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Keziah Jones revient avec un hommage à ses mentors, avant un nouvel album en 2018

Keziah Jones revient avec un hommage à ses mentors, avant un nouvel album en 2018

06 novembre 2017 | PAR Melissa Chemam

Keziah Jones nous revient avec un quatre titres composé de reprises ainsi qu’une nouvelle tournée. Mélissa Chemam l’a rencontré fin juillet, dans la perspective de cette sortie.

[rating=4]

Dès son arrivée, l’élégance naturelle de Keziah Jones sidère à chaque fois. C’est par une chaude journée de juillet que j’ai partagé quelques bulles avec lui sur la terrasse du très tendance Mob Hotel à Saint-Ouen, où il a donné quelques concerts cet été après plusieurs dates en France, pour parler des ses nombreux projets. Tout habillé de noir ce jour-là, immanquablement coiffé d’un chapeau chic, son énergie et sa joie de vivre sont contagieuses.

Guitar hero nigérian, icône de l’alchimie entre le blues et de funk africain, qu’il a lui-même bapstisé « Blufunk » avec son premier album Blufunk is Fact, sorti en 1992, Keziah Jones a marqué l’histoire de la musique africaine et créée un pont entre son pays et l’Europe.

Avec son nouvel E.P., intitulé Rugged Covers (soit « Reprises brutes »), le musicien rend hommage à ceux qui ne cessent de l’inspirer : The Stranglers, Antônio Carlos Jobim, le génie de l’Afrobeat Fela Kuti (avec son « When Trouble Sleep ») et le « Kid de Minneapolis » Prince. De ce dernier, il a repris « Joy In Repetition », un titre sorti en 1990 sur l’album Graffiti Bridge, dans une version personnelle et habitée :

‘Joy In Repetition’

« ‘Joy In Repetition’ de Prince est une chanson très spéciale parce qu’elle parle de la beauté de répéter quelque chose qui fait du bien », explique-t-il, « et je crois que j’y réponds assez vivement, la joie dans la répétition des choses est bonne. Le défi de faire quelque chose différemment est réellement l’important quand on écoute ces chansons ».

Un musicien nomade et multi-inspiré

Après avoir été envoyé par des parents de son Nigéria natal pour étudier en Angleterre à seulement 8 ans, Olufemi Sanyaolu (de son vrai nom) a formé une identité multiple. Issue d’une bonne famille yoruba, promis à de grandes études, il choisit cependant de se consacrer à sa passion. « Ce fut un grand risque pour moi, mon père me surveillait de loin. Et puis j’ai eu beaucoup de chance, car mon label a accepté mon son tel qu’il était, et j’ai surtout beaucoup travaillé. Cela m’a donné une structure et m’a permis de me maintenir et d’évoluer ».

Keziah Jones – Rhythm Is Love (Official Video)

Chanteur à la voix exceptionnelle, multi-instrumentiste surdoué, le musicien s’est réinventé dans les rues de Londres et a été « découvert » dans le métro parisien au début de la décennie 1990… Suivent les albums African Space Craft (en 1995), Liquid Sunshine (1999), Black Orpheus (2003) et Nigerian Wood (2008).

Star internationale, Superhéro africain

Devenu une star de la musique africaine en Europe, 20 ans plus tard, il a souhaité rentrer chez lui. Son sixième et dernier album, Captain Rugged, sorti en janvier 2014, marque le temps du retour au pays… En super héros !

Keziah Jones – Afronewave (Official Video)

Admirateur et héritier de Fela Kuti, Keziah Jones est un observateur de son temps, spirituel et politisé. Une espèce rare de musicien, instrumentiste et chanteur au son unique et transporté par une mission. À propos du morceau original de Kuti qu’il vient de reprendre, Keziah ajoute : « Pour moi, cette chanson a toujours sonné comme un vieux morceau de Blues, même si c’est Fela dans sa phase ‘Afrobeat classique’. Ici encore, les paroles citent plusieurs exemples de gens normaux qui s’efforcent de vivre leur vie quand ils se retrouvent confrontés à une situation qui les pousse au bout de leur patience. Donc c’est un Blues. Un Blues moderne ».

Ce nouvel E.P. de quatre titres sera suivi d’un album en 2018. « L’album sortira en avril ou en mai », ajoute Keziah, « j’ai commencé à l’écrire en tournée puis j’ai pris du temps pour m’isoler chez moi pour le fignoler. Ce sera un album plus brut, plus émotif aussi, sur mes relations personnelles, avec des influences yoruba et des réflexions spirituelles ». On a hâte d’entendre le résultat.

Rugged Covers, de Keziah Jones, chez Because Music
Pour trouver ce mini-album, c’est ici.

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