de la valeur ajoutée. D’ailleurs, j’étais au Cameroun récemment et le titre « Calomnie » était diffusé sur les radios ! C’est un titre qui a beaucoup marché en Afrique et que j’ai écrit en pensant à mon histoire personnelle. Ce que je fais toujours. 

Y a-t-il une tournée de prévue avec l’album J’suis pas une sainte ?

Avec mon équipe, on a déjà fait plusieurs résidences. Les résidences, c’est lorsqu’on va dans un lieu pendant trois, quatre ou cinq jours et qu’à la fin, on donne un grand concert dans ce même lieu. Il y aura une résidence le lundi 28 novembre au Gueulard Plus à Nilvange dans le Grand-Est. Puis, on prépare une grande tournée à partir du 7 février 2023. 

Photos : © Ravaud Karlito. 

Princess Erika, J’suis pas une sainteEPM/Universal, disponible depuis le 18 novembre 2022. 

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