Pop / Rock
[Live report] The Popopopops au Divan du Monde : un nom qu’il va bien falloir finir par retenir

[Live report] The Popopopops au Divan du Monde : un nom qu’il va bien falloir finir par retenir

29 mars 2013 | PAR Bastien Stisi

Introduits par la pop atmosphérique du duo émergent Equateur, les Popopopops, figures de proue d’une pop valeureuse et ascendante basée du côté de Rennes, célébraient hier soir la sortie de leur premier album à l’occasion d’un concert dans la confortable salle du Divan du Monde, gonflée par un public nombreux venu assister à l’avènement de cet objet confectionné par le groupe depuis plus de trois années…

Le Divan du Monde et l’élégance de son style art-déco passé sous le filtre modernisé du XXIe siècle, s’ouvraient à un avenir pop érudit et enthousiaste, en débutant d’abord cette « Release party » avec la prestation des deux garçons d’Equateur, appuyés par des synthétiseurs prépondérants et plus proches des hauteurs d’un éther aéré et paradisiaque que du tropique dématérialisé porteur de la même dénomination.

Tout étourdis par les mugissements émerveillés et spatiaux émis par le superbe tube final « Haunted » et par le talent de ce duo dont l’hexagone tour entier entendra sans aucun doute très prochainement parler, le Divan du Monde s’emplit davantage encore lorsqu’approchent les coups de 21 heures, plein d’un public venu s’entasser dans les dédales encrassées du XVIIIe arrondissement et de Pigalle pour assister au live de ces quatre français auréolés d’une solide réputation scénique et du titre de lauréats du prix CQFD des Inrocks en 2009.

Sur la scène, un jeu de lumière sobre et judicieux couvre la face des garçons d’une luminosité jaunie, orangée ou bleutée. Derrière ces silhouettes printanières et juvéniles, les quatre syllabes identiques du groupe flottent avec fierté et arrogance, ce qui n’arrange en rien les affaires d’un public bégayant et engourdi dans une répétition sans assurance dès lors qu’il s’essaye à la prononciation de ce nom tout droit issu des tréfonds des années 90, du hip-hop mythique et frontal des Suprême NTM, et de la Seine-Saint-Denis (de la bombe, bébé…). Plus que du nord parisien, pourtant, c’est bien du côté de la métropole rennaise et de l’ouest de la France, qu’à l’image des Juveniles, de Pegase ou de Bengale, les Popopopops ne cessent depuis quelques années de vouloir réinventer une pop hexagonale considérablement influencée par les turbulences savantes entendues de l’autre côté de la Manche… Si les syllabes se répètent à n’en plus finir, le rock synthétique des rennais, lui, se maquille au contraire d’un coloris hybride et pluriel, des échos choraux de « My Min dis Old » à la cohérence mélodique de « Pure », des envolées pop de « Color » aux lyrics audacieusement rappés de « R’N’B ».

On craindra d’abord que l’énergie du quatuor rennais ne s’étiole devant la froideur archétypale d’un public parisien peu remuant et peu réactif, pas même sensible aux appels du pied du téméraire chanteur Victor Solf sur le tube « Sign », sans doute interprété de manière un peu trop impatiente. S’ils ont en effet parfois peiné à dépasser les cadres un peu formels d’un album sorti il y a quelques jours à peine (le 25 mars), les virevoltants rockeurs et leur pop électronisée, à force de talent et de bonne volonté, sont finalement parvenus à faire sauter le cadenas snobinard de l’hermétisme parigot, et à faire se mouvoir et chantonner un public tout heureux de pouvoir obtenir un rappel au terme d’une performance appliquée, convaincue et convaincante.

Les Popopopops sont destinés à devenir grands, porteurs d’une destinée dorée pour le futur de la pop française modernisée. On vous le redira encore. Quitte, nous aussi, à nous répéter.

Visuel © : pochette de Swell de The Popopopops

Ma maman est partout de Nathalie Kuperman
Playlist de la semaine (9)
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *