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[Interview] Sharleen Spiteri (Texas) : « L’amitié est sacrée pour moi ! »

[Interview] Sharleen Spiteri (Texas) : « L’amitié est sacrée pour moi ! »

30 septembre 2013 | PAR Arnaud Berreby

texas

Après avoir lu la chronique (ici) annonçant ses concerts à venir, Sharleen Spiteri, la chanteuse du groupe Texas, a demandé à son label de convoquer en urgence son auteur afin de se retrouver pour une petite conversation, juste une mise au point…Nous nous rencontrons alors ce samedi 28 septembre autour d’un thé. L’impression étonnante de papoter avec une bonne copine genre girl next door, loin, très loin de toute posture promo, une discussion franche et profonde s’installe alors en même temps qu’une douce complicité.

Quel genre de relations avez-vous avec la France et plus spécifiquement avec Paris ?

Sharleen Spiteri : Une très ancienne relation ! J’ai même vécu à Paris entre 1996 et 1997 à l’époque de la conception de l’album White On Blonde qui a été très influencé par la France. D’ailleurs, les bruits urbains que vous entendez au début du premier titre ont été enregistrés dans les rues de Paris.

L’album actuel, sorti en mai, marche très bien. Après toutes ces années, étiez-vous confiante dans votre travail, vous attendiez-vous à ce succès ?

Sharleen Spiteri : Non, vous ne savez jamais ! Quand vous travaillez sur l’album, vous donnez le meilleur de vous-même pour tenter d’exprimer votre ressenti car c’est un besoin ! Vous ne pensez ni au public, ni à la maison de disques. Il y a quelque chose au fond de vous qui demande à sortir, c’est une urgence et cela doit se traduire par l’écriture de jolies chansons.

Puis cela va crescendo, l’enregistrement se termine, on commence à tourner les clips et là vous commencez à réaliser que les choses se précipitent : c’est à ce moment-là que la peur revient et j’ai la sensation, après toutes ces années, que plus le temps passe plus l’inquiétude grandit ! Peut-être que le public n’en a plus rien à faire de nous, comment savoir ?

Quel effet cela procure t-il de jouer devant deux générations de spectateurs ?

Sharleen Spiteri :Il s’agit même de trois générations ! A nos débuts en 1989, les teenagers venaient aux concerts mais également les quarantenaires sensibles à notre univers musical soul et blues. 25 ans plus tard, les enfants de ces teenagers rejoignent le groupe à leur tour !

A vos débuts, pensiez-vous durer aussi longtemps ?

Sharleen Spiteri : Non, bien entendu. Il m’arrive même de penser parfois que je suis encore au début de cette aventure.

Vous souvenez-vous de votre premier choc musical ? Un moment de cristallisation où vous avez pensé : « Oui, c’est ça que je veux faire ! »

Sharleen Spiteri : La première fois que j’ai entendu Nancy Sinatra, je devais avoir huit ans à peu près. J’ai ensuite vibré sur les Beatles, les Stones, Marvin Gaye, Ella Fitzgerald etc… J’ai été bercée par les luxuriantes harmonies vocales de Emmylou Harris. Mais le choc original, c’est bien Nancy ! J’ai senti ce jour-là une émotion inédite m’envahir : était-ce un papillon multicolore ? Une chaleur puissante et immédiate. Nancy semblait nous dire : « écoutez ce que j’ai à vous chanter c’est important ! » avec arrogance et certitude, toutes ces choses qui nous attirent quand on est môme.

Rentrons maintenant dans le cœur, dans les deux sens, de l’album. Il y est question d’amour dans presque toutes vos chansons, est-ce si important pour vous ? 

Sharleen Spiteri : Oh que oui, je suis obsédée par l’amour ! L’amour sous toutes ses formes : celui que je ressens pour mon petit ami, mais également l’amour éternel qui me lie à ma fille ou bien l’amour de mes amis. J’aime aimer, montrer mes sentiments, les exprimer et je crois au grand amour, plus que jamais !

Pourtant, la chanson titre de l’album « The Conversation » est très pessimiste, car elle parle d’une conversation ratée entre deux amoureux, d’ailleurs sur un groove paradoxalement très entraînant…

Sharleen Spiteri : C’est le même groove que le « Superstition » de Stevie Wonder ! Mais Arnaud, vous faites erreur quant à l’interprétation du texte : il s’agit, en fait, d’une discussion entre deux amis. J’y parle d’un de mes meilleurs amis de très longue date qui se complaisait dans une négativité permanente. J’avais la sensation qu’il me rongeait l’âme et cette conversation était une ultime tentative de le ramener à la raison.

A propos d’amitié, avez- vous gardé vos amis d’enfance ? Est-il possible quand on est Sharleen Spiteri de se faire de nouveaux amis ?

Sharleen Spiteri : L’amitié est sacrée pour moi ! Quand je vais vous quitter après cette charmante discussion, je vais retrouver ma meilleure amie – depuis mes 14 ans – qui vit actuellement à Paris. Je vis à Londres et je suis devenue récemment très amie avec les parents d’une copine de ma fille, qui, très simplement, m’ont dit : « on s’en tape que tu sois connue, cela ne nous intéresse pas, on t’aime c’est tout ». Je trouve cela très sain !

Internet est-il un bien ou un mal pour la musique ?

Sharleen Spiteri : Je vais vous surprendre mais je pense que c’est un magnifique moyen pour un jeune musicien de se faire connaître, d’échanger et de partager et à la finale d’imposer sa propre vision artistique, notamment vis-à-vis des maisons de disques. Et je suis convaincue que c’est l’art, sous toutes ses formes, qui en ressortira finalement vainqueur !

Texas sera en tournée à travers toute la France, à partir du 12 octobre prochain :

12-oct.-13      NANCY – JAZZ PULSATIONS
13-oct.-13      MONTBELIARD – AXONE
14-oct.-13      GRENOBLE – SUMMUM
16-oct.-13      TOULOUSE – ZENITH
17-oct.-13      NANTES – ZENITH
18-oct.-13      CAEN – ZENITH
20-oct.-13      LILLE – ZENITH
21-oct.-13      PARIS – ZENITH
23-oct.-13      MONTPELLIER – ZENITH

Visuel : (c) Arnaud Berreby

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