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Les Cannibales les Plus Cools du Monde

Les Cannibales les Plus Cools du Monde

28 novembre 2019 | PAR Pierre Poughon

Soirée caritative et qui plus est réussie pour Cannibale hier soir au Petit Bain. En plus d’assurer, tant le groupe que sa première partie ont réussi le pari de réunir bon nombre d’aide à une bien noble cause.

Avant de parler des artistes du soir, petite aparté. Cannibale et Maritta étaient présents hier soir du fait de l’asso Les Éveillés. Jouant bénévolement, tous les bénéfices de la soirée étaient reversés à Paris d’Exil, asso qui fournit une tonne d’aide nécessaire aux migrants et personnes exilées. Ça a le mérite d’être souligné. On adore autant les artistes pour ce geste que l’asso pour le simple fait d’exister, et la salle pour prêter ses murs. Il faudrait des dizaines d’autres soirées comme aucune, signifiant implicitement la résolution d’un pseudo problème qui ne devrait même pas exister. Présentations finies, venons-en au fait.

Marietta c’est l’histoire d’un mec. Entre la France et la Californie, ce mec arrive seul sur scène. Armé d’une folk, d’une petite dizaine de pédales et d’un looper, il assure seul avec son matos la première partie. Plein d’envie, il tente le tout pour le tout. Choix assez courageux d’assurer seul un concert, se passant de musiciens, le français essaie. Parfois, l’humeur passe, parfois c’est plus compliqué. Faisant penser par échos à un certain Doherty, Peter de son prénom, Guillaume Marietta est un maître. Maître de sa guitare, maître de ses sons, maîtres de ses samples. Malheureusement, sa folk, distordue au gré des chansons, sonne parfois creux. Sans trop d’âme. Tout comme sa performance scénique, certes présent, il ne respire pas la joie de vivre. Cependant, son set, conçu de futures sons pas encore trouvables par le comin des mortels, rentre dans les veines. Excellent chanteur, tout autant bon guitariste, son amoindrie personnalité (enfin on l’espère) gère le live. Sans jamais vraiment impressionner, le chanteur a au moins l’audace de tenter, d’essayer. Tomber c’est se relever, on espère que Guillaume Marietta sera bientôt là, avec un vrai groupe, pour pleinement exprimer son talent de compositeur et d’interprète, et d’enfin faire comprendre au monde qu’il existe.

Puis vient la tête d’affiche du soir. Cannibale c’est le genre de groupe qui parle au coeur. Ce rock aux accents caribéens (impossible n’est pas français) est une pure joie. Dès le premier album, No Mercy For Love (à écouter, vraiment fou), on savait le quintet talentueux. Quadras au minima, venants chacun de différents projets plus ou moins connus, leur formation rend l’image d’un groupe d’expérience, absolument délicieux. Leur rock, basé sur une guitare étincelante, quelques synthés, pléthore de voix, et un duo basse/batterie groovy à en crever, est si cool. Vraiment, ces gars-là sont dans le chill. Leur second album, Not Easy To Cook, reprend la même recette avec brio. Puis, plus récemment, en juillet, le 19 exactement, un double single sort. Acceleration et Let’s Jump reste dans la même veine. On reconnaît bien là la patte si particulière du groupe. Un vent de fraîcheur, clairement, un vent de folie. Ils commencent enfin à avoir un peu de reconnaissance, et ça, ça fait plaisir.

Suit, donc, un live à la hauteur du groupe. Un batteur. Un clavier. Un guitariste tapant de la snare dès que besoin, un bassiste puis un chanteur avec toms et autres outils rythmique en tout genre à disposition en fonction du son. On imaginait pas le set autrement. Le guitariste comme le bassiste assure les backs aiguës, dénotant du profil. Le set est fourni. Tant par leurs meilleurs sons que par différents tracks se mêlant au reste dans un set absolument complet. Le groupe assure la danse. Le Petit Bain, éparse lors de Marietta, s’est rempli en une traînée de poudre dès que les premiers accords ont résonnés dans les murs de la péniche. Le quintet venu de Normandie assure un set à la hauteur du groupe. Véritable révélation de ces dernières années, ils n’en finissent pas de tourner, et ça se sent. Calés comme jamais, le chanteur, tout comme le reste du groupe, se permet quelques libertés. Tous plus concentrés que jamais, avec un sorte d’impressionnante décontraction, le quintet a créé un bal somptueux, sans fioritures, juste du pur son et de la danse. Littéralement ce qu’on demande, et avec eux, il paraît impossible d’être déçu.

Crédit Photo : Cover de Cannibale – Not Easy to Cook

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Pierre Poughon

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