Pop / Rock
[Live report] Colours In The Street et Reptile Youth à la Flèche d’Or

[Live report] Colours In The Street et Reptile Youth à la Flèche d’Or

23 septembre 2014 | PAR Bastien Stisi

« Si vous êtes venus nous voir un lundi soir à cette heure-ci, c’est que vous avez vraiment envie d’être là. C’est pas comme si on était samedi soir, où tout le monde est susceptible d’être dehors. Alors, on va faire de notre mieux pour vous en remercier ! ». La promesse émane des cordes vocales pas encore surexcitées de Mads Damsgaard Kristiansen, l’épidermique chanteur des Reptile Youth qui investissaient hier soir la scène de la Flèche d’Or. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle aura été tenue.

Pourtant, faute de goût cruelle mais finalement pas dommageable, la Flèche d’Or est déjà considérablement désengorgée lors de la montée des Danois sur scène dans les environs de 23 heures, après le passage sans grande ambition mais avec beaucoup de refrains guimauves des Colours In The Street, faiseurs d’une pop pleine de lumière mais qui s’avère meilleure, justement,  lorsqu’elle décolore largement ses manières. Les instants post-rock et noircis sont convaincants, ceux où l’on nous fait répéter en chœur les « ohohoho » et les « héhéhé » sont gênants : malgré un bon tube d’électro pop intelligible (« Paper Child ») sur lequel ne cracheraient pas Saint-Michel, Elephanz, ou Fortune, il faut bien avouer que ces rues-là ne s’avèrent pas forcément passionnantes à parcourir…

Elles le sont en tout cas beaucoup moins que celles ayant menées juste avant à la pop noise désinvolte et dandy de Crows, Londoniens aux guitares aussi foudroyantes que leur chanteur qui terminera suspendu tout en haut du décor, et surtout, moins passionnantes donc que celles menant au rock habité des Reptile Youth, qui trouvent à l’occasion du live la formule idéale pour exporter un rock zieutant alternativement, plutôt que sur leurs cousins danois de The Raveonettes ou de Iceage, du côté de Goose (« Black Swan Born White »), de The Rapture (« Be My Yoko Ono ») ou de Stuck In The Sound (« JJ »).

Car bien qu’il n’y en ai pas dans leur contrée d’origine, les quatre garçons paraissent avoir posé le pied sur un véritable massif volcanique, pleins d’un punch authentique et réjouissant, menés par un leader / chanteur / performer aux manières d’un boxeur qui aurait trouvé avec la scène un endroit plus confortable encore que le ring pour relâcher sa folle énergie qui, lorsqu’elle ne le pousse pas à sautiller, à brasser les airs, ou à engager des danses aux chorégraphies aléatoires, le convie carrément au milieu du public, où il atterrira d’ailleurs au sein d’un pogo sans pagaille qu’il aura lui-même engagé…

Le garçon est magnétique (autour de nous, certaines diront plutôt « sexy »…), le show d’une intensité et d’une authenticité pas si fréquente, et terminera magistralement par l’interprétation de « Speeddance », l’hymne pop cinglé du premier album éponyme, intervenu juste après l’allongé « Diseased By Desire », issu du second et dernier album du quatuor (Rivers That Run for a Sea That Is Gone), dont les boucles répétées d’électro rock frénétique manqueront de perdre les plus concernés dans les contrées de l’abandon cérébral.

Minuit passée, encore quelques métros qui s’attardent, tout début de l’automne, contraste entre la chaleur du dedans et la douceur du dehors : en repartant sur la rue de Bagnolet, on imagine, simplement, ce qu’un concert de ces types-là donnerait à Copenhague, où le public dépasserait la centaine de participants…

Visuels : © Robert Gil

Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy expriment « La révolution du don »
[test]Pour les 100 ans du CMN, le jeu vidéo Ofabulis ne fabule pas !
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

2 thoughts on “[Live report] Colours In The Street et Reptile Youth à la Flèche d’Or”

Commentaire(s)

  • Alex

    Très bon concert avec des groupes d’univers très différents. Seul bémol Colours in the street, qui faisait pâle figure face aux autres groupes, je n’ai pas du tout aimé. Par contre dommage de ne pas avoir cité Mr Crock, très bonne surprise avec une fraîcheur et une identité musicale marquée.

    septembre 23, 2014 at 16 h 38 min
    • Bastien Stisi

      Arrivé trop tard pour Mr Crock, pas eu l’occasion de les découvrir en live malheureusement…

      septembre 23, 2014 at 17 h 04 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture