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The Scientists, des punkettes vieillottes qui font mouiller le Petit Bain

The Scientists, des punkettes vieillottes qui font mouiller le Petit Bain

09 juin 2018 | PAR La Rédaction

L’Australie est un continent un peu à part. Loin de notre Europe aux airs de vieillottes, on connaît peu de choses sur ce lieu si ce n’est que sa population est un cocktail raté d’anglais et d’américains beaufs au milieu de kangourous, qui aime la bière et le surf. Mais parfois elle cache de belles surprises, des talents comme le grand Nick Cave, Tame Impala, The Rose Tattoo et ce groupe punk un brin obscur : The Scientists.

Par Clara Bismuth

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Presque 50 ans plus tard, les voilà sur la scène du Petit Bain à Paris, un passage totalement inattendu. The Scientists fait partie de ces noms que l’on a ou jamais entendu ou qui évoque vaguement un souvenir. Et pourtant, il est le premier groupe punk à avoir émergé de cette petite ville australienne, au nom presque repoussant : Perth.

L’histoire commence en 1976 avec le premier groupe de Nick Salmon, The Cheap Nasties. C’est déjà un premier apport de trash et un côté décalé qui fait surface, mais le rêve ne dure pas longtemps et prend fin un an plus tard. Salmon cependant n’est pas un petit joueur. Il sent qu’une certaine fibre musicale demande à se répandre et décide de rejoindre le groupe The Invaders en 77. Pas de bol, l’expérience échoue à nouveau en 78. Des cendres du groupe et de l’acharnement de Salmon naît enfin The Scientists avec pour leader Kim Salmon à la guitare et au chant, Boris Sujdovic à la basse, Rod Radalj à la guitare et James Baker à la batterie et l’écriture. Pour le moment la structure semble stable. L’intérêt du leader pour la science est à l’origine du nom de cett réunion sympathique mais inspire aussi leur premier titre Frantic Romantic.

Là c’est le chamboule tout ! Une composition qui sonne un peu comme un Ray Davis période Kinks aux airs de garage-punk. On est rapidement charmé par cette déclaration d’amour prometteuse et on ne rêve que de monter à bord de leur “jet privé, destination Loveland”. Et pourtant, il faut croire qu’au sein même de la bande, les rapports sont plus compliqués qu’il n’y paraît. Les musiciens ne cessent de changer, ils passent du métal au rock’n’roll underground avant de sortir un premier EP éponyme en 1980. Salmon est un grand curieux, une sorte d’éponge à sonorités qui capte très vite ce qui est bon ou pas. Pas étonnant que le proto-punk américain lui soit tombé dessus, et The Scientists marche dans les pas des Velvet et des Stooges. Il faut être brut, simple, minimaliste, ne pas s’étaler sur les paroles quite à obtenir souvent des textes un peu stupide.

L’année 1983 voit l’arrivée d’une nouvelle formation et de Blood Red River qui frôle les influences de Sucide, Link Wray ou encore les Cramps. Alors certes le groupe décolle mais la critique ne joue pas les tendres sur leur reprise, pourtant méconnaissable et de qualité, du célèbre You Only Live Twice, emprunté au James Bond de 67. Et puis, soyons francs, The Scientists veulent atterrir aux Etats-Unis et finissent par y arriver avec leur album Weird Love en 1986. Victoire et reconnaissance. Les tournées en Europe s’enchaînent et pas auprès de n’importe qu’ils fréquentent Alex Chilton, The Gun Club, The Jesus and Mary Chain ou encore Alan Vega. Du punk-grunge au swamp rock, la route aura été longue et sinueuse avant de s’achever en 1987 sur Human Jukebox.

Depuis, les années ont passé et The Scientists est progressivement tombé dans l’oublie, une vieille nostalgie que l’on ne pensait pas retrouver un jour. Et pourtant en 2018, ces grands-mères punks aux cheveux ébouriffés ont toujours une énergie débordante sur scène. On pourrait croire qu’ils ont revêtu des costumes d’origine enfermés dans une malle poussiéreuse pour y ajouter une couche de sueur fraîche. Un plaisir de voir que le public n’est pas composé uniquement de groupies des eighties mais aussi d’une jeunesse qui capte cette énergie singulière. The Scientists ont donc ressuscité le temps d’une soirée et non pour nous déplaire.

visuel : photo officielle

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