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[Live report] Pegase et Isaac Delusion au Café de la Danse : dream pop délicieuse et envoutante

[Live report] Pegase et Isaac Delusion au Café de la Danse : dream pop délicieuse et envoutante

15 février 2013 | PAR Bastien Stisi

Rangée de sièges rougeoyants soigneusement alignés, briques assombries donnant à la pièce des allures de factory branchée, couples conditionnés par la romance obligatoire de ce 14 février venus démontrer l’étendue de leur amour au cœur de la capitale…le Café de la Danse revêtait hier soir ses apparats les plus classieux et les plus élégants pour ouvrir les vannes de la deuxième soirée du Fireworks Festival ! et pour accueillir les prestations aériennes, électroniques et rythmées de Pegase et d’Isaac Delusion. Un voyage envoutant et déconnectant :

Pegase et les ailes langoureuses de la dream pop

Le public est encore occupé à s’imbiber d’une bière toujours trop onéreuse et à chercher une place convenable pour passer le restant de la soirée lorsque, déjà, raisonnent les notes introductives, allongées et claires de « The Bad Side of Love », titre phare de celui qui porte l’un des plus jolis noms qui nous a été donné à voir depuis bien longtemps. Pegase, composante vocale du groupe d’électro pop nantais Minitel Rose, arrive alors sur scène, entouré de ses quatre musiciens et d’une interprétation poignante et appliquée de son morceau le plus charismatique.

Un éclair, et puis la nuit : est-ce en rasant la moustache de hispter qu’il aborde habituellement que Pegase a malencontreusement sectionné les ailes qui permettent d’ordinaire à sa pop de s’envoler vers des hauteurs si élevées ? Il demeure qu’exceptée la beauté véritable de « The Bad Side of Love », les premiers instants du concert s’avèrent être nettement terre à terre, à des années-lumières de l’émotion suscitée par les productions studios du groupe, linéarité lénifiante et un peu trop carré qui ne parvient pas à susciter l’engouement complet du public.

Et puis, enfin, après l’efficacité dream pop du mini tube « Without Reason », le Café de la Danse est invité à se réveiller et à se mouvoir en même temps que le rythme, cadencé et soudainement accéléré, calqué sur le galopement des guitares et des sonorités électroniques du très bon « Dreaming Legend ». Les stroboscopes projettent leur luminosité épileptique, les corps se déhanchent dans la fosse, Pegase clame son bonheur de l’instant, les tâtonnements hésitants du début ne sont plus que de lointains et insignifiants souvenirs, rayés de la carte par le talent absolu de ce garçon qui paraît ne pas devoir arrêter sa belle progression au sein de la scène indé pop française.  Un rappel, un dernier morceau allongé à souhait, et des rêvasseries électroniques et aérées que le public pourra bientôt retrouver sur un disque complet, qui ne devrait plus tarder à voir le jour.

Isaac Delusion : beauté plurielle éveillée

L’unanimité et l’engouement du Café de la Danse, il faut bien l’avouer, seront toutefois largement plus conséquents et endiablés lors de la prestation d’Isaac Delusion, deuxième vedette de la soirée et merveilleuse surprise scénique et instrumentale.

Isaac Delusion, ses musiciens et leur bonne humeur communicative, gravitent au cœur d’un tourbillon sonore insaisissable, pop somnambule et électronisée habillée de résonances folk, rock, jazzy ou funky, rappelant alternativement sans jamais les parodier ou les plagier les univers des Fleet Foxes, de Jeff Buckley, des Alt-J ou du Chapelier Fou. En guise d’illustration à cette kyrielle harmonique de mouvances sonores, défilent sur les murs briqués du Café de la Danse des images plurielles symbolistes et poétiques, présentant successivement aux yeux du public l’éclosion naissante d’une fleur, les chevauchées d’animaux exotiques, ou des paysages orientaux et ensablés défilant à toute vitesse…

Que ce soit par le biais des lignes de basses hyper funky de « Supernova », du trip-hop délicat et clair de « Purple Sky », de la pop rêveuse de « Midnight Sun » ou de la légèreté planante du tube « Early Morning », la prestation d’Isaac Delusion séduit les initiés comme les profanes inaccoutumés à la voix sensuelle et accrocheuse de ce français encore largement méconnu, que le Café de la Danse, remuant et enflammé, regrette encore de ne pas avoir vu céder à ses demandes de rappel…

Isaac Delusion est d’ores et déjà l’une des grandes révélations de cette seconde édition du festival Fireworks !, qui verra se produire dans les jours à venir une line-up aguichante et eclectique, avec notamment les performances du dupstep langoureux de SBTRKT, de l’électro timbée de Dan Deacon, du punk ravageur de Fidlar ou encore de la folk mélodieuse de Melody’s Echo Chamber. C’est donc le moment où vous regrettez d’avoir réservé une semaine au Club Med de Djerba la Douce en l’honneur de la Saint-Valentin, au lieu d’avoir passé les prochains jours dans les travées du Point Éphémère, du Social Club, du Trabendo, du Divan du Monde ou de la Maroquinerie…

Visuel © : couverture de Without Reason de Pegase

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

7 thoughts on “[Live report] Pegase et Isaac Delusion au Café de la Danse : dream pop délicieuse et envoutante”

Commentaire(s)

  • bOUBOUWn

    4 musiciens chez isaac me semble t’il :p

    février 16, 2013 at 15 h 11 min
  • Bastien Stisi
    Bastien Stisi

    @ bOubouWn : franchement, je ne sais plus…gros doute du coup !

    février 16, 2013 at 15 h 18 min
  • bOUBOUWn

    je confirme qu’on était 4 sur scène ^^

    février 18, 2013 at 1 h 58 min

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