Pop / Rock

François and the Atlas Mountain fait danser La Cigale [Live-Report]

07 novembre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Alors que vient de sortir la version « Deluxe » de son dernier album, Solide Mirage (Domino), avec des bonus travaillés comme de l’orfèvrerie et qu’il quitte Bruxelles pour Paris, François and the Atlas Mountain, étaient ce lundi 6 novembre 2017 sur la scène d’une Cigale remplie pour un concert retransmis en direct sur arte.tv. Clou et arrière-plan du spectacle : une troupe de danseurs qui donnaient vie et animation à une musique placée sous le signe du métissage et de l’engagement politique personnel.

C’est tout en blanc et beige que François Marry et les quatre Atlas Mountain se placent sur le devant de la scène. Derrière eux : un décor argenté où sortent comme des ombres des danseurs en costumes de gym et brassières plus ou moins courtes et athlétique mais aux visages masqués par des burqas peinturlurées d’argent. L’ambiance est feutrée, la lumière ajustée sur la pénombre et l’orient des percussions rencontre les cordes pointues de la guitare électrique du chanteur. Les corps nombreux des danseurs se meuvent, marchent et s’entremêlent sans qu’on sache bien si c’est un pied de nez à l’Etat Islamique pour jouer principalement les titres d’un album enregistré à Molenbeek, ou si c’est juste une ode au mouvement et à la déconstruction des catégories. En tout cas, ça grouille, en ombres et lumières, masse humaine mobile et puissants qui transmue ce concert unique en spectacle.

Au centre de la scène, les musiciens jouent et dansent aussi. Emportant avec l’énergie d’un son diablement travaillé et une lumière qui se lève comme le soleil, le public dans le tube de l’album « Le Grand Dérèglement » où l’on se remémore le clip et l’on imagine passer comme une ombre François Marry dansant avec Mohammed Okal dans le Palais de Justice de Bruxelles. Le public de La Cigale se tord et se plie au grès des rythmes de « Jamais deux pareil », il s’émeut avec énergie sur le sublime et énergique « Apocalypse à Ipsos » où François Marry parle de famille et de rêves en duo avec Judah Warsky.

La lumière se tamise, la voix du chanteur se fait grave, parfois on n’entend plus les mots mais on se laisse bercer par la mélodie qui se fait mélopée puis pures percussions tandis que les danseurs se dispersent dans le public. A aucun moment le spectacle ne mollit en rythme, les deux guitares de l’Atlas venant se poster en chorégraphie très rock sur le devant de la scène pour relancer le rythme et enjoindre le public à danser en miroir à la foule noire et mouvante qui a regagné l’arrière de la scène. Galvanisé, le public de fans retrouve des titres aquatiques et cultes du l’album Piano Ombre : « La Vérité » et « Be Water », à peine entrecoupées par le plus éléctro-fou des titres du nouveau disque « Après Après » qui fait sauter en l’air tout le public sur le modèle des quatre musiciens.

Après un salut toujours élégant et théâtral et une ovation forcenée du public, François Marry perd presque ses moyens d’émotion pour un bis sur le tout devant de la scène et sous un grand spotlight. Mais il se reprend vite pour un « Quitter la ville » qui finit de combler le public. Une soirée de musique métissée, puissante, où le show est à chaque étape d’un plus que tour de chant très rodé. Avec François and the Atlas Mountain à la Cigale, le mirage a pris pas mal de degrés de solidité.

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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