Pop / Rock

Natalie Prass live – Une musique américaine

Natalie Prass live – Une musique américaine

20 avril 2018 | PAR Antoine Couder

La chanteuse était à la Gaité Lyrique jeudi 19 avril avec Arte concert festival pour présenter son nouvel album. Une performance qui augure du meilleur pour la suite.

bone_dsc09316-edit-credits-tonje-thilesen-minOn avait laissé la jeune Virginienne il y a quelques années à la Maroquinerie en tenue folk rock. On la retrouve à la Gaité Lyrique en ensemble rose violet scintillant accompagnée de solides instrumentistes pour un show déroutant qui glisse doucement hors des clous de la prestation standard qu’on aurait pu attendre de celle qui ouvrait la soirée pour les Écossais de Primal Scream. Natalie Prass a semble-t-il lancé un défi à la dictature des styles, sa musique de prime abord « facile » par ses mélodies simples et efficaces, est en fait rapidement contaminée par des digressions – tantôt country, tantôt jazz, tantôt noisy- qui rompent avec l’effet de kitsch qui, inévitablement, menace.

Funk-country. Et ça marche à tous les coups, qu’elle se saisisse de sa guitare rock d’antan, qu’elle esquisse quelques pas de danse façon Rn’be où improvise une choré clin d’œil à la comédie musicale qu’elle aime tant, Prass et sa petite bande de folkeux convertis au tempo raide et implacable – funk country qui rencontre un synthé à la Dr Dre- reste parfaitement raccord avec  l’esprit européen de la salle, et évidemment avec celui d’Arte. Mieux : les titres anciens plongés dans le sucre vénéneux du producteur et ami Matthew E. White (Spacebomb) tels « Bird of Prey », « My baby don’t undestand me » prennent une saveur inespérée, à la fois posée sur leur groove et prêts à s’envoler dans ce qui – dans un autre contexte- pourrait ressembler à des démonstrations d’excellence… Il y a en effet dans la prestation de Prass une sorte de rêve de bal du lycée durant lequel on jouerait avec jubilation la musique qui fait le bonheur du public. Générosité pas forcément perceptible dans l’attitude de la chanteuse toujours un peu coincée même si à mesure de l’avancée du show, elle semble prendre confiance en elle.

Steely Dan ? Et c’est peut-être la surprise du concert : Natalie Prass est plutôt connue à Paris et a progressivement rempli la Gaité lyrique, présentant quelques-uns des morceaux de son disque à paraître début juin et qui recèle quelques trésors de mélodies et d’équilibre. Le tandem Prass/White fonctionne cette fois à plein régime. Ce n’est peut-être pas Steely Dan mais quelque chose qui pourrait bien y ressembler. C’est le sentiment qui apparaît à l’issue de ce bref set alors que le groupe plie bagage. Car voilà, c’est fini. On se retourne et l’on voit  Warren Ellis « Bad seeds »  pénétrer dans la salle derrière ses lunettes noires. Le concert de Primal Scream peut commencer.

Credit photo :  Tonje Thilesen-min.

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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