Pop / Rock

[Live report] The Aikiu au Silencio : pop synthétique et mélodies dandys

[Live report] The Aikiu au Silencio : pop synthétique et mélodies dandys

28 juin 2013 | PAR Bastien Stisi

The Aikiu - Ghost YouthUn coup de peigne dans les cheveux et sur la moustache, un coup de chiffon sur les guitares et les synthés, un coup d’œil dans le rétro new wave des années 80, un coup de métro rapide pour emmener les garçons (et la fille) de The Aikiu, parisiens de style et d’origine, vers les contrées tamisées et diablement élégantes du Silencio, îlot calfeutré et féérique où l’on voyage cependant toujours très loin quel que soit le trajet emprunté pour y accéder…

Quatre garçons, une fille (très androgyne), quelques élégantes groupies féminines surexcitées au premier rang qui ne peuvent accepter l’idée de se tenir gentiment assis durant la perf’ de leur favori comme il est pourtant souvent d’usage au Silencio, un club qui acceptera finalement de se lever et de se mouvoir tout autant après le passage parmi le public d’Alex Aikiu, le chanteur hipster/dandy/Freddie Mercury du groupe.

Sur la scène, des plantes vertes et hautes viennent ornementer le quatuor synthpop instrumental du groupe (guitare/batterie/claviers/basse) d’un habillage bucolique et tribal, fantaisie charmante et parfaitement inédite venant nous rappeler que Ghost Youth, le tout premier album des Aikiu sorti il y a quelques jours, est une véritable forêt verdoyante de tubes synthpop potentiels (« The Red Kiss », « Just Can’t Sleep »…), production passée sous le crible expert de Guillaume Brières (The Shoes) et de Pilooski (Discodeïne) ajustant des mélodies obsessionnellement pop sur une rythmique héritée des heures les plus dandinantes des années 80 et 90. De leurs côtés, les guitares, parfois accentuées, offrent un esthétisme rock hocheur de tête au lyrisme sensible et raffiné d’un univers intemporel perdu entre les leçons d’un passé bien étudié et l’exploration impertinente d’un futur aux horizons vertigineux.

À la gestuelle foutrale, horizontale et cependant curieusement élégante d’Alex, porteur d’une vocalité remarquable de sensualité et de noblesse new wave, répondent les manières attachantes de garçonne cocaïnée de Tatiana Mladenovitch, cette étonnante et performante batteuse qui viendra même poser sa jolie voix portante sur le morceau « Fools », interprété quelques instants avant une belle acclamation, le retour du groupe dans les coulisses et son arrivée quasi immédiate sur les devants du bar du Silencio, aux côtés des membres et des invités du club le plus prisé de la capitale.

Si les composantes synthpop de Ghost Youth risquent de tourner une bonne partie de l’été au sein de nos tympans dégourdis et affamés de sonorités rétro-futuristes, que l’on ne s’embrouille pas toutefois : les Aikiu ne sont pas le coup d’un soir ou celui d’une saison. On serait même tenté de parler plutôt de l’un des coups de l’année…

Visuel © : pochette de Ghost Youth de The Aikiu

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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