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Pourquoi IDLES est un des groupes les plus importants de notre génération

Pourquoi IDLES est un des groupes les plus importants de notre génération

04 décembre 2018 | PAR Pierre Poughon

IDLES c’est l’histoire de cinq gars venant de Bristol, dans le sud de l’Angleterre. C’est simple, à eux seuls ils portent le punk anglais du bout de leur bras.

Du haut de leur deux albums (Brutalism en 2017 et Joy As an Act of Resistance sorti cette année), IDLES s’est imposé comme ce qui se fait de mieux dans le post punk mondial.
On reconnaît IDLES surtout pour leurs engagements multiples. Presque toutes leurs chansons ont un message. Certaines parlent du fait d’être gay dans un monde machiste (Samaritans), la conditions des femmes (Mother), du Brexit (Great), du dictate de l’image (Television), le racisme et l’immigration (Danny Nedelko), la politique (I’m Scum). Bref, arrêtons-nous là (faudrait pas tout spoiler). C’est un groupe parfait tant leurs combats sont multiples et judicieux dans un monde rempli de défauts. Quand il ne rage pas envers une partie ratée de la société, Joe Talbot (le génial chanteur du groupe) s’ouvre dans des chansons à la fois tristes et profondes. Slow Savage parle d’amour, June aborde le triste événement de sa fille morte-née (une chanson vraiment bouleversante).

Malgré des sujets souvent noirs, le groupe reste joyeux (as an Act of Resistance). Il suffit d’écouter I’m Scum, Never Fight a Man with a Perm ou encore Well Done pour comprendre leur attrait à renouveler un genre qui peut facilement tourner en rond.
La nouveauté dans leur musique s’exprime avec une basse simplement massive (à peu près toutes les chansons, mais prenons Colossus), deux guitares incroyables (encore une fois I’m Scum, par exemple) ou une batterie défiant les lois de la gravité (Samaritans).

En fait, ce groupe a évolué de sons assez bateaux encore trouvables sur youtube datant de 6 ans (avec un Joe Talbot à la voix si timide qu’on croirait à un changement de chanteur entre ces deux périodes), à du punk joyeux, parfois drôle (Well Done) et novateur.
Les deux albums, tous deux parmi les meilleurs dans leurs années respectives, sont en quelques sortes deux pierres angulaires montrant que le rock, le punk, le garage, tous ces genres qu’on aime, ne sont pas mort. Il suffit simplement de vivre la musique comme eux, rapide, énergique, engagée, et éperdument symbolique.
C’est exactement ce qui transpire (c’est le cas de le dire) en live. Durant un set d’à peu près deux heures dans un Bataclan rempli à craquer, les IDLES ont fait part de leur talent scénique. Les mecs sont sur scène pour tout donner. Les guitaristes s’en donnent à cœur joie, passant la moitié du concert au cœur de (ou sur) la foule. Joe Talbot, avec un français un peu maladroit (mais tellement attendrissant) s’empresse de remercier la sécurité, dédie la plupart de ses chansons, fait monter sur scène les plus fervents fans. Il fait le show. On a même eu le droit à une reprise impromptue de All I Want For Christmas is You.

(Re)découvrir leurs albums en live est un pur plaisir tant l’énergie est décuplée. On a l’impression que la foule est en transe, jouant des épaules, criant de façon frénétique chaque parole. La communion entre le groupe et son public était parfaite de l’opener (Colossus) au ender (Rottweiler).
Le départ du groupe était un déchirement, mais un déchirement attendu par certains comme un soulagement aux vus de leurs regards hagards et sans énergie. Entre deux mèches dégoulinantes, on se rend compte que le set était juste parfait, incroyable, monumental, massif, énergique.
Les mots manquent pour décrire ce qu’IDLES représente aujourd’hui. Ils sont nécessaires.

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Pierre Poughon

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