Musique
Last Train, ces patrons du Live

Last Train, ces patrons du Live

23 mars 2022 | PAR Pierre Pouj

Pour peu de prendre son mal en patience, Covid oblige, et d’assister, comme tant d’autres, à l’incessant report de date, on touche enfin au but, et quel but ! Un concert de Last Train à l’Olympia. Autant dire, une heure et quelque d’éclate totale.

Pas de nouvel album sorti, mais pourtant il ne faut jamais passer à côté d’un concert de Last Train. Le quatuor français, fort de son statut de porte étendard du rock hexagonal, jouit d’une réputation live qui n’est plus à démontrer. Mais deux albums (Weathering 2016, The Big Picture 2019), acclamés aux quatre coins du monde, ne suffisent pas. Il fallait bien que les Alsaciens sortent des sentiers battus, explorent, et tentent. Et c’est chose faite, avec la création d’un court métrage d’une vingtaine de minutes accompagné d’une chanson toute aussi longue, excusez du peu. Dans How Did We Get There ?, un homme se bat avec l’image qu’il renvoie, ses souvenirs, son passé, tout ça dans une maison un peu glauque qu’il décore de miroirs. On vous laissera découvrir toute la poésie noire et mélancolique mise en lumière par une musique qui regroupe ce que fait le mieux le groupe. Une intro calme au piano, puis les guitares sortent et rugissent, pour une pièce magistrale. Voilà ce qu’est Last Train, du rock magistral.

 

L’Olympia était chauffé à blanc, on ne saura jamais vraiment si c’est du fait de Lulu Van Trapp, la première partie, ou tout simplement un courant qui passait par là. Mais chaque spectateur, chaque spectatrice, trépignait alors d’impatience, les yeux rivés sur la scène, cachée par de grands rideaux rouges sombres. Puis, au bout d’une demi heure, la petite musique s’est tue, les lumières se sont tamisées, les rideaux ont dévoilé une scène sobre, a l’image de la pochette du dernier album du groupe. Groupe qui est finalement arrivé, accueilli comme il se doit, adulé, adoré, par un Olympia plein à craquer. Et nous voilà parti pour un set fourni, long et phénoménal. Last Train, groupe live par essence, n’a rien perdu de sa vigueur, de sa technicité. Chaque note, chaque mot, chaque détail est un travail millimétré, rien n’est laissé au hasard. La prestation est époustouflante, une heure et demie de pure énergie. On retiendra l’apparition de Bandit Bandit, autres rockeurs.euses français.ses, pour jouer Maux, l’un de leurs titres phares. Après les 20 minutes de How Did We Get There ? (oui, ils l’ont jouée en entière, une sacré prouesse), le groupe a terminé sur The Big Picture, reprise en cœur par un public plus qu’heureux d’avoir pu assister à un concert magistral, comme, soyons honnêtes, n’importe quelle apparition de Last Train sur scène.

 

Crédit Photo : cover de Last Train – Big Picture

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Pierre Pouj

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