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[Live Report] Dans le fantastique son de David Lynch à la Philarmonie

[Live Report] Dans le fantastique son de David Lynch à la Philarmonie

22 novembre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

In dreams : David Lynch revisited est un projet dirigé par le musicien (scie, violectra, guitare, percussions) David Coulter, créée au Barbican Centre en 2014 et arrivant à Paris pour deux représentations. La première avait lieu hier soir dans la salle de l’ex-cité de la Musique et la seconde aura lieu à 16h aujourd’hui. Un voyage de plus deux heures dans l’univers fantastique de David Lynch, où les bluettes se chantent avec tout le cynisme d’un monde fou.

[rating=4]

Si on murmure à peine le nom d’un film de Lynch, la musique résonne. Venez, on essaie : Blue Velvet … normalement, le slow qui tue est déjà dans votre tête, suivie du visage d’Isabella Rosselini… Exercice terminé.

Sur scène, il y a une bûche. La référence à la pythie de Twin Peaks qui en début de chaque épisode déclame une sentence incompréhensible est évidente. C’est David Coulter qui viendra scier le bois dans un son cristallin avant de rejoindre les musiciens pour nous mettre dans l’ambiance anxiogène et fantasmagorique de Lynch. Le cinéaste est passionné par les figures et les voix féminines et c’est quasiment en début de concert que Sophia Brous vient chanter a cappella la version espagnole de « Crying » que Rebekah Del Rio pleure au Silencio de Mulholland Drive
Sur scène on retrouve un groupe éphémère composé de Stuart Staples (Tindersticks), Jehnny Beth (Savages), Mick Harvey (ex The Bad Seeds), Conor O’ Brien (Villagers),Cibo Matto, Stealing Sheep, Sophia Brous, Kirin J Callinan, David Coulter Terry Edwards (trompette, saxophones, claviers), David Okumu (guitare électrique), Tom Herbert (guitare basse, contrebasse), Seb Rochford (batterie, percussions), Thomas Bloch (ondes Martenot, cristal Baschet) Pauline Haas (harpe).

Le titre du spectacle In dreams est une référence à une scène de Blue Velvet, un play-back de Dean Stockwell sur ce titre de Roy Orbison. Tout au long du show le fil cinématographique est tenu avec comme angle précis la ballade souvent amoureuse. Stuart Staples et les Stealing Sheep en collant jaune et roses offriront une version magnifiquement mielleuse de « Just You », le morceau sur lequel Dana comprend que James aime la cousine de Laura.
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L’amour est ici toujours torturé. Chez Lynch les fleurs peuvent être bleues mais elles se fanent rapidement. La sublime Jehnny Beth chante « Sycamore Trees » . On découvre alors que la chanteuse de Savages a les capacités et l’aura d’une diva jazz. Le texte nous parle d’un désir au futur à laquelle la voix très grave ne donne aucun espoir. On se pâme également pour Mick Harvey en duo avec Sophia Brous d’une reprise de « Wicked Games », le morceau étant présent dans Sailor et Lula. Lynch a d’ailleurs réalisé une version du clip de Chris Isaak en 1991.

Un voyage dans l’univers de Lynch qui séduira particulièrement les fans très nombreux du cinéaste.

Visuel : ©S. Amroussi-Gilissen

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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