Pop / Rock
[Live report] Futur Of The Left au Nouveau Casino

[Live report] Futur Of The Left au Nouveau Casino

24 novembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Hier soir, le Nouveau Casino et Goo Goo Muck (un label de soirées spécialisé dans la mise en place de concerts rock garage bien huileux) accueillaient le show noisy, garage et fracassé de Futur Of The Left, que l’on peut lire littéralement comme « le Futur de la Gauche » (ce n’est pas très compliqué à traduire). Et bonne nouvelle : il reste à gauche encore un peu de révolte.

À gauche, ou plutôt, à l’extrême gauche. À celle du Royaume-Uni d’abord (le groupe est originaire de Cardiff), et sans doute aussi à celle du Labor Party, si ce n’est à celle de Robespierre ou de Trotski, tant l’attitude et les paroles abrasives, désinvoltes et hautement sacrilèges qui émanent des textes du charismatique Andy « Falco » Falkous (ex McLusky) regorgent d’aversion pour les institutions religieuses, pour les conventions acceptées par le plus grand nombre (ce n’est pas pour rien que le dernier album du groupe se nomme How To Stop Your Brain In An Accident), pour les figures marquées « futur of the right » (la famille Le Pen en prendra pour son grade). Pour ces grandes chapelles rock depuis bien longtemps tombées en désuétudes (Muse, Green Day, Kings Of Leon, Metallica, Phil Collins), aussi, que Falkous charge dès que l’occasion se présente (Johnny Borrell, le chanteur de Razorlight, a pour sa part avec « Johnny Borrell Afterlife » carrément sa chanson attribuée).

La rage dans la voix et dans ce regard qui met en avant des yeux parfois sortis de leur orbite, Falkous, justement, mène le show, change le chant en cri lorsque le besoin s’en fait ressentir (on passe aussi par la case « spoken punk »), impose sa présence de mastodonte scénique, se fait auto-dérisoire (« you know, we are very rich people »), si ce n’est potache, comme lorsqu’il se met à déplacer en fin de concert les différents éléments du matériel de son batteur afin de lui compliquer quelque peu la tâche (quand le public s’y mettra aussi, ça deviendra vraiment compliqué…)

Et si ce sont quelques types du premier rang qui finissent par tenir les cymbales sous les yeux amusés du reste de la salle (la scène est sympa), c’est que ce public manifeste le besoin de participer au show. Certains osent le slam, d’autres les pogos lors des instants les plus noisy, la plupart acclament le quatuor entre chaque morceau, lorsqu’il ne tend pas avec maladresse (et un brin de sexisme ?) une rose rouge à l’entité féminine et blondie du groupe Julia Ruzicka.

Une fleur à pétales sur scène, des guitares lourdes et vindicatives, un clavier déposé le temps de trois morceaux afin de donner un timbre cold wave sombre au propos (de Curses à The Plot Against Common Sense, les albums du groupe en étaient judicieusement imprégnés), et le passage, durant 1 heure 30 de set enragé, de la gauche molle à la gauche folle. On n’y croyait plus.

Visuel : (c) B.S.

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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