Pop / Rock
L’interview stroboscopique : Einleit

L’interview stroboscopique : Einleit

16 juillet 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur la dark wave éthérée (ou pop noire électronique) d’Einleit, trio d’origine française (et aussi japonaise) malgré sa nomination germanique, de retour avec le glacé et mélancolique Fire Walk With Me, un EP qui annonce un album complet prévu pour la rentrée de l’année 2015…

Le nom est islandais, les origines françaises et japonaises, les textes en anglais…avec tant de distances géographiques, est-ce donc plutôt depuis les étoiles qu’il convient de contempler la pop de Einleit ?

Jun Suzuki (chant / claviers / guitare) : Effectivement, « Pop étoilée » serait un bon qualificatif. Des petites lumières dans un gouffre noir.

J’ai cherché sur Google Traduction, et on me dit que « Einleit » est l’équivalent islandais de « homogène ». Est-ce à votre état d’esprit, qui paraît toujours lourdement mélancolique, que cette homogénéité fait référence ?

Jun Suzuki : « Einleit » vient en fait du mot allemand « einleitung » qui signifie « introduction », « initiation ». Par exemple, tous les livrets d’opéras allemands commencent par un « einleitung », clin d’oeil à notre formation de chant lyrique. On a raccourci le mot pour lui donner une consonance plus anglophone. Et pour le référencement Google bien évidemment.

On vous sait passé par la Maîtrise des Hauts de Seine (le chœur d’enfants de l’Opéra de Paris) et par le conservatoire. Comment parvient-on à dépasser une formation aussi classique pour finir par basculer dans la modernité pop futuriste ?

Jun Suzuki : On doit à nos formations classiques le développement de notre sensibilité artistique et un certain lyrisme de la musique. L’ouverture d’esprit et l’envie d’aller explorer d’autres univers musicaux n’a franchement rien à voir. C’est venu après avoir tâtonné différents styles musicaux plus classiques comme le rock, le funk, le hip hop. On a élagué notre chemin petit à petit à force d’échecs jusqu’à cette niche pop électro minimaliste.

Einleit, avec la voix des claviers et des guitares rétro-futuristes, parle de tristesse, et aussi beaucoup de littérature. Qui est-il idéal de lire avec Fire Walk With Me collé sur les oreilles ?

Jun Suzuki : Ma Vie, par Jun Suzuki. Ou plus sérieusement Herman Hesse, Huysmans et John Wain pour reprendre les points cardinaux européens qui nous correspondent.

Si votre second EP s’appelle Fire Walk With Me, c’est plutôt la glace qui semble au premier abord mener ici la route à vos côtés…

Jun Suzuki : Ha ! C’est bien pour ça qu’on le réclame ! (attention c’est une phrase au subjonctif car le « walk » ne prend pas de « s »).

Ce second EP est-il l’annonciateur d’un album prochain ?

Jun Suzuki : Un album est prévu pour la rentrée 2015 à paraître sur le label Wheelnoise Production.

Je cherche des sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

Jun Suzuki : Son Lux, The Acid et Jungle. Y’a de quoi déprimer, mais pas que.

Einleit, Fire Walk With Me, 2014, Wheel Noise Production

Visuel : © pochette de Fire Walk With Me d’Einleit

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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