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Interview avec les deux guitaristes du Magic Gang

Interview avec les deux guitaristes du Magic Gang

26 octobre 2018 | PAR Pierre Poughon

Entre deux camions de pompiers, on a réussi à se poser avec les deux guitaristes et chanteurs du Magic Gang, Jack et Kristian, sur la terrasse du Point Éphémère. Entretien avec deux gars cools et vraiment pas prise de tête.

Comment est venue la création du Magic Gang ?

Jack : on s’est rencontré à l’université de Bournemouth, Kris voulait créer un groupe avec comme idée 10 personnes, un collectif, où tout le monde jouerait d’un instrument acoustique différent, percussions, guitare, ce genre de truc. D’où le nom The Magic Gang, qui vient de ce concept. Au fur et à mesure des amitiés finies, il ne restait plus que nous quatre.

Je vous écoute depuis 2015, avec She Won’t Ghost et Shallow, qu’est-ce qui a changé depuis cette époque ? Par exemple la première version de Alright est tellement différente de celle présente dans l’album

Jack : Ces premiers enregistrements étaient principalement des chansons jouées live, avec, Alright, en l’occurrence, avec un tempo rapide, si rapide qu’il a fallu la réenregistrer pour l’album.

Kris : Aussi, au début on avait beaucoup moins notre mot à dire sur nos compositions, où juste qu’on avait simplement pas vraiment d’idée précise sur ce qu’on voulait être, ce que l’on voulait composer, notre son. Donc, quand on a voulu enregistrer l’album cette année, on a créé des versions bien plus proches de notre identité, de notre nature. Quand on a commencé, c’était plutôt « vous allez travailler avec tel producteur, il va imposer son truc sur votre musique ». L’album est bien plus centré sur une collaboration avec notre producteur, d’où le son assez différent par rapport à 2015

https://soundcloud.com/themagicgang/the-magic-gang-shallow

Quel est votre processus d’écriture ?

Kris : Tout le monde est inclus dans l’écriture de nos chansons, d’une manière ou d’une autre. Mais la manière dont les sons commencent peut changer. Des fois, on arrive à deux avec une idée, des fois seulement un seul, d’autres fois les quatre réunis. On n’a pas vraiment de paterne.

J’ai l’impression que la plupart des chansons de l’album parle de ruptures, de choses qui vous sont arrivées dans vos vies personnelles. La musique est-elle une catharsis pour vous ?

Kris : Oui, je pense. Mais on essaie surtout de ne pas les rendre trop personnelles, trop directes. On fait en sorte de ne pas diriger nos chansons vers une seule personne. On s’inspire de nos vies, de certains événements, tout en essayant de rendre les chansons assez ouvertes pour que tout le monde puisse s’identifier à celles-ci.

Et sinon, comment se passe la tournée ?

Jack : On va la finir très bientôt avec l’Espagne. Avant d’entamer le reste de l’Europe, on a fait une longue tournée au Royaume Uni. C’était vraiment génial, mais on devient assez rapidement fatigué de toujours faire les mêmes choses encore et encore.

Ça doit être tellement répétitif de toujours faire les mêmes chansons tous les soirs, non ?

Jack : Plutôt, oui. On essaie encore de s’habituer à ces tournées plutôt longues. Mais arriver ici, à Paris, ou dans d’autres pays d’Europe, ça change totalement la donne ! On se retrouve dans d’autres villes où on a jamais étés, on joue devant des personnes qu’on a jamais vues avant. Ça nous donne une nouvelle énergie. Un peu comme des vacances. On se se sent plus relax que durant nos tournées de notre côté de la Manche.

 

Puis, dans quelques semaines, vous êtes au Japon, c’est ça ?

Jack : Oui c’est tellement iréel ! On est tellement hypé d’y être !

Kris : On sait absolument pas a quoi s’attendre, a vrai dire. Ça devrait être tellement cool et intéressant !

Vous savez si vous avez une fanbase au Japon ? On vous attend là bas ?

Jack :Je crois qu’il y a eu une petite activité sur Twitter quand on a annoncé le concert là bas, pas mal de tickets ont été vendus, mais on a pas vraiment d’idée précise de ce que ça va être.

Parlons futur, vous avez commencé à écrire quelque chose, un début de deuxième album ?

Jack : On écrit en ce moment, à vrai dire. On en a fait pas mal avant de partir en tournée, c’est pas encore totalement complet pour le moment, mais c’est vraiment maintenant que ça va devenir excitant. Voir nos idées prendre forme. Écrire, composer, c’est ce que l’on préfère, on a vraiment hâte de se retrouver, de taffer sur le prochain album

Vous préférez être en studio qu’en tournée ?

Kris : Je préfère vraiment être en studio, perso

Jack : J’aime les deux, de manière et pour des raisons différentes. L’écriture a ce quelque chose, arriver avec un concept, c’est une émotion que rien ne peut vraiment égaler.

Comment va être le deuxième album ? Dans le même style que le premier ? Ou vous allez tenter des choses différentes, comme la chanson Take Care, au piano avec le bassiste en lead vocal ?

Kris : A vrai dire, y’aura seulement une ou deux chansons qui seront vraiment dans la même veine que le premier album. Le reste sera bien plus varié. Beaucoup plus de différences entre les chansons.
Tout ça parce que le premier album est la genèse de tout ce qu’on a depuis que l’on a commencé le groupe, avant 2015. On s’est basé sur nos acquis.
Avec cet album, tout est nouveau. On est dans une toute autre dimension créative qu’à l’époque. On est aussi beaucoup confiants de tenter des choses plus risquées, vraiment. Avec un album déjà sorti, une fanbase plutôt solide qui adore ce que l’on fait, ça nous donne assez de confiance pour expérimenter, sortir de notre zone de confort. Rien de trop bizarre, ça sera toujours de la pop, mais l’album sera certainement plus varié, plus coloré. Enfin on espère. Plus intéressant, ouais.

Du coup, vous ne vous définissez pas comme des rockstars. Vous avez même dit que c’était des conneries. Vous préférez être référé à un simple groupe ?

Kris : Ouais, c’est ça. Juste un groupe d’artistes.

Jack : On peut pas vraiment s’appeler des rockstars, ça serait juste mentir. On doit être honnête. On est juste des compositeurs, des musiciens, rien de plus exceptionnel que ça.

Kris : Je pense aussi que le fait qu’on soit tous amis à la base fait qu’on travaille, qu’on tourne, avec des gens avec qui l’on est proche, qu’on connaît d’avant. Ça ressemble pas vraiment à de la célébrité, c’est plus toi et potes, bossant ensemble.

Et si vous n’aviez pas été musiciens, vous en seriez où actuellement ?

Kris : Certainement en train de faire des films. Surtout Jack et moi, on serait en train de diriger ensemble.

Jack : Quand on s’est rencontré, on faisait des vidéos ensemble à l’université. On savait qu’on voulait faire quelque chose de créatif de nos vies, et on voulait vraiment créer ensemble. C’est juste devenu de la musique, c’aurait pu être des films, ou tout autre chose. Mais quelque chose de créatif.

Et est-ce que vous avez une influence dans vos clips, du coup ?

Kris : Seulement un ou deux pour le moment.

Jack : Ouais, on aimerait vraiment se mettre un peu plus dedans. Pour le dernier clip, Paeris, le batteur, a aidé a dirigé. C’était pas mal son idée. J’ai aussi un peu mis ma touche. On avait un réalisateur, mais on faisait en sorte que notre idée soit réalisée en prenant part au projet. On aimerait, plus tard, faire en sorte de réaliser nos propres vidéos.

 

Vous voulez tout faire vous même ?

Jack : Aussi fou que ça puisse paraître, on aimerait tout contrôler.

Kris : On veut faire sorte que tout soit bien plus relié pour le deuxième album, que la vidéo, l’art, tout soit ensemble.

Même les t-shirts, tout ça ?

Jack : On fait déjà nos propres t-shirts, Paeris réalise tous les design, s’occupe de toute la partie graphisme. Plus on se dirige sur cette voie, mieux ce sera pour nous. On aura une identité bien plus forte, bien plus complète que maintenant.

Dernière question, quelle est votre album préféré de 2018 ?

Jack : Je vais en dire deux. Le premier par Les Dirty Projectors, Lamp Lit Rose, et le second celui de Father John Misty, God’s Favourite Customer

Kris : J’adore le dernier album des Lemon Twigs, Go To School. C’est la première réponse qui me traverse l’esprit !

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Visuel : pochette de l’album

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