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[Interview] Les soirées Labo Pop au Petit Bain : « une tentative de défrichage pop »

[Interview] Les soirées Labo Pop au Petit Bain : « une tentative de défrichage pop »

09 juin 2015 | PAR Bastien Stisi

Ensemble, Johannes et Nicolas, respectivement chargé de communication et programmateur du Petit Bain, ont fondé il y a quelques mois les soirées Labo Pop, « label » qualitatif et défricheur de la salle flottante du Quai de la Gare qui a déjà accueilli au cours des éditions précédentes les porte-étendards les plus attrayants de la scène pop française actuelle, de Flavien Berger à Blind Digital Citizen, de Grand Blanc à Caandides, de Ropoporose à De la Montagne. Dans le cadre du festival Labo Pop, qui clôturera le samedi 13 juin la très belle et très encourageante saison des Labo Pop, rencontre avec les deux fondateurs :

Comment est née l’ambition de faire des soirées « Labo Pop » au Petit Bain ?

Nicolas : Avec Johannes, on a beaucoup de groupes en commun dont on parle souvent. On a tout simplement eu envie de monter des projets qui ressemblent ces intérêts communs, et cet intérêt pour la pop qui vient d’horizons multiples. On a monté une première soirée, un espace d’épisode 0, au mois de mars 2014, avec Unisson, 202project et We Are Towers. Un peu à l’arrache, trois semaines à l’avance…

Johannes : On avait un mois de mars un peu pauvre, et on s’est dit que c’était peut-être le moment de lancer ces soirées un peu spécifiques, qui s’apparent à un peu à une démarche de défrichage pop…Ça a été un gros bide ! Les concerts étaient très bien, mais le public n’a pas suffisamment suivi…On a alors décidé d’arrêter toute de suite, pour mieux repartir derrière.

Nicolas : On voulait au départ faire ça tous les mois. Puis on s’est dit que tous les deux mois, c’était déjà très bien, et que ça nous laissait aussi davantage de temps pour mieux les préparer.

Vous vous définissez comme « le label découverte de Petit Bain »…

Johannes : Le terme, dans un premier temps, est là pour labéliser les soirées et pour les différencier du reste des soirées proposées par le Petit Bain. L’idée était quand même dire «  ce n’est pas juste une soirée concert de plus ». Après tu vois, on ne se positionne pas toujours non plus comme des défricheurs : Grand Blanc, on les a fait jouer en novembre dernier avec Flavien Berger, mais quand on les a contacté, après les avoir vu, ils n’étaient pas encore très connus…Je les avais découverts à l’époque sur BandCamp…

Pour Blind Digital Citizen, pareil, c’est un groupe auquel je suis énormément attaché : je les suis depuis leur premier EP, c’était donc un grand plaisir de leur offrir carte blanche pour la release de leur premier album qu’ils ont fait chez nous avec Inigo Montoya et Caandides en premières parties !

Les soirées Labo Pop, bien sûr, sont focalisées sur la musique pop, mais une pop qui peut prendre des formes considérablement différentes…

Johannes : C’est vrai, quand tu regardes les groupes qui sont passés jusqu’ici, c’est assez éclectique…C’est souvent aussi le fait des groupes que l’on invite en tête d’affiche, et à qui on donne généralement carte blanche pour le reste du plateau. Camilla Sparksss c’était uniquement de l’électro pop. Grand Blanc c’était plus l’alliance le côté cold-wave qui ressortait puisqu’ils avaient notamment invité Flavien Berger. Le 3e c’était Ropoporose, et là on était dans quelque chose de beaucoup plus indie rock. Et Blind Digital Citizen, c’était complètement leur choix : la soirée des potes ! Ça donne une couleur assez différente à chaque soirée.

La prochaine soirée Labo Pop du 13 juin sera plutôt une journée complète…

Johannes : Tout à fait : ce sera un mini-festival étalé de 16 heures à minuit. On s’est fait plaisir : on invite Mermonte, Hold Your Horses !, Ménage à Trois, Filago…des groupes qui incarnent eux aussi une certaine idée de renouveau de la scène pop française.

Nicolas : Oui, on a invité tout un tas de groupes que l’on avait envie de voir pour cette dernière édition de l’année. On est aussi attaché à la continuité et à la logique dans notre programmation : il y a des groupes que l’on fait jouer à la cantine ou à la terrasse du Petit Bain que l’on fait va faire rejouer dans la salle plus tard, par exemple.

Johannes : La volonté que l’on a désormais, c’est effectivement de développer le côté « accompagnement des groupes » que l’on a commencé à travailler. On propose notamment de plus en plus de résidences aux groupes qui viennent jouer au cours de ces soirées. On aimerait aussi développer le côté « marque » du projet. Tu vois, lorsque l’on fait passer Grand Blanc, Ropoporose ou Blind Digital Citizen, comme ce sont des groupes qui commencent à avoir un petit succès, on est quasiment sûrs de réussir notre date. Moi ce que j’adorerais, c’est juste dire : « prochaine Labo Pop, telle date », et que les gens viennent pour ça. En tout cas, prendre plus de risque dans notre programmation.

Nicolas : C’est un objectif que je pense également réalisable : on a déjà pas mal de gens qui reviennent à ces soirées-là parce qu’ils ont été contents ou surpris par la précédente. Et puis, il y a une politique de prix assez accessibles sur ces soirées. En général, c’est 6 euros en préventes. C’est très accessible !

La prochaine Labo Pop aura lieu le samedi 13 juin au Petit Bain. Et on vous fait gagner des places par ici.

Visuel : © Petit Bain

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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