Pop / Rock

[Live Report] Ghost à la Cigale

[Live Report] Ghost à la Cigale

08 décembre 2015 | PAR Simon Théodore

Après avoir endiablé les planches de Rock en Seine et du Hellfest, Ghost était de passage à la Cigale de Paris ce lundi 7 décembre. Ce Black to the Future Tour inaugurait une première tournée européenne en tête d’affiche pour ce groupe suédois. À l’instar de la date parisienne affichant sold out en douze jours, Papa Emeritus et ses « nameless ghouls » remplissent les salles à travers le vieux continent.

Il est un peu de plus de 20h lorsque l’on s’engouffre dans la belle salle du Boulevard de Rochechouart. La première partie Dead Soul vient de finir son set mais les gens continuent d’affluer. À l’évidence, cela n’est pas prêt de s’arrêter. Pour l’occasion, la Cigale sera transformée en un temple du rock, dans lequel les fidèles sont venus nombreux. Une musique d’église fait patienter et les premiers cris se font entendre lorsque la batterie est dévoilée. Progressivement, la tension monte. La scène est sobre. Peu de décors encombrent l’espace. On se demande alors comment les Suédois défendront leur excellent dernier album Meliora.

20h30. les lumières s’éteignent pour de bon. Seul éclairé, un guitariste masqué envoie les premiers riffs de « Spirit ». Soudain, de l’autre côté de la scène, le batteur apparaît et l’accompagne. La messe peut alors commencer et, sorti de la pénombre, Papa Emeritus III se place au milieu de la scène. Coiffé d’une mitre et portant une toge floquée des symboles de Ghost, le chanteur ensorcelle immédiatement, par une gestuelle lente, ses musiciens et son public. Cette introduction rendra compte de l’atmosphère particulière qui règnera dans la salle pendant plus d’une heure et demie. Extrait du dernier opus, « From the Pinnacle to the Pit » suivra. Envoutée, la foule connaît les paroles et les reprend en chœur. Sans aucun doute, le jeu de scène des musiciens est travaillé. Les deux guitaristes et le bassiste occupent tout l’espace et connaissent les moments où, pour plus d’effets, ils doivent se réunir et jouer côte à côte. Quant à lui, le charismatique frontman n’hésitera pas à s’effacer pour mettre en valeur les « nameless ghouls ». D’ailleurs, après chaque solo, il incitera le public à applaudir la performance.

En plus de défendre son dernier album, Ghost développe différentes ambiances en proposant une setlist efficace composée de titres issus de l’ensemble de sa discographie. Comme le prouvent « Con Clavi Con Dio » et « Per Aspera ad Inferi », Opus Eponymous (2010) et Infestissumam (2013) sont des disques dont certains morceaux prennent une toute autre dimension en live. En milieu de performance, « Cirice », « Year Zero », puis la magnifique balade « He is », incarneront un superbe enchaînement. Dans la fosse, il s’agira alors de chanter, de taper des mains, de sauter et de danser. La température avoisinera alors celle d’une fournaise… Alors que, pour la seconde partie du spectacle, Papa Emeritus troquera sa tenue religieuse pour celle d’un maître de cérémonie, le très électrique et diabolique « Mummy Dust » fera trembler la Cigale. Après ce titre lourd et presque progressif, Ghost marquera un temps d’accalmie grâce au titre acoustique « Jogolo Har Megiddo ». Le contraste et le changement d’ambiance sera plus que plaisant.

La force de ce groupe suédois réside dans les sonorités que les musiciens parviennent à produire. Ils modernisent le son pop rock des années 70-80. Ainsi, avant le rappel, ils reprendront le titre « If You Have Ghost » de Roky Erickson. Une belle reprise présente sur l’EP du même nom sorti en 2013 ! Lors du final, le combo saluera le public avec un drapeau français marqué du sceau Ghost et terminera son concert avec « Monstrance Rock », chanson dont les paroles résonneront longtemps dans la salle. Bénéficiant d’une bonne qualité de son, cette formation nordique réussit donc son pari de remplir les salles. Ghost développe un concept élaboré à l’esthétique mystique et raffinée. Malgré la brève apparition de deux nonnes, on regrettera simplement le manque de décor et de mise en scène pour renforcer l’impact du spectacle. Sans aucun doute, lors de prochaines tournées, le groupe reviendra pour des concerts encore plus impressionnants.

Visuel : (c) ST

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