Pop / Rock

L’interview stroboscopique : Reptile Youth

L’interview stroboscopique : Reptile Youth

26 octobre 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur Reptile Youth et son épidermique chanteur Mads  Damsgaard Kristiansen (appelons le juste Mads…), Danois vecteurs d’une pop punk volcanique récemment aperçus (de très près) à la Flèche d’Or après s’être imposés sans peine dans l’intimité des tympans par l’intermédiaire de leur très énergique second album Rivers That Run For A Sea That Is Gone…

Beaucoup d’ambitions avec un maximum d’authenticité : lorsque l’on s’intéresse à votre projet par-delà les surfaces et que l’on vous voit jouer en live, ça pourrait être un court résumé du « style » Reptile Youth…

Mads : Ça me fait très plaisir que tu penses ça. Je crois que tout le monde a envie de paraître authentique, pas vrai ? Je dois admettre toutefois que nous n’avons pas encore atteint toutes nos ambitions. Enfin, je suppose que c’est une bonne chose…

The Raveonettes, Iceage, Communions…ces dernières années, de nombreux groupes danois marqués « indie rock » se sont formidablement exportés au-delà des frontières….

Mads : Je n’ai pas vraiment d’explication à ça…Je suppose juste qu’il s’agit là d’une vague. Et qu’actuellement, les eaux sont plutôt hautes du côté de Copenhague. Mais je ne pense pas qu’il s’agisse uniquement de la scène indie rock / punk. Les réussites des projets de Mø ou de Trentemøller en sont d’ailleurs une belle preuve.

Ceci dit, c’est toujours comme ça : la « hype » évolue, et si les attentions médiatiques sont en ce moment propices à Copenhague, elles tourneront sans doute bientôt. Et tu sais quoi ? Les frontières, on les emmerde. Le Monde devient tellement petit que le concept de « ville » est de moins en moins important. Les scènes paraissent aujourd’hui être connectées, non plus par la géographie, mais plutôt par la musique ou par l’art qu’elles peuvent partager ensemble.

Est-ce parce que tu rêverais d’assister à un concert de Reptile Youth que tu te trouves quasi systématiquement, à un moment ou à un autre, en train de danser et de pogoter avec la foule lors de tes concerts ?

Mads : Oui, j’adorerais avoir l’occasion d’assister à un concert de Reptile Youth ! Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est que la plupart du temps, je suis un peu « le mec au fond de la salle » lorsque j’assiste à un concert autre qu’à celui de Reptile Youth… Et je ne suis pas très fier de ça. Je suppose que j’éjecte toute mon énergie dans ma propre musique. Mon besoin de lâcher prise lors de mes lives vient sans doute de là.

Il y a quelques années, vous avez contrarié une partie de vos fans en passant de « Reptile & Retard » à « Reptile Youth », symbolisant ainsi l’évolution de votre musique, passée d’un format électro punk à quelque chose de plus pop. La prochaine fois que vous changerez de nom, ce sera pour livrer un projet avec paroles sensibles et guitare acoustique ?

Mads : Haha ! Sérieusement, je te promets que je sortirai un album de ce genre un jour. Et je ne plaisante pas. Mais j’ai besoin de faire sortir toute la rage que j’ai en moi d’abord. Dans 10 ans peut-être. Je crois qu’il y a en moi un tas d’idées différentes, si l’on parle de musique. Et je pense qu’Esben (ndlr : le bassiste du groupe) ressent la même chose. En réalité, peut-être n’avons-nous pas encore trouvé tout à fait ce que nous recherchons…

D’un point de vue discographique d’ailleurs, y a-t-il déjà un prochain album en préparation ?

Mads : Quelque chose se prépare. Mais je ne peux pas te dire quoi !

Je suis à la recherche de sons pour mettre dans mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

Mads : Oui, tu peux me le demander ! Le nouvel album d’Iceage, dont on parlait tout à l’heure, est très bon. Je suis très impressionné par la manière dont ils sont parvenus à évoluer avec autant de grâce. Le son est toujours le leur, mais d’une manière complètement nouvelle.

Le nouvel album de Foxygen est également très bon. Il sonne comme une très belle et très vieille voiture avec lecteur cassettes sur le point de se crasher.

D’un point de vue plus électronique, je crois qu’Arca est également quelque chose d’incroyable. Et j’aime beaucoup son univers. Et il y a aussi Dean Blunt. Son dernier album The Reedemer porte en lui quelque chose de très spécial.

Reptile Youth, Rivers That Run For A Sea That Is Gone, 2014, Internet, 48 min.

Visuel : © pochette de Rivers That Run For A Sea That Is Gone de Reptile Youth

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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