Musique

Première phalange de Luce : premier album prometteur de l’ultime lauréate de la Nouvelle Star

06 août 2011 | PAR Gilles Herail

Ludique et touchant, ce premier opus réalisé de bric et de broc apporte une indéniable fraicheur. Ne se prenant pas au sérieux, Luce sait malgré tout amener l’émotion derrière ses airs d’inoffensive rigolote. A découvrir!

 

Dernière sortie de  l’ancienne émission phare d’M6, Luce a pris son temps, un an, pour dévoiler son premier travail. La jeune artiste avait marqué lors de ses passages télévisuels. Au moins autant que l’inclassable Julien Doré. Inclassable, Luce l’est certainement. Plus performeuse que simple interprète, la jeune chanteuse originaire de Montpellier a préservé sa liberté dans un disque très éclectique, apportant un peu de sa folie sur des styles très variés. Son album est à son image. Bigrement attachant, coloré mais manquant peut être encore d’un peu de maturité. La fofolle se conforme parfois un peu trop à l’image déjantée qu’elle s’est elle-même créée. Quelques titres (La fessée) et les différents interludes manquent de naturel, frôlent le sur jeu. Sur la plupart des titres, Luce touche malgré tout très juste, tour à tour drôle, dansant, entêtant. Luce chante, gazouille étrangement, rape, sur des textes et des mélodies qui lui conviennent à merveille.

Certaines chansons dévoilent une Luce en toute simplicité. Et nous emporte bien plus loin. La magnifique symphonie Alzheimer mais aussi la ballade onirique l’amour blême éliminent les quelques chichis qui n’étaient pas loin de nous énerver dans Western Spaghetti et La reine des moules. Premières phalanges est aussi l’occasion d’un coup de cœur, la très mélancolique J’me fume, sur des accords qui rappellent Broken Flowers, montre un aperçu du talent incroyable de cette jeune artiste à qui le meilleur semble promis. Malgré un buzz savamment entretenu autour de miniclips loufoques, Luce n’a pas créé l’évènement dans les charts. Ce petit bout de femme mérite pourtant le détour, apportant un vent de fraîcheur rural/hype salutaire dans une nouvelle chanson française qui a récemment produit un peu trop d’ersatz d’Olivia Ruiz. A retrouver dans les bacs, en streaming légal, et surtout en concert à partir de la rentrée prochaine.

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Gilles Herail

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