Chanson
Garorock, jour 3 : rétrospective

Garorock, jour 3 : rétrospective

06 juillet 2022 | PAR Capucine De Montaudry

La troisième journée du festival a regroupé quelques unes des meilleures performances. En première place, Parcels et Ibeyi, qui convoquaient des univers très différents mais ont offert un moment magique à leurs fans. Quelques déceptions aussi… Les succès de la programmation étaient plus variables que la veille. 

Voilaaa Sound System

Une performance amusante qui s’est malheureusement éternisée. Bruno Hovart aime faire le show, mais en concert, il est davantage un animateur qu’un artiste. Tout ou presque était du play back et il ajoutait seulement quelques onomatopées ou parlait au public.  Son humour est douteux : on aurait préféré éviter les quelques phrases enregistrées avec un accent africain très cliché. Ses chansons afro et funk étaient très divertissantes, parfaites pour un après-midi au soleil et la très belle scène qui donnait sur la forêt, mais on regrette les choix du showman… 

Joris Delacroix, star de la house techno

Un artiste français encore trop peu connu du grand public : Garorock l’a programmé dans l’une des scènes du camping, en pleine journée, et il a attiré les foules. Un mix de house et de techno avec des riffs qui s’ajoutent les uns aux autres dans de longues cadences explosives… Rien de mieux pour danser ! Joris Delacroix fait tout en live et on espère que cette apparition à Garorock lui ouvrira de nouvelles portes. 

L’impératrice

Un début de soirée en beauté avec les six membres du groupe. Ils ont apporté beaucoup de fraîcheur et de plaisir à Garorock avec leurs rythmes dansants et l’ambiance chaleureuse de leurs musiques. Agitations tropicalesSonate pacifique, et leurs nombreuses autres chansons ont réjouit le public. En termes de scénographie cependant, peu d’éléments, un simple logo apparaissait sur un écran. La plus grande scène du lieu en attendait peut-être davantage d’un groupe aussi célèbre.

Parcels, le boysband 

Parcels fait partie des meilleures performances du festival malgré une grande simplicité de mise en scène. Le groupe australien se suffisait à lui-même. On retrouvait avec eux l’ambiance des boysband britanniques, que ce soit dans leur prestance ou leur style, un débardeur et un jean. Séduisants, funs et surtout talentueux. Un style funk, pop et électro, une immense gaîté, des rythmes très dansants et des doubles voix qui vous emportent. Leur concert était une histoire qui nous emmenait progressivement de leurs chansons les plus célèbres, comme Tieduprightnow, à une ambiance plus rêveuses et abstraite, puis des rythmes parfois même techno, pour revenir ensuite à de grands classiques. Un groupe qui nous a prouvé que les lovers au style pop, ça marcherait toujours très bien… 

Les sublimes Ibeyi

Comme PNL et Roméo Elvis, les deux sœurs tenaient leur public dans le creux de la main. Elles faisaient partie des rares artistes programmés en plein jour mais qui ont pu proposer une belle scénographie. Avec elles se trouvaient leur ingénieur son et tous les trois avaient un espace dans un immense cadre noir. Un savant mélange de soul, de musique a capella, de rythmes afro… Leur style est en même temps un hommage à la culture afro-cubaine, ce qui se perçoit dans les mélodies. Elles nous ont impressionnés tant par leurs qualités techniques que par leur lien avec la public. Nous saluons particulièrement leur performance a capella dans Oya, performée et mixée en live. 

Orelsan 

Comme Green Day, c’était l’un des artistes les plus attendus de cette programmation 2022. Orelsan a sorti son nouvel album il y a moins d’un an et y fait beaucoup de références à la politique. Ses textes sont existentiels, il touche à une perception du monde très noire qui parle à de nombreuses personnes. Cependant il était décevant sur scène, peut-être par la différence radicale de tempérament avec les autres artistes programmés. Son univers convenait mal à l’ambiance festivalière — distance qu’un artiste comme Odezenne a su combler par ses instrumentations plus dansantes. Orelsan a ici eu du mal à s’adresser à tout le public et choisissait mal les moments où il faisait chanter. Les quelques références aux musiques qu’il a produites en duo ou en groupe, comme À l’heure où j’me couche dont il a fait écouter l’instrumentation, on fait l’effet d’un étalage de ses anciens tubes. Néanmoins c’était un plaisir de retrouver des anciennes chansons telles que La Terre est ronde, plus adaptées que les musiques de son nouvel album face à l’ampleur du public qu’il rassemblait. Et quitte à jouer dans le pathétique, on a regretté qu’il n’interprète pas Notes pour trop tard

Mr Oizo, scénariste, cinéaste et musicien

Mr Oizo, c’est un retour à une musique bien plus techno, à une amplitude très basse. Il travaille essentiellement sur des rythmes et des sonorités, avec des effets de saturation. En tant que musicien, son parcours comprend plusieurs collaborations, avec Roméo Elvis, Marilyn Manson ou encore Skrillex. Il a une conception intéressante de l’art, dans lequel il ne cherche pas de sens, car pour lui il s’agit au contraire de ce qui fait arrêter de réfléchir. À Garorock, il a repris dans sa scénographie des personnages de gameboy qui se baladaient sur l’écran derrière lui. 

DJ Snake 

Un nouveau prince du festival, qui revient depuis de nombreuses éditions ! Le deejay français, qui a collaboré avec les grands noms de la pop, a cette année montré qui il était. Entre flammes, moments de dubstep et feux d’artifice, le show était total. Ce samedi soir, il a repris quelques uns de ses plus grands titres comme Lean on et Let me love you, tant attendus par les fans. En fectival, DJ Snake est un artiste qui en impose. Il semble davantage vouloir impressionner que plaire. 

Visuel : affiche du festival. 

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Capucine De Montaudry

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