Pop / Rock
[Interview] Ok Bonnie : « Prendre le temps de trouver notre propre son »

[Interview] Ok Bonnie : « Prendre le temps de trouver notre propre son »

05 juin 2013 | PAR Bastien Stisi

OnOn les avait découvert par le biais du morceau « Show Your Face », condensé d’électro métronomique et de pop cristalline revisité par les doigts et les platines experts du parrain technoïde Laurent Garnier. Une année et une élaboration d’un premier album plus tard (On, à paraître le 10 juin prochain), nous voilà attablés dans les locaux de l’agence Ephelide aux côtés de la chanteuse Bonnie, abandonnée le temps d’une interview par son compère Benjamin Rippert, venue nous parler de la genèse et des aspirations futures du projet Ok Bonnie, l’une des formations électro pop les plus excitantes du printemps…

Bonnie, vous travaillez avec Benjamin Rippert depuis 2005, mais votre premier album ne paraitra que le 10 juin prochain. Qu’est-ce qui a retardé cette échéance fondamentale dans la vie d’un groupe ?

Nous travaillons effectivement avec Benjamin depuis très longtemps, mais le projet Ok Bonnie sous cette forme ne date véritablement que d’une année. Auparavant, on travaillait sur un projet qui s’appelait « Justine & Ben », puis on a eu un trio live qui prenait encore une autre forme…En 2005, lorsque nous avons débuté notre collaboration, j’étais alors très jeune et j’avais vraiment envie de me familiariser avec la scène avant de me lancer dans un quelconque projet studio.

Benjamin, lui, a eu plusieurs groupes de jazz avant Ok Bonnie, et travaillait sur le projet LSB avec Laurent Garnier (c’est lui qui s’occupe du clavier en live). Ensemble, ils ont également eu l’occasion de collaborer avec le chorégraphe Angelin Preljocaj, et notamment en se chargeant de la bande sonore de l’adaptation de l’Oiseau de Feu.

Laurent Garnier a justement contribué à vous faire connaître en remixant votre morceau « Show Your Face »….

Oui, on a acquis une grosse visibilité grâce à ce remix. Et puis, Laurent Garnier fait très peu de remixes, alors c’était vraiment un honneur pour nous.

Malgré cette collaboration prestigieuse, vous ne faites pas partie du label de Laurent Garnier, mais avez préféré créer le vôtre (Greenwell). Était-ce une volonté de ne pas être étiqueté dans un genre musical fixe et de conserver à tout prix une réelle indépendance vis-à-vis de l’industrie globale du disque ?

Oui, exactement, on a voulu garder une certaine indépendance, prendre le temps de trouver notre propre son, la patte musicale la plus juste et la plus personnelle possible. Avoir notre propre label est aussi l’occasion pour nous de pouvoir créer d’une manière différente, de pouvoir croiser les arts et les formats, puisqu’en plus d’Ok Bonnie, Greenwell accueille notre agent ainsi que David Guillonet, le réalisateur de notre premier clip (Y.N.S.L.)

L’isolement géographique a aussi un peu compté. On est originaires de Lourmarin, dans le Sud de la France, et si en ce moment ça commence un peu à bouger dans le coin, la musique que l’on fait n’a pas toujours été adaptée à notre région ! Quand on n’est pas directement sur Paris, il faut peut-être batailler encore plus…

Votre style musical demeure toutefois compliqué à entériner.  « Something in the Air », l’un de mes morceaux coup de cœur de l’album, m’apparaît justement comme la parfaite synthèse des nombreuses explorations menées à travers ce premier disque, entre ce clavier spatial, ces gimmicks rock, cette sensualité vocale et cette montée d’électro planante…

Tu as raison. À la base, on vient d’une pop proche de la chanson française, et depuis la véritable formation d’Ok Bonnie il y a un an, on a eu envie d’intégrer des influences électroniques, de pouvoir resserrer nos productions et de trouver une couleur plus marquée. « Basement », par exemple, ça sonne presque techno berlinoise, et à côté tu as des morceaux beaucoup plus pop, plus adaptés aux ondes comme le single « Y.N.S.L ». C’est très diversifié.

On écoute bien sûr beaucoup de choses, de Gainsbourg à Radhiohead, d’Aphex Twin à Laurent Garnier, mais il faut bien avouer que l’on ne s’est pas trop posé la question de nos influences musicales lorsque l’on a réalisé l’album. Ce qui a  d’ailleurs été intéressant, c’est que l’on avait tendance auparavant à travailler sur des périodes assez longues.  Nous avions par exemple eu six mois pour élaborer notre précédant EP, qui comporte du coup des productions très (trop ?) différentes. On a voulu confectionner notre LP en gardant cette expérience à l’esprit, et on a ainsi composé la majorité des morceaux en trois semaines. C’était la première fois que l’on travaillait aussi rapidement et de ne pas avoir le temps de se poser trop de questions nous a aidé à garder un côté un peu plus instinctif.

Quelles sont les prochaines échéances d’Ok Bonnie ? Quand aura-t-on le plaisir de vous voir sur scène ?

Dans l’immédiat, on va participer à la première édition du Festival Yeah ! (du 7 au 9 juin), organisé chez nous à Loumarin par Laurent Garnier, et puis il va y avoir dans la foulée la sortie de l’album, le 10 juin. On débutera la tournée de promotion de On en septembre, avec quelques dates à Paris. Après, on réalisera peut-être ce qui est en train de nous arriver !

Visuel : © pochette de On d’Ok Bonnie

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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